Ce volume collectif, né du colloque de Lyon organisé en 2017, offre une plongée diachronique et interdisciplinaire dans l'évolution urbaine des grandes cités du Proche-Orient, avec Damas comme fil conducteur. À travers des études inédites, les contributeurs – archéologues, historiens, urbanistes et spécialistes du patrimoine – éclairent les dynamiques qui ont façonné ces métropoles, de l'Antiquité à l'époque contemporaine.
Les articles explorent la topographie sacrée et profane de Damas, depuis les sanctuaires bibliques et les thermes antiques de Tyr jusqu'aux quartiers modernes comme Chaalan, en passant par l'urbanisme hellénistique, mamelouk ou ottoman. Ils révèlent comment les strates historiques – qu'il s'agisse des vestiges de la citadelle, des cimetières soufis disparus ou des plans urbains hérités de l'Antiquité – dialoguent avec les enjeux actuels : préservation du patrimoine, pression urbanistique, et résilience face aux conflits. Des contributions sur Alep, Alexandrie et Larnaca élargissent la perspective, soulignant les continuités et les ruptures dans l'aménagement des espaces urbains, entre héritage et modernité.
L'ouvrage met aussi en lumière les défis contemporains : la gestion des sites classés, l'intégration des populations, ou encore la réappropriation du patrimoine comme levier économique et identitaire, notamment au Liban. Il interroge enfin le rôle des acteurs locaux et internationaux dans la protection d'un héritage menacé, entre mécénat, spéculation et mémoire collective.
Une référence pour comprendre comment les villes du Proche-Orient, entre mémoire et innovation, continuent de se réinventer.
L'habitat de la fin du Bronze récent et du début de l'âge du Fer
The volume publishes the results of the excavations led by the French mission in the Late Bronze Age and Early Iron Age settlement at Kition-Bamboula (Larnaka, Cyprus). For the first time on the site, excavations conducted between 2018 and 2021 revealed a succession of levels documenting a continuous occupation from the 13th century until the turn of the millennium. The thorough study of the architectural remains and of the associated artefacts gives an important synthesis on a period (the Bronze to Iron Age transition) and a context (settlement), which were until now poorly known in Cyprus and, more broadly, in the Eastern Mediterranean.The excavations data are available in open access on the website chypre.mom.fr
Ce livre explore les réseaux de circulation qui ont permis aux hommes de traverser le désert Oriental égyptien sur près d'un millénaire, entre la fin du IV? s. av. J.-C. et le début du III? s. ap. J.-C., en exploitant les résultats des fouilles conduites par la mission française du désert Oriental et des travaux menés par le projet ERC Desert Networks.La première partie retrace l'évolution de l'occupation du désert Oriental entre la période hellénistique et l'époque romaine, à travers l'étude de plus de 150 sites classés en deux grandes catégories: les sites routiers et les sites d'exploitation des ressources naturelles. Grâce à un modèle théorique adapté au pas du chameau et à la topographie de la zone étudiée, enrichi par l'expérience de voyageurs modernes qui ont traversé la région, les réseaux routiers de chaque période sont ensuite reconstitués, comparés et analysés. La singularité du maillage ptolémaïque, souple et adapté aux contraintes du désert, est mise en évidence pour la première fois, par rapport à un réseau romain dense, centralisé, mais également plus divers que généralement présenté.La seconde partie donne toute sa place à l'unique voie dotée d'une infrastructure routière à l'époque ptolémaïque, la route qui relie Edfou au port de Bérénice, sur la mer Rouge. À partir des données archéologiques et textuelles issues de la fouille des stations routières de Bir Samut et d'Abbad, l'autrice reconstitue la logistique des grandes expéditions de chasse lancées vers la Corne de l'Afrique par l'État lagide pour approvisionner son armée en éléphants de combat. Cinq phases expéditionnaires sont identifiées, entre le début des années 260 et la révolte de Thébaïde à la fin du III? s. av. J.-C. Le dispositif, remarquablement organisé, est fondé sur l'expérience égyptienne dans le domaine des expéditions transdésertiques, en même temps qu'il s'inspire du système des routes royales achéménides. Il inclut aussi des nomades, dont le savoir sur les ressources locales est mis à profit.En insistant sur l'occupation hellénistique de la région et ses spécificités, l'ouvrage renouvelle en profondeur notre compréhension des dynamiques d'occupation et de circulation dans le désert Oriental.
Les principaux accès à l'orchestra et aux gradins dans les théâtres et les odéons grecs ou romains étaient partagés par les artistes comme les spectateurs. Essentiels pour l'usage des monuments, ils ont été en grande partie négligés dans la mesure où, comme tout passage, ils se définissent par un vide. Aucun ouvrage ne leur a été entièrement dédié. Aucune synthèse sur le théâtre antique ne comporte de chapitre qui en retrace l'histoire.
Le présent recueil tente de combler une lacune en envisageant l'évolution de ces accès depuis la naissance du théâtre grec jusqu'à la mort du théâtre romain, du Portugal au Proche-Orient. Il comporte sept synthèses régionales et autant de présentations monographiques, regroupées en trois zones géographiques : l'Orient, l'Italie et l'Hispanie, les Gaules et les Germanies.
Ces contributions témoignent de l'importance essentielle de ces passages dans le fonctionnement des édifices de spectacles antiques et la diversité régionale de leur configuration. Elles invitent à s'interroger sur la pertinence même de l'usage des termes " parodos " et " aditus " en soulignant les normes qu'ils véhiculent dans l'analyse architecturale.
Cet ouvrage rassemble les travaux de chercheurs qui contribuent à mettre en lumière l'intérêt de conduire des recherches archéologiques systématiques dans le cadre d'espaces funéraires en partie rupestres, occupés de l'époque hellénistique à la période islamique dans la moyenne vallée de l'Euphrate. Le site d'Apamée de l'Euphrate, maintenant immergé sous les eaux d'un lac de barrage, a été exploré entre 1996 et 1999 par des fouilles de sauvetage encore inédites, conduites dans la ville et les espaces funéraires autour du site. Ces dernières fouilles constituent le sujet de l'ouvrage: trente-deux tombes ont été étudiées, parfois de façon partielle, auxquelles s'ajoutent deux tombes relevées antérieurement. Malgré les difficultés inhérentes à ce type d'intervention, l'équipe a abordé ces contextes avec la volonté d'intégrer l'ensemble des données du terrain en appliquant une méthodologie pluridisciplinaire rarement utilisée dans les contextes funéraires moyen-orientaux, caractérisés par de nombreuses réoccupations qui souvent découragent les archéologues.Grâce aux données livrées par l'architecture, l'ensemble du matériel mis au jour, aussi modeste soit-il, sa répartition spatiale et, dans les contextes les moins perturbés, la stratigraphie, cette approche permet de proposer de nouvelles hypothèses. On peut suivre l'évolution de l'occupation du territoire sur la rive orientale du fleuve. Une chronologie est proposée pour des types de tombes bien connus dans la région, mais jusqu'à présent mal datés. Ces contextes ont également livré de nombreuses données sur la typologie de vases ou lampes de production régionale, sur les pratiques funéraires et leur évolution, ainsi que les liens entretenus par les populations de cette rive du fleuve avec les traditions locales, les apports anatoliens, grecs et occidentaux.
Le corpus étudié dans cet ouvrage forme un ensemble de quatre cents figurines en terre cuite trouvées à la fin du xixe s. sur les rives du lac salé de Larnaca, au sud-est de Chypre. À partir du dépouillement des archives de l'époque, l'auteure reconstitue un catalogue complet et détaillé des objets dont elle précise l'origine.Ces représentations, largement dominées par la figure d'une femme trônant coiffée d'un haut calathos végétal, mettent en lumière tous les aspects de l'artisanat de l'argile dans le milieu chypro-phénicien, des savoir-faire et de leur transmission, de l'organisation du travail à l'intérieur des ateliers. Elles révèlent aussi les procédés techniques ingénieux dont usaient les Kitiens.L'étude s'intéresse en détail aux modalités d'utilisation et d'intégration des types iconographiques en contextes rituels. Elle met encore plus en évidence la question de la présence d'Aphrodite et d'Artémis dans les cultes périurbains, mais aussi de dieux d'origine phénicienne ou égyptienne comme Astarté, Umm, Eshmoun-Melqart et Bès. L'analyse des liens entre l'environnement marin et le caractère des divinités permet à l'auteure de mettre en lumière la dimension culturelle et rituelle liée au sel et à la mer dans le paysage religieux chypriote, phénicien et levantin. L'ensemble de l'étude révèle, en somme, l'importance historique du développement des cultes dans le royaume de Kition au ive s. av. J.-C.
Les 34 articles publiés dans ce volume forment les actes de la 9e édition de la " Red Sea conference " qui s'est tenue à Lyon en juillet 2019. Son thème central était la " spatialité des réseaux en mer Rouge ", mais aussi dans l'océan Indien occidental. Dans l'espace connecté que l'Erythra Thalassa n'a jamais cessé d'être, des éléments stables, tels que le paysage, le climat ou le régime des vents, ont été constamment enchevêtrés avec des éléments plus dynamiques, comme l'activité humaine. Les contributeurs de ce volume ont exploré la manière dont les premiers ont été intégrés au sein des innombrables réseaux formés par les hommes dans la région, et dont ceux-ci ont été affectés par les contraintes spatiales au cours de l'histoire.Ce volume offre un riche éventail de contributions. Les premières sont consacrées aux sources européennes médiévales et modernes relatives à la mer Rouge et à son exploration, ainsi qu'aux phénomènes de diffusion des connaissances sur la région. Elles sont suivies d'études sur les nœuds principaux que sont les ports et les îles de la mer Rouge. Plusieurs contributions sont ensuite dédiées à l'agency des populations de l'arrière-pays dans les réseaux, de même qu'aux relations entre les régions bordant la mer Rouge et les pouvoirs centraux qui les ont régis, souvent depuis des contrées éloignées. Les réseaux de production et de consommation font l'objet des textes suivants. Ils évaluent l'ampleur et la nature des échanges et mettent en lumière l'archéologie des circulations. La logistique de l'exploration, de l'exploitation et du commerce dans les zones bordant la mer Rouge est ensuite examinée. La dernière série d'articles porte sur des régions où les travaux archéologiques ont commencé très récemment : Somaliland, Tigré et Corne de l'Afrique. Grâce à tous les participants, qu'ils aient exploité de nouvelles données ou réexaminé des documents connus de longue date, la 9e édition du " Red Sea Project " a donné lieu à des débats animés, témoignant que l'Erythra Thalassa demeure une source d'information inépuisable.
De 1984 à 1999, la mission archéologique française de Kition, dirigée par Marguerite Yon, a conduit des fouilles extensives au nord du sanctuaire de Bamboula. Ces fouilles ont révélé les restes d'un hangar à trières d'époque classique, parmi les mieux conservés en Méditerranée, qui ouvrait au nord sur un bassin portuaire fermé. Cet ouvrage propose une étude détaillée et transversale de cette découverte exceptionnelle: le bâtiment est replacé dans son paléoenvironnement (à l'échelle locale et régionale), ses différentes phases d'utilisation sont datées, son architecture est soigneusement décrite et restituée pour les parties manquantes (élévation). On interprète enfin l'importance de ce port militaire dans l'histoire de Kition, de Chypre et de la Méditerranée orientale, à l'époque du royaume classique (IVe siècle av. J.-C.) et au début de l'époque hellénistique. Le volume est complété par une étude du mobilier céramique d'époque impériale découvert dans le comblement du bassin.Les archives de la fouille sont consultables en accès libre sur le portail chypre.mom.fr.
La mission archéologique syro-française de Qinnasrin a mené ses travaux de 2008 à 2010 sur le site d'al-'Iss (Syrie du Nord, région d'Alep), dans l'ensemble du bourg et dans ses environs immédiats, grâce aux financements de la Commission des fouilles du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, de la Fondation Max van Berchem, du CNRS et de la Direction générale des Antiquités et Musées de Syrie.Attestée depuis la fin du IIIe millénaire avant notre ère, Qinnasrin est un nœud routier et militaire important, qui domine une plaine fertile, aux confins de la steppe et des zones d'agriculture irriguée. Renommée Chalcis par les Grecs, elle est, à l'époque romaine, le siège d'une royauté et frappe monnaie. Elle joue un rôle essentiel dans le système de fortification de la Syrie du Nord mis en place par Justinien face aux Perses, puis lors de la conquête de la Syrie du Nord par les armées de l'islam. Étroitement liée à Alep, elle décline, à son profit, à partir du milieu du Xe siècle et tombe dans l'oubli vers le XIVe siècle.Cet ouvrage dresse un état des lieux et une synthèse des sources textuelles et archéologiques. Il présente la documentation constituée par les prospections pédestre et géophysique, les premières fouilles archéologiques jamais menées sur le site, l'inventaire des blocs architecturaux et la collecte de matériel. Plusieurs découvertes permettent de rendre compte de l'importance acquise par la ville, tant aux périodes les plus anciennes qu'aux époques grecque, romaine ou islamique. Pour la première fois, un scénario de l'évolution morphologique de la ville et de ses transformations est proposé. Ce second volume de la série consacrée à Qinnasrin livre un portrait inédit d'un site remarquable et largement méconnu.
Un colloque international axé sur les origines de l'extraction minière et de la métallurgie dans le Caucase s'est déroulé à Tbilisi du 16 au 19 juin 2016, sous les auspices du Musée national de Géorgie. Ce colloque, financé par l'Agence nationale de la recherche (France) et la Deutsche Forschungsgemeinschaft (Allemagne), avait pour objectif d'aborder les relations entre la naissance des mines et de la métallurgie, et l'évolution des sociétés protohistoriques en Asie du Sud-Ouest.Le Caucase est connu en archéologie orientale pour sa richesse en matières premières, en particulier pour ses ressources métallifères; pendant des décennies, les chercheurs ont présupposé l'existence d'un lien de causalité particulier entre l'émergence de sociétés complexes hiérarchisées au Proche et Moyen-Orient et le développement de la métallurgie extractive. Pourtant, la métallurgie n'est que la partie émergée d'une histoire marquée par des changements spectaculaires tout au long du Ve millénaire avant notre ère.
L'extraction minière, par exemple, qui ne se réduit d'ailleurs pas à l'exploitation des minerais métallifères, a certainement eu aussi un impact sur les dynamiques sociales, les structures de peuplement, l'organisation des réseaux économiques et les processus d'intégration régionale, en Orient comme dans le Caucase.Partant de ces questions fondamentales, cet ouvrage explore le contexte socioéconomique, technologique et environnemental dans lequel se sont développées la métallurgie et l'extraction minière à la fin du Chalcolithique dans le Caucase. Ainsi, dans quelle mesure les premières exploitations minières sont-elles liées à des stratégies de subsistance spécifiques, tel le pastoralisme? Les ressources exploitées étaient-elles destinées à la seule consommation locale? Ou bien étaient-elles aussi
distribuées à travers le Proche-Orient, l'Anatolie, l'Iran ou la Mésopotamie? Tels sont les thèmes abordés dans ce volume, qui contient 21 articles rédigés par quelques-uns des plus éminents spécialistes de l'archéologie du Caucase.
Dans ce volume, archéologues, archéomètres et historiens contribuent par différentes approches à un domaine de recherche émergent: les pratiques alimentaires en Méditerranée orientale médiévale. Il présente les résultats du programme ANR POMEDOR " Populations, poteries et alimentation en Méditerranée orientale médiévale ", qui abordait l'évolution de ces pratiques lors de périodes de transition, telles que les croisades ou les conquêtes turques, principalement au travers d'études archéologiques et archéométriques de céramiques. Cet ouvrage couvre un champ plus large, incluant l'archéozoologie, l'archéobotanique, l'anthropologie biologique, l'étude des structures archéologiques, des textes et de l'iconographie. Enfin, il dévoile les recettes conçues pour un dîner " byzantin " clôturant le programme POMEDOR, organisé à l'Institut Paul Bocuse.
Les quinze communications regroupées dans cet ouvrage confrontent les données provenant des sites archéologiques à celles tirées de chantiers spécialisés dans l'expérimentation de la construction et dans la restauration de monuments. Dans le domaine de l'archéologie du bâti, la lecture des vestiges conduit à la déconstruction mentale des élévations afi n de restituer les phases d'occupation d'un bâtiment. Elle consiste aussi à distinguer les étapes de construction inhérentes à tout chantier, quels que soient les périodes et les lieux, en Orient comme en Occident. Il s'agit donc d'adopter une méthode d'analyse régressive pour renseigner les périodes anciennes à partir d'exemples récents de chantiers bien documentés. Si la notion de progrès existe à travers l'évolution de la science et des techniques modernes, le chantier médiéval de construction du château de Guédelon permet, par l'expérimentation, de retrouver des savoir-faire hérités du passé.