Unique opéra de Beethoven, Fidelio, composé entre 1804 et 1814, présente une vision héroïque de l'amour conjugal, en même temps qu'il dénonce l'arbitraire et célèbre la liberté. Laissant rarement indifférent, cet opéra ouvre de multiples pistes de réflexion dont cet ouvrage, issu d'un projet de recherche collectif franco-allemand, souhaite donner un aperçu le plus stimulant et original possible.Chercheuses et chercheurs de différentes disciplines (musicologie, histoire, droit, littérature), représentants de la scène musicale et théâtrale (metteuses et metteurs en scène, interprètes) interrogent les transferts, circulations transnationales et appropriations dont Fidelio a fait l'objet, de sa genèse jusqu'à nos jours, en Europe et sur d'autres continents. Dans une perspective d'histoire culturelle, une lecture esthétique et philosophique de l'œuvre est mise en perspective avec l'analyse des contextes socio-culturel et politique des multiples productions, exécutions et réceptions de Fidelio.
La notion de transmission fait-elle encore sens aujourd'hui? Migration et transmission ont-elles partie liée? Comment s'opère la transmission en contexte migratoire? Nos sociétés post-migratoires à l'aube du XXIe siècle peuvent-elles, entre ruptures et continuités, réinventer "l'esprit de sociabilité" cher aux philosophes des Lumières? Quelle part d'identité l'étranger immigré transmet-il à ses enfants, quelle part d'étrangéité à la société qui l'accueille?C'est à ces questions que répondent des spécialistes de huit nationalités différentes, en croisant les aires géographiques et culturelles ou les échelles temporelles, et avec les outils de leurs disciplines respectives: la géographie, la philosophie politique, l'anthropologie, la sociologie, la sociolinguistique, l'histoire et la civilisation. Un faisceau d'enquêtes inédites et un arsenal analytique international à la mesure de l'enjeu (post) migratoire à l'aube du XXIe siècle.
Les villes divisées, en proie à de multiples formes de fragmentation sociale, religieuse, ethnique et politique, sont une réalité prégnante du monde contemporain qui traverse les œuvres de fiction. Les représentations littéraires et cinématographiques des frontières et démarcations urbaines étaient restées un thème peu abordé par les sciences sociales. Elles sont ici explorées dans une approche résolument pluridisciplinaire.De Belfast à Beyrouth en passant par Londres, Paris, Berlin, Ramallah, Jérusalem, Le Caire, New York ou Bogota, les auteurs s'emparent, à partir de matériaux originaux, de quatre thématiques distinctes mais liées entre elles: les tensions afférentes aux ségrégations sociales et ethniques ("Franchir la ligne"); les disséminations sociales et spatiales des communautés urbaines ("La ville disséminée"); les mémoires, les démarcations et les pratiques de violence urbaine ("Espaces urbains et violence"); les rapports complexes entre centralités et marges ("Réfractions urbaines").
Les idées de force et d'énergie en Allemagne autour de 1800
Saisir l'évolution d'une époque ou d'un moment de crise, non plus par les événements qui la jalonnent ou les personnalités qui la dominent, mais par des notions ou concepts sensibles qui font figure de " marqueurs " de changement d'époque : tel est le projet à l'origine du présent ouvrage. Les termes 'Kraft' (force) et 'Energie' (énergie) ont connu en Allemagne autour de 1800 une fortune sans précédent, présenté une grande variété de formes et fait l'objet d'un transfert depuis les sciences dites " dures " vers un vaste champ métaphorique s'étendant à de nombreux domaines tels que l'histoire, la politique, la philosophie de l'histoire, la littérature ou les Beaux-arts. Marqueurs de modernité, ces mots deviennent les mots-repères de toute une génération, révèlent une crise identitaire allemande et métaphorisent le moteur d'une évolution.