Milena était connue du public par les lettres de Kafka, qui avait su voir en elle un être hors du commun, " un feu vivant ". Milena Jesenská, journaliste à Prague, a payé de sa vie son engagement aux côtés des opprimés, Juifs, communistes, antifascistes.
Aujourd'hui, ses lettres au publiciste émigré Willi Schlamm, en 1938-1939, offrent le portrait d'une femme passionnée, mais aussi un témoignage sur la fin de la première République tchécoslovaque, abandonnée par les puissances européennes et livrée à elle-même quand le mal envahit ses rues et ses places le 15 mars 1939.
Dans les lettres de captivité, découvertes par un incroyable enchaînement de hasards, Milena, au bout du chemin, se montre telle qu'elle fut toujours : vraie, soutenue par ses convictions et son immense volonté de vivre, libre en dépit de tout.
Milena Jesenská est morte à Ravensbrück le 17 mai 1944, l'État d'Israël lui a exprimé sa reconnaissance en l'honorant comme " Juste parmi les nations ".
Aujourd'hui inscrite au cœur des cultures télévisuelle et adolescente, la dystopie possède une histoire riche pourtant méconnue. Cette forme d'expression qui mêle projection dans le futur et vision critique d'une société révèle les enjeux majeurs des époques qu'elle a traversées. Explorer ses caractéristiques visuelles sur un siècle, de 1840 à la Seconde Guerre mondiale, permet d'observer les lignes de forces d'un imaginaire central dans la littérature et les arts. L'imaginaire dystopique ne touche pas seulement à l'iconographie. Il concerne aussi les ressources textuelles de la description, la circulation transmédiatique des fictions et la définition même d'un univers souvent improprement qualifié par les étiquettes de fantastique et de science-fiction.Ce volume collectif abondamment illustré offre un aperçu chronologique empruntant ses approches à l'analyse de texte, à l'étude de l'image fixe ou animée, à la sociologie des auteurs et de l'édition, ainsi qu'à l'histoire des représentations. Il se centre sur les aires d'expression française, qui ont leurs propres spécificités, distinctes des réalisations anglo-saxonnes. Envisageant tant les œuvres paralittéraires que celles d'avant-garde, il met à l'honneur une production foisonnante, encore peu étudiée : de Souvestre à Bartosch, sans oublier Henriot et Robida, de l'eschatologie biblique à la poétique des ruines de la ville moderne, en passant par l'archéologie rétrofuturiste et l'imaginaire des fourmis.
L'on trouvera à chaque page de cet ouvrage le désir de mettre en lumière le lien entre littérature(s) et philosophie(s), en essayant de " lire la littérature en philosophe " et de " lire la philosophie en littéraire ". Si beaucoup de critiques ont glosé sur ce qu'était la déconstruction ou ce que signifiait lire en déconstructionniste, l'auteur joint ici le " geste à la parole ". Pré(-)textes est non seulement un ouvrage sur la déconstruction, mais c'est aussi un livre de déconstruction, un texte qui met en scène la déconstruction en tant qu'elle est acte de lecture toujours unique et toujours à recommencer. Il s'agit, en d'autres termes, d'une défense et illustration d'une sorte de " méthode " ou de dispositif qui cherche à mettre en relation (et en écho) des textes pris dans différentes traditions, langues et périodes. C'est aussi une déclaration d'amour faite à la littérature, à la philosophie, à la langue, aux langues, aux textes et à ceux qui les lisent et les relisent.
" Illisible, la poésie française contemporaine " ? Il fallait interroger ce jugement récurrent, afin d'en comprendre les raisons. Pour cela, il était essentiel de convoquer la parole des auteurs. M. Deguy, J.-M. Gleize, C. Prigent et N. Quintane, choisis pour leur diversité esthétique et générationnelle, ont permis de remettre en question(s) cette illisibilité poétique et d'éclairer le quiproquo affectant maintes publications depuis 1968 : les lecteurs demandent encore à la poésie de parler du Monde (extérieur) et d'eux-mêmes (comme êtres de ce Monde), alors qu'elle s'occupe surtout d'interroger la fonction phénoménologique du langage et les conditions de (l'échec de) la communication verbale entre les êtres parlants.
Il s'agit de la première étude, en France, convoquant également le point de vue des créateurs et des universitaires, entièrement dévolue au champ poétique français, et proposant de repenser, au plan théorique, la question de l'illisibilité (contemporaine ou pas, poétique ou pas), moins comme une stratégie que comme une dislisibilité contrainte, consécutive à la recherche d'alterlisibilités.
L'approche retenue est pluridisciplinaire, entre poétique, pragmatique, sémiotique et philosophie. Ce livre s'adresse aux spécialistes de littérature contemporaine comme aux amateurs soucieux de mieux comprendre leur modernité.