Dans toute vie politique, existe une imagerie qui renvoie auxreprésentations des idées ou des hommes. Elle a pour fonction d'exercer une pédagogie du pouvoir, elle institue la puissancedu prince ou de l'État. Machiavel est, sans aucun doute, l'un des auteurs qui pense la puissance de l'imagerie dans la construction du pouvoir politique. Le travail sur l'image de soi, sur le regard que portent les sujets sur le prince sont les éléments qui construisent sa domination. L'autorité ne va pas sans une mise en scène, sans une construction habile et savante d'une image de soi. Machiavel est-il le précurseur de la communication en politique ? Ce serait se priver d'une grille de lecture pertinente que de ne pas rapprocher les thèmes du Prince (apparence, jeu, manipulation) et certains thèmes contemporains (mise en scène, politique spectacle). Cet ouvrage examine la permanence du modèle machiavélien. Il s'appuie sur des travaux plus contemporains tirés des domaines anthropologique, sociologique et médiologique. En posant la stratégie des apparences et en réfléchissant sur le portrait du prince, Machiavel ne livre-t-il pas les fondements possibles d'une anthropologie politique ?
Érasme, surnommé le "prince des humanistes", était un des plus grand succès de librairie de son temps. Franck Hieronymus a estimé que les œuvres d'Érasme ont bénéficié, avant la mort de l'écrivain en 1536, d'environ 1260 impressions ou réimpressions. Ce chiffre peut nous donner une idée de la présence de l'humaniste hollandais dans le paysage éditorial du début du 16e siècle. La question centrale du livre est de savoir ce que l'humaniste pensait de l'imprimerie et comment il a évalué et valorisé le pouvoir de ce moyen de communication. Considère-t-il comme Rabelais dans son Pantagruel que c'est une invention divine, favorisant considérablement la cause des bonnes lettres et de l'humanisme ? Ou, à l'inverse, comme une technique au pouvoir dangereux, qu'il s'agit de contrôler soigneusement ?
Inspirée par la personnalité et l'esprit du grand humaniste et architecte de la Renaissance Leon Battista Alberti, la revue Albertiana entend se focaliser sur la création intellectuelle et artistique du Quattrocento. En vue d'accéder à une compréhension en profondeur de la civilisation de l'humanisme, elle souhaite promouvoir la publication de recherches et de documents originaux émanant de différentes disciplines et concernant le milieu, les savoirs, les idées et les pratiques. Au sommaire de ce premier volume : F. Choay, "L'architecture d'aujourd'hui au miroir du De re ædificatoria" ; C. Grayson, "Alberti e l'Antichità" ; L. Boschetto, "Nuovi documenti su Carlo di Lorenzo degli Alberti e una proposta per la datazione del De commodis litterarum atque incommodis" ; M. Ciccuto, "Un'iscrizione di Andrea Mantegna" ; A. G. Cassani, "Un possibile avvistamento di un Occhio alato albertiano" ; P. Souffrin, "La Geometrica pratica dans les Ludi rerum mathematicarum ; M. Martelli, "Minima in Momo libello adnotanda" ; M. Carpo, " Descriptio urbis Romæ : Ekfrasis geografica e cultura visuale all'alba della rivoluzione tipografica" ; D. Arasse, "Alberti et le plaisir de la peinture : propositions de recherche" ; G. Gorni : Antichi editori e copisti dell'Alberti volgare, e quel che se ne ricava".
Quel rapport entretient la curiosité avec la connaissance ? Si elle suscite quelque méfiance chez les théologiens comme chez les philosophes, la libido sciendi apparaît dès l'Antiquité comme l'un des principes constitutifs de l'homme. Issus des curiosités de chercheurs d'horizons divers, ces textes s'interrogent sur les permanences, le devenir et les métamorphoses des diverses conceptions de la curiosité. Apparaissent ainsi dans leur rapport particulier à leur désir de connaissance, divers personnages : historiens, philosophes, lecteurs, voyageurs, amateurs d'art, scientifiques et autres avatars de curieux.