Fondée en 1971 par un groupe de médecins et de journalistes à Paris, Médecins Sans Frontières (MSF) est passée de quelques volontaires à plus de 70'000 personnes avec un budget supérieur à deux milliards d'euros. Néanmoins, l'organisation transmet encore aujourd'hui sa mythologie, soit "une parole choisie par l'histoire", où des French doctors s'opposent au silence du Comité International de la Croix-Rouge pendant la guerre du Biafra.Figure du héros sauveteur souvent mise en image dans une communication qui se veut aujourd'hui plus inclusive, principes fondamentaux alliant neutralité, impartialité et indépendance, cette iconographie est aujourd'hui battue en brèche. À l'ère post Covid, une autre réalité s'opère, qui associe crispation souverainiste des États, baisse des financements des principaux bailleurs de fonds, présence d'acteurs non étatiques dans un contexte de lutte contre le terrorisme, voire criminalisation de l'aide humanitaire. De nouvelles problématiques émergent, telles que les questions de sécurité sanitaire, les défis autour du changement climatique ou la protection des données personnelles des patients.Il apparaît donc indispensable de s'interroger sur la place de l'aide humanitaire face à ces enjeux et de réfléchir aux adaptations nécessaires pour maintenir un impact essentiel auprès des populations les plus vulnérables. Cet ouvrage propose un examen critique de MSF, dont on peut espérer qu'il fera écho aux préoccupations d'autres agences du secteur de l'aide et du grand public.
Les sciences humaines et sociales sont longtemps restées silencieuses sur leurs sources et leurs conditions de financement. Qu'elles proviennent de ministères, d'organisations intergouvernementales, régionales ou mondiales, de fondations philanthropiques, elles sont pourtant variées et riches d'enseignements. Pour l'historiographie présente, cette richesse l'emporte sur le soupçon ou la volonté de dévoilement.Ce dossier pose ainsi la question de ce que ces financements publics ou privés font de, et à, l'ordre disciplinaire des sciences humaines et sociales. Si certains de ces financements peuvent contribuer à consolider cet ordre, en renforçant une discipline – l'économie, par exemple – dans une dynamique institutionnelle structurante, d'autres, au contraire, peuvent tendre à le remodeler, dans une logique interdisciplinaire, en relayant une demande sociale extérieure au champ académique, comme c'est le cas des études aréales ou des relations internationales.Les études ici réunies sont consacrées à la France et aux États-Unis. Bien que s'inscrivant dans la même période d'après-guerre, elles présentent de forts contrastes liés aussi bien aux différents contextes nationaux qu'au degré d'institutionnalisation de ce qui n'a pas toujours été une ou des " disciplines " instituées, que l'on pense à la science politique, à l'économie, aux relations internationales ou aux Comparative Legislative Studies.
Prisonnières de conceptions binaires opposant l'intérêt particulier à l'intérêt général, le local au global, la vérité scientifique à la volonté politique, la nature à l'humanité, nombre d'approches censées porter remède à la crise écologique tiennent difficilement leurs promesses. La simplicité des diagnostics qu'elles posent se paie au prix fort: en éludant la variété et la complexité des situations concrètes, elles aboutissent souvent à des solutions impraticables et entretiennent un climat de désespoir.Loin du prêt-à-penser habituel qui entoure la question écologique, le présent essai plaide pour une réintégration du facteur humain dans la caractérisation même des problèmes. Reconnaître la richesse des relations des humains au vivant ouvre sur une tout autre lecture des enjeux et fait jaillir de nouvelles perspectives. Il faut s'affranchir du dualisme planète/humanité qui empêche de raisonner à nouveaux frais et stérilise les capacités d'engagement des acteurs.Conçu comme espace de coordination entre acteurs en vue d'objectifs partagés ou d'un projet commun, le territorial – et non le territoire – constitue un levier de changement décisif pour une prise en charge active du vivant. De la terre au ciel, de la biodiversité aux changements climatiques, des initiatives locales et territoriales aux stratégies globales, le présent ouvrage convie le lecteur à un véritable voyage. À l'issue de ce périple se précisent les conditions d'une reconquête de la qualité du vivant, dont celles du contrat territorial.
Enquête sur les réformes de l'évaluation de la recherche en France
Ces vingt dernières années, le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche a connu une série de réformes sans précédent. Reposant sur de nombreux entretiens, archives et observations, cet ouvrage dresse le portrait des universitaires qui ont travaillé dès 2006 à réformer les normes de la profession scientifique au sein d'une nouvelle instance, l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES).Quels savoirs ces acteurs mobilisent-ils pour produire de nouveaux critères d'évaluation ? Dans quelle mesure ces normes redéfinissent-elles ce que " faire de la recherche " signifie aujourd'hui ? Quels défis ces transformations impliquent-elles pour les sciences humaines et sociales ? Parcourant les coulisses d'une agence contestée dès sa création, cette enquête offre un éclairage inédit et intime sur les mutations contemporaines du gouvernement du monde scientifique et réveille les débats sur la science, sa place et sa valeur dans notre société.Cet ouvrage s'adresse aux universitaires qui s'intéressent à la sociologie des sciences, de l'action publique ou des professions, mais aussi plus largement aux étudiants et aux scientifiques qui s'interrogent sur les instruments d'évaluation avec lesquels ils doivent composer au quotidien.
Dans un contexte de dématérialisation des pratiques, des ressources et des modes d'appropriation de l'information, les bibliothèques se réinventent et se réaffirment plus que jamais en tant que lieux physiques. Ce dossier explore la matérialité de la bibliothèque comme lieu d'expérience et de cohabitation des usages, impliquant une réflexion sur l'aménagement et l'occupation des espaces. Lieu de savoir et lieu de vie, la bibliothèque s'avère également un espace privilégié de sociabilités et d'inclusion.
" Enseignants-chercheurs, étudiants, président, personnels techniques et administratifs, ils m'ont tour à tour intrigué, surpris, étonné, captivé ", écrit l'un des photographes dont les portraits sont présentés dans ce volume.C'est exactement ce que ressentira le lecteur: la découverte d'un monde mal connu, celui de ces femmes et de ces hommes qui font et qui sont l'université, dans leur environnement de travail. Ce livre constitue l'aboutissement d'un projet culturel singulier né à l'occasion du cinquantenaire de l'université: des artistes (photographes, écrivain, dramaturges, etc.), en résidence ou lors d'interventions plus ponctuelles, lui ont tendu un miroir et lui ont permis de se penser, de se voir et d'être vue comme communauté de travail et comme institution dans la cité.Ce volume réunit l'ensemble de ces productions, les portraits réalisés par trois photographes, le texte écrit par Renata Ada-Ruata, auteure qui a vécu plusieurs mois au cœur du campus, et d'autres témoignages: il constitue une approche singulière, sensible, humaine de ce qu'est l'université, qui complète et prolonge au présent son histoire écrite tout récemment.
Qu'est-ce qu'un auteur à l'ère du numérique ? Le développement des sites d'écrivains, des blogs de lecteurs et de bande dessinée, des réseaux sociaux, des chats, des forums et autres formes d'écriture collective modifient les configurations et stratégies auctoriales. Dans quelle proportion et selon quelles modalités cela nous invite-t-il à repenser l'ancrage historique de la figure de l'auteur ? Qu'autorise Internet que refuse le système de l'imprimé, fondé notamment sur la singularisation de quelques auteurs et l'exclusion de la majorité ? Peut-on surtout y faire autorité et si oui, comment ?L'apparition de formes nouvelles de publication et de circulation de l'écrit amène à faire le point sur des trajectoires d'écrivains dans l'univers numérique, à penser la construction symbolique de l'auteur en prise avec les dispositifs matériels et techniques qui en composent le paysage, à analyser les postures de l'auteur en réseau. Sur Internet, les relations d'un auteur avec ses réseaux professionnels (éditeurs, libraires, bibliothécaires) et avec ses lecteurs sont-ils reconfigurés ? D'un genre littéraire à l'autre, les figures de l'auteur se construisent-elles de la même manière ? Qu'en pensent les écrivains eux-mêmes ?Autant de pistes qu'explorent les contributeurs de ce volume collectif dans une approche résolument pluridisciplinaire (sociologie, littérature, sciences de l'information et de la communication) soucieuse d'articuler mises au point théoriques, cas concrets et paroles inédites d'écrivains.
L'évolution des bibliothèques est permanente ; du traitement des collections, sanctuarisées, protégées, le métier de bibliothécaire, après s'être emparé des technologies de l'information, est devenu plus technique ; il doit aujourd'hui se tourner vers un public plus exigeant, plus inconstant, aux attentes plus imprévisibles et plus diverses.Depuis le vote de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, dite loi LRU, en août 2007, et le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE), les missions, la place de la bibliothèque au sein de la communauté académique ne vont plus de soi. Cet ouvrage s'intéresse donc particulièrement aux bibliothèques universitaires ; il installe l'usager, le lecteur, l'étudiant au centre des réflexions ; il traite des usages des étudiants, du devenir des collections, du rôle des personnels, de la politique de services au public, des indicateurs appropriés et conclut par une vision prospective et stratégique de la bibliothèque.Au-delà des personnels des bibliothèques universitaires, cet essai s'adresse à tous les directeurs et professionnels, quel que soit le type d'établissement ; il nous interroge sur le devenir de nos professions et sur la plus-value apportée à la communauté nationale ; il intéressera à ce titre un lectorat plus large, soucieux de comprendre la place qu'occupe aujourd'hui la bibliothèque dans la construction du savoir.Coordonné par Florence Roche et Frédéric Saby, conservateurs des bibliothèques au SICD2 de Grenoble, ce volume réunit les contributions de conservateurs, d'un maître de conférences et d'un sociologue.
Une comparaison internationale de l'économie de la connaissance
Appelées de plus en plus à participer à des projets de développement basés sur la connaissance, les universités subissent de fortes pressions, pour se réorganiser autour de pôles d'innovation, s'ouvrant davantage vers l'extérieur et favorisant les interactions avec le territoire. Les universités, il est vrai, ont déjà fait l'objet d'études, de réflexions ou de critiques, par le passé. De nouveaux enjeux les ont remis à l'ordre du jour, un peu partout dans le monde, au point que les territoires sont amenés à se restructurer autour d'elles alors que la notion de " ville apprenante "se développe. Que faut-il voir derrière cet engouement nouveau pour les universités "porteuses" d'innovation? Quels effets, au plan économique, social et spatial peut-on envisager? Les expériences de 4 continents, représentés dans cet ouvrage divisé en trois parties: stratégies de développement, projets d'aménagement et nouveaux marchés, nous restituent un univers complexe où les universités sont vues comme des réservoirs de connaissances aptes à réfléchir aussi sur les compétences et les métiers à venir pour relancer la croissance. Chaque pays pourra en tirer profit.
Alors que des bouleversements majeurs affectent les universités françaises, il est aujourd'hui plus que nécessaire de connaître leur fonctionnement pour en décrypter tous les enjeux.
Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ont des responsabilités au sein des universités ou sont appelés à en prendre, aussi bien qu'aux étudiants et aux chercheurs, français ou étrangers, qui s'intéressent à l'enseignement supérieur. On y trouvera un état des lieux, des problématiques et une présentation du champ universitaire, abordés de manière à la fois synthétique, mais exhaustive, et rigoureuse, mais accessible.
Des spécialistes et des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche y présentent l'histoire de l'université, son environnement institutionnel, son organisation et sa gouvernance, la recherche, les politiques de formation, les relations internationales, la politique documentaire, la vie étudiante et les étudiants, les finances, les ressources humaines, l'immobilier, les systèmes d'information et le management.
Situé dans le cœur historique du Marais à Paris, les Archives nationales conservent les documents qui émanent des organes centraux de l'Etat, du VIIe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Dotées, en 1867, d'un musée destiné à faire connaître au grand public l'Histoire de France, les Archives nationales ont bénéficié, sous l'impulsion de l'archiviste Charles Braibant et de l'historienne Régine Pernoud, de la création du premier service éducatif d'archives, dès le début des années cinquante. Le service éducatif des Archives nationales accueille, depuis, élèves et enseignants, dans le cadre de dispositifs destinés à leur faire découvrir le patrimoine national écrit, tout en favorisant l'interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité. Souvent pionnier en terme de valorisation culturelle et pédagogique, il entend, par cet ouvrage, mettre le résultat de ses pratiques et de ses réflexions, à la disposition des étudiants et des acteurs de l'enseignement et de la culture. Élaboré en lien étroit avec des responsables et des personnels des services de conservation, de valorisation ou d'autres acteurs de l'éducation, il attire l'attention sur les pratiques pédagogiques les plus à même de répondre à la préoccupation fondatrice qui a présidé à son création : mettre les élèves en contact direct avec une source essentielle de l'écriture de l'Histoire.
A l'heure où l'on débat de la présence de la culture française sur la scène internationale, et de celle de la littérature dans le champ culturel, cet ouvrage manifeste l'importance de la littérature moderne et contemporaine française dans les Universités étrangères. Il établit et commente l'état actuel des recherches, travaux et publications qui lui sont consacrés dans le monde. Il fournit aussi une précieuse réflexion sur l'évolution des méthodes critiques :après la domination successive des écoles formalistes et structurales, puis, dans un grand nombre de pays, de celles issues de la " French Theory " et du " déconstructionnisme ", aucune école ni méthode ne semble avoir aujourd'hui pris la relève, et la recherche universitaire, désormais plus syncrétique, préfère croiser des approches de nature diverse. Mais qu'en est-il en fait ? Peut-on constater des particularités observables selon les diverses zones géographiques, linguistiques et les diverses aires culturelles ? Ces études, présentées par les meilleurs spécialistes mondiaux de la littérature française moderne et contemporaine, montrent quelles sont, depuis le basculement d'un siècle à l'autre, les esthétiques les plus volontiers étudiées, les approches critiques privilégiées et leurs articulations éventuelles avec les autres disciplines de la pensée dans les principaux pays ouverts à notre littérature.