Des agents qui décident indépendamment les uns des autres peuvent-ils coordonner leurs activités ? Depuis le XVIIIe siècle, la pensée économique répond à l'aide d'une intuition : une coordination est possible grâce au mécanisme des prix. La théorie de l'équilibre général explore cette intuition. Elle établit les conditions dans lesquelles des prix existent tels que les décisions individuelles sont compatibles entre elles. Elle constitue ainsi la théorie d'une société qui conçoit sa cohérence à partir des choix des individus qui la composent.Toutefois, la théorie de l'équilibre général a produit sa propre critique. L'examen du processus concurrentiel, tout comme l'ambition de déduire un choix social à partir des préférences individuelles, réduisent la portée de ses résultats positifs : l'équilibre social ne peut résulter des seuls choix individuels souverains. L'étude de la théorie économique soulève dès lors une question de philosophie politique : une société se conçoit-elle seulement à partir d'individus ?
Le service public a un rapport paradoxal aux idéologies. S'il doit les transcender pour servir l'intérêt général, il est pourtant appréhendé par elles comme moyen et symbole de l'action publique. Dès lors, les forces politiques défendant différentes conceptions du service public contribuent également à faire évoluer son statut et son étendue. L'étude de leur interaction s'avère donc essentielle pour une société qui s'interroge sur le rôle et le financement des institutions publiques...Le citoyen autant que l'usager des services publics découvriront dans cet ouvrage une dimension encore peu explorée de la démocratie.