Balkans Un parcours, depuis Vienne, haut lieu des diasporas balkaniques, jusqu'à Bihać, à la porte de l'Union européenne et de l'espace Schengen, que tentent de franchir les exilés qui traversent les Balkans… Entre les deux, une longue route, marquée par des étapes dans des villes chargées d'histoire, à travers les montagnes et vallées... Alors que les pays de la région attendent toujours une intégration européenne promise depuis 2003, des nuages s'amoncellent à nouveau : conflits non réglés en Bosnie-Herzégovine comme au Kosovo, corruption et clientélisme, dérive autoritaire des dirigeants.Collection Odyssée, villes-portraitsLa collection, richement illustrée, propose des parcours originaux et sensibles en dix villes reliées par le fil continu du mouvement. Guides géographes et artistes s'associent pour nous offrir une représentation intime et concrète des territoires. Souvenirs, impressions, regards et expériences se croisent, s'entrelacent et font émerger, pour chacune des villes traversées, une nouvelle réalité, un autre paysage, une cartographie inédite tout aussi légitime qu'invisible. Une collection, entre géographie subjective et littérature de voyage, imaginée et dirigée par Nicolas Escach et Benoît Goffin.
En Roumanie, les musiciens professionnels tsiganes animent divers événements publics : mariages, baptêmes, enterrements, soirées de restaurants, rassemblements politiques... Parmi les compétences requises, ils citent fréquemment la ruse, la malice ou encore la diplomatie. Certains adoptent une position plus tranchée, affirmant que la musique jouée n'acquiert de réelle qualité que par cette capacité d'insinuation et d'adaptation. Quel rapport peut-il y avoir entre la négociation, le marchandage, la politique villageoise quotidienne, et les affects variés que suscite la (bonne) musique ? Est-ce parce qu'ils sont professionnels que les musiciens portent ce regard sur leur activité, ou parce qu'étant Tsiganes, un stéréotype bien connu leur attribue, de toute façon, un talent inné pour la ruse et la débrouillardise ? Comment les notions classiques de structure, ornement, mélodie et variante s'accommodent-elles de cette pratique où musiciens et auditeurs placent, au centre de leurs préoccupations, l'efficacité émotionnelle ?
Pour répondre à ces questions, l'auteur croise enquête ethnographique et analyse musicale, à partir d'un petit village tsigane - Zece Prajini - où les musiciens professionnels sont particulièrement actifs... et bavards. Le texte est prolongé par un corpus important de documents audiovisuels et de clés d'écoute interactives, présentés sur un dvd encarté.
Inspirée par la première vague migratoire de 1989, la formule "visibles mais peu nombreux" permet habituellement de désigner la migration roumaine en Europe occidentale. Depuis 2002, les migrants roumains sont interdits de visa, ce qui rend leur étude encore plus complexe. Qui sont donc aujourd'hui les migrants roumains? Selon quels critères et quelles motivations organisent-ils leur mobilité ? Cet essai ne prétend pas offrir un portrait exhaustif de l'immigration roumaine, mais il propose des perspectives multiples et inédites sur les nouvelles mobilités de cette population, sur sa vie quotidienne et ses conditions d'existence, le plus souvent à partir de témoignages appréhendés par l'œil du sociologue.
Consacré à une petite population du Nord de la Roumanie, le livre traite d'une musique bien déroutante pour l'oreille occidentale, jouée sur un violon d'une espèce particulière et chantée dans un registre très aigu – une musique dont la structure motivique et la forme "indéterminée" avait déjà intrigué Bela Bartók. Le livre met l'accent sur les procédures analytiques autant que sur le difficile cheminement de l'enquête. C'est ainsi que les contextes musicaux, les formes, les modèles mélodiques et métriques, le jeu instrumental et, plus largement, la raison d'être de la musique, sont progressivement découverts à partir d'intrigues qui se construisent au fil des pages.
La Révolution de 1917 et ses répercussions ont accentué le caractère politique des sciences anthropologiques russes, les ethnologues comptant au début de l'existence de l'URSS parmi les architectes intellectuels de la modernité. Néanmoins, les discours scientifiques apparaissent plus variés, flexibles et moins irrémédiablement marxistes que le voudrait l'histoire classique de la science soviétique à ses débuts. C'est ce contexte de la pratique ethnographique dans les années 20-30 qui est complètement reposé dans l'ouvrage. Si l'ethnographie est à la fois otage, victime et complice de la société où elle prend corps, elle montre cependant plus de singularités que d'uniformité scientifique. L'auteur fonde son analyse sur un travail d'archives et un ensemble d'entretiens avec les personnalités marquantes de la première Académie soviétique (Resetov, Potapov…), ainsi qu'un entretien avec l'ethnobotaniste Haudricourt à propos de son séjour en URSS de 1934 à 1935.
Le peuple juif a toujours manifesté un grand intérêt pour sa littérature orale. La tradition écrite ancienne porte de nombreuses traces de performances orales, et la littérature talmudique-midrashique est imprégnée de textes oraux remaniés ou transcrits. La diversité linguistique de cette tradition s'est beaucoup accrue avec la dispersion géographique des Juifs, et depuis le Moyen Âge des textes ont été préservés dans les différentes langues juives. Le volume présente un choix parmi les problèmes et les écoles. Des questions fondamentales (relations entre oralité et écriture ou la permanence d'une ethnicité juive associée à certains stéréotypes ethniques) croisent celles des spécificités géographiques et linguistiques dues à la diaspora. Au sommaire : G. Hasan-Rokem, ""La voix est la voix de ma soeur". Figures et symboles féminins dans le midrach Lamentations Rabbah" ; I. Ben-Ami, "Fécondité et symbolisme" ; R. Biran, "L'affaire Berl Verblunsky. Polémique autour du folklore juif entre les deux guerres" ; S. G. Armistead, "La littérature orale des juifs séfarades" ; T. Alexander, "La perception de Jérusalem à travers les contes des Sépharades hyérosolymitains" ; J. Chetrit, "Dire proverbial et dire méta-textuel. Analyse socio-pragmatique de proverbes judéo-marocains" ; V. Görög-Karady, "Stéréotypes ethniques et littérature orale. L'image du juif à travers deux contes merveilleux hongrois" ; H. Bar-Itzhak, "Les juifs polonais face au "monstre" israélien. Récits d'aliya en Israël" ; T. Katriel, ""Mon histoire est comme ça...". Récits d'expériences personnelles narrés à la radio israélienne" ; B. Kirshenblatt-Gimblet, "La renaissance du Klezmer. Réflexions sur un chronotope musical".
Colloque international, Ljubljana (Slovénie), 7-10 mai 1995
Certains pays d'Europe orientale et certains États issus de la colonisation affrontent le paradoxe de notre fin de siècle : d'un côté, participer au phénomène général de globalisation et être pris, de l'autre, dans les idéologies exclusives, nationalisme et communautarisme. L'ensemble des contributions (uniquement en anglais) de ce volume tentent d'éclairer ce paradoxe selon des points de vue pluridisciplinaires (philosophique, historique, sociologique, etc.). Au sommaire : E. List, "The Phantasy of Unity" ; J. Poulain, "To Heal War by Judging Peace" ; G. Raulet, "Citizenship, Otherness and Cosmopolitism in Kant" ; F. Proust, "Perpetual Peace or Perpetual Conflict ?" ; S. Reinfeldt, "The Symbolic Politics of "We"" ; R. Ivekovic, "No More Need for Philosophy" ; S. Kakar, "Religious Conflict in the Modern World" ; M. Hasan, "The Myth of Unity" ; E. Kiss, "Rhetorics and Discourses of the Post-Socialist Transition" ; Z. Papic, "From State Socialism to State Nationalism" ; B. Denitch, "National Identity, Politics and Democracy" ; V. Kanunaric, "Global Embraces and Local Strongholds" ; B. Horvat, "Nationalistic Break-up of Multiethnic States".
Si la collectivisation de la terre peut être abrogée par décret, ce n'est nullement le cas de la réelle métamorphose des structures sociales opérées en Europe centrale et orientale à l'ombre des successeurs de Lénine. Cette constatation conduit à remettre en question la notion de "transmission" nécessaire et inévitable vers un prétendu "modèle occidental". A travers treize études de cas anthropologiques et sociologiques sont examinées, dans une perspective historique, les modalités d'adaptation des économies agraires et des sociétés rurales ex-socialistes après la chute du Mur.
De part et d'autre de la Méditerranée, les sociétés rurales, suivant leurs traditions, organisent librement leurs fêtes et leurs musiques. De quelles façons ? Quelle place occupent les musiciens de village ? À quels enjeux obéissent les musiques qui associent étroitement ceux qui la produisent et ceux qui l'écoutent ? C'est à ces questions que répond l'auteur, à partir de nombreuses observations de terrain, en décrivant trois situations qui s'éclairent l'une par l'autre.
La transition post-socialiste en Tchéco-Slovaquie a d'abord signifié la fragmentation en deux États indépendants. Trois quarts de siècle d'une existence politique commune n'avaient-ils pas permis une cohésion suffisante ? S'agit-il d'une bifurcation, produite dans un contexte géopolitique particulier " loin de l'équilibre ", ou bien sous-tendue par des processus de différenciation enracinés dans une longue durée ? Analysant certains phénomènes clés de la situation contemporaine, ces articles mettent en relief, graphiques et cartes à l'appui, la complexité du changement en Europe centrale.
Fenêtre ouverte sur la Hongrie traditionnelle, mais il va de soi que dans quelque deux cents pages il est impossble d'offrir un panorama des recherches contemporaines. Ces articles permettront toutefois aux lecteurs d'appréhender certaines des préoccupations des folkloristes hongrois. Au sommaire : V. Görög, "Conte, ethnologie, ethnohistoire" ; L. Dégh, "The peasant element in the Hugarian and East European magic tale" ; A. Szemerkényi, "L'utilisation des proverbes" ; A. Kovács, "La prosodie du conte populaire hongrois" ; M. Szegedy Maszák, "Four aspects of the relationship between myth and narrative" ; D. Lengyel, "Légendes populaires historiques dans les gestes et chroniques médiévales" ; V. Görög, "Études des contes : l'école finnoise, l'école hongroise".