À la fin du XIXᵉ siècle, tandis que l'industrialisation redessine la fabrique du livre et que la bibliophilie s'impose comme pratique culturelle, un imaginaire littéraire spécifique se déploie autour de l'objet-livre. Loïc Dalle en fait l'objet d'une enquête serrée sur le corpus de la décennie 1880-1890, où le livre cesse d'être le simple support d'un discours pour devenir un motif, une figure, parfois un personnage. S'inscrivant dans le sillage de la " poétique historique du support " de Marie-Ève Thérenty et des travaux de Marta Caraion sur les usages de l'objet, l'essai reconstitue les tensions qui traversent cet imaginaire fin-de-siècle : la fascination pour le livre luxueux, unique, presque sacré, coexiste avec l'inquiétude devant le livre multiple, sériel, catalog ...
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À la fin du XIXᵉ siècle, tandis que l'industrialisation redessine la fabrique du livre et que la bibliophilie s'impose comme pratique culturelle, un imaginaire littéraire spécifique se déploie autour de l'objet-livre. Loïc Dalle en fait l'objet d'une enquête serrée sur le corpus de la décennie 1880-1890, où le livre cesse d'être le simple support d'un discours pour devenir un motif, une figure, parfois un personnage. S'inscrivant dans le sillage de la " poétique historique du support " de Marie-Ève Thérenty et des travaux de Marta Caraion sur les usages de l'objet, l'essai reconstitue les tensions qui traversent cet imaginaire fin-de-siècle : la fascination pour le livre luxueux, unique, presque sacré, coexiste avec l'inquiétude devant le livre multiple, sériel, catalogué, absorbé par la logique marchande. Des rayonnages du bibliophile aux " poisonous books " de la littérature décadente, du livre sacrilège au livre sacré, l'ouvrage restitue une géographie où le livre pense sa propre matérialité, et où la littérature interroge, avec ambivalence, ce qui la fait circuler.