" Le jour où une statue est terminée, sa vie, en un sens, commence. La première étape est franchie, qui, par les soins du sculpteur, l'a menée du bloc à la forme humaine; une seconde étape, au cours des siècles, à travers des alternatives d'adoration, d'admiration, d'amour, de mépris ou d'indifférence, par degrés successifs d'érosion et d'usure, le ramènera peu à peu à l'état de minéral informe auquel l'avait soustrait son sculpteur " (Marguerite Yourcenar). Affectée par l'espace, par le temps, la sculpture ne se contente pas d'être appréhendée par la vue: elle se joue de la perception, elle la défie par sa puissance illusionniste. En ce sens, la sculpture peut manipuler, duper celui qui la regarde.
Vivant. Au-delà du mythe de Pygmalion, les rapports entre la sculpture et le vivant sont complexes et variables.Empathie, sensation proprioceptive, schématisme, neurones miroir: comment ressentons-nous le mouvement des sculptures, comment greffons-nous notre impuls sur ce qui paraît inerte? Comment nos musées intègrent-ils cet impératif? Que fait l'œuvre et que lui fait le spectateur?
En écho à la question posée il y a trente ans par Margit Rowell au Musée national d'Art moderne lors de l'exposition Qu'est-ce que la sculpture moderne ? – qui reprenait elle-même l'interrogation de Robert Goldwater au MoMA en 1969: What is Modern Sculpture ? –, cette problématique invite les chercheurs à réévaluer les grands questionnements et les innovations esthétiques de la sculpture du XXe au XXIe siècle. Par sculpture moderne, on entend généralement le rejet de toute forme d'académisme, l'éclosion internationale du modernisme, la prégnance accordée à la notion d'espace et de forme. La sculpture contemporaine est quant à elle une catégorie aux frontières poreuses: elle intègre le vivant, l'immatériel et le conceptuel, s'ouvre au format de l'installation comme à toutes les réinventions.Que dire, à l'heure d'aujourd'hui, de la sculpture moderne et de la sculpture contemporaine ? Portent-elles des enjeux distincts ? Peut-on concevoir une archéologie de la modernité et du contemporain ? Quels en seraient les artistes et les concepts marquants ?
Sculptures est la première revue universitaire en France consacrée exclusivement à la sculpture, du XIXe à nos jours. Elle est composée d'une partie thématique (" la sculpture et la guerre " pour cette deuxième livraison), d'une partie varia, de comptes rendus d'expositions, de colloques ou de livres et propose un calendrier des expositions. Sa parution est annuelle. Elle est très illustrée.
Sculptures est la première revue universitaire en France consacrée exclusivement à la sculpture, du XIXe siècle à nos jours. Elle est composée d'une partie thématique, d'une partie varia, de comptes rendus d'expositions, de colloques ou de livres et propose un calendrier des expositions. Sa parution est annuelle. De grand format, abondamment illustré, chaque numéro montre les œuvres des artistes et valorise les textes des critiques. La partie thématique de cette première livraison est intitulée " Sculpture et performance ": il s'agit, dans une perspective très originale, de confronter la sculpture avec une pratique essentielle de l'art contemporain.