Au sein de nos sociétés contemporaines, les notions de réemploi, de réutilisation et de référence sont étroitement associées à des considérations écologiques et économiques. Pourtant, malgré leur apparente modernité, ces pratiques étaient déjà présentes dans l'Antiquité. À quelles préoccupations politiques, religieuses, économiques ou pragmatiques répondaient-elles ? Afin d'explorer la diversité des formes de réemploi et de réutilisation, ainsi que l'usage de la référence – qu'elle soit matérielle ou littéraire – cet ouvrage adopte une approche pluridisciplinaire et interroge une variété d'aires géographiques, chronologiques et culturelles. De la Perse achéménide à l'Afrique du nord, en passant par la Dacie et l'Ibérie du Caucase, huit contributions se proposent de mettre en lumière les motivations complexes menant à l'usage de ces pratiques dans les sociétés anciennes.
À l'occasion du bicentenaire de la naissance d'Auguste Mariette (Boulogne-sur-Mer 1821 – Le Caire 1881), nous avons souhaité revenir sur sa personnalité, mais aussi nous interroger sur la place qu'il a tenue dans cette science nouvelle, l'égyptologie, qui en était alors à ses balbutiements, une trentaine d'années après le déchiffrement des hiéroglyphes par un autre Français, Jean-François Champollion.Il existe des biographies d'Auguste Mariette, mais aucun ouvrage ne traite de la place de son œuvre dans l'histoire politique et culturelle de l'Égypte au XIXe siècle et dans celle des découvertes archéologiques.Ce livre bénéficie d'une approche diversifiée et pluridisciplinaire (archéologues, historiens, conservateurs et muséographes aussi bien français qu'étrangers) et de sources archivistiques inédites : vingt-quatre intervenants de différents horizons géographiques et professionnels ont contribué à cet ouvrage en présentant de nouveaux documents ou points de vue.
Cet ouvrage aborde la question de l'utilisation précoce par les sociétés anciennes du Nord de la France du charbon de terre dans l'artisanat et plus particulièrement la métallurgie du fer. Les opérations d'archéologie préventive depuis les années 2010 sur ce territoire ont permis de faire la lumière sur de telles pratiques. Les plus anciennes traces régionales retrouvées datent de la fin du IIe et le début du IIIe siècle. Néanmoins, c'est principalement durant tout le second Moyen Âge que cette pratique connait son expansion. Les problématiques qui ont découlé de ces découvertes ont abouti à un travail de thèse soutenue en 2020. Ce dernier a pu mettre en évidence les causes qui ont poussé ces sociétés anciennes à se tourner vers cette ressource énergétique. Cette recherche a également mis la lumière sur les différents réseaux d'approvisionnement. Enfin, elle s'est intéressée aux différentes conséquences (techniques, environnementales…) de l'utilisation de ce combustible fossile.
Histoire et archéologie d'un métier du textile dans l'Orient grec
Les foulons font partie de ces artisans du textile indispensables à la vie quotidienne des Anciens, et néanmoins restés trop longtemps oubliés de l'Histoire. Leur rôle était pourtant primordial pour l'économie de la production textile, puisqu'ils œuvraient à la finition des étoffes, et en même temps tout à fait banal, puisque c'est à eux aussi que les habitants confiaient au quotidien leurs vêtements à nettoyer. Cet ouvrage nous plonge dans le monde des foulons de l'Orient grec (Égypte comprise), en tentant, à partir d'une étude technique de leurs ateliers et d'une archéologie des chaînes opératoires, de replacer ces artisans du textile dans leur environnement professionnel, économique, mais aussi social et civique. Le croisement systématique de toutes les données disponibles – textes littéraires, inscriptions, papyrus, sources iconographiques et archéologiques – permet de faire sortir de l'ombre ces travailleurs méconnus du quotidien, en les réhabilitant en tant qu'acteurs historiques des sociétés grecques et hellénisées de la Méditerranée orientale sur près d'un millénaire.
Ouvrage coédité avec le Musée du Louvre.Dans le cadre de la réflexion très actuelle sur l'artisanat, les rapports entre fabricants de figurines en terre cuite (coroplathes) et bronziers, souvent envisagés, sont rarement démontrés: ils se rejoignaient nécessairement dans leurs pratiques, à certaines étapes d'élaboration de leurs œuvres quand ils fabriquaient prototypes, empreintes, moules et modèles intermédiaires. Quelques empreintes et moules en terre cuite ou en plâtre demeurent, voire quelques prototypes en terre cuite. Mais que connaissons-nous de la cire et de la terre crue? Comment pouvons-nous aborder aujourd'hui la question des techniques de sculpture ayant pratiqué le modelage et utilisé le moule dans l'Antiquité grecque et égyptienne? Si la notion de plattein (façonner) est ainsi au cœur de cet ouvrage afin de relire les témoignages littéraires, iconographiques et matériels portant sur la plastique antique, l'importance de la reproduction par la technique du moulage, y compris pour le bronze, y est aussi reconsidérée.
Des découvertes archéologiques récentes ainsi que la relecture d'anciens dossiers conduisent à nuancer l'idée selon laquelle il n'existerait pas, dans le monde romain (Ier siècle avant notre ère-VIIe siècle de notre ère), d'espaces architecturés plus ou moins spécifiquement destinés à l'enseignement. L'absence de structures aisément identifiables en tant que salles de cours, comme il y en a par exemple pour les édifices de spectacle, demande certes, de recourir à une méthode croisant plusieurs approches et prenant en compte, outre la structure, l'environnement fonctionnel et urbain, la décoration, les sources textuelles, l'histoire culturelle. Il est alors possible de proposer une typologie structurelle et fonctionnelle des lieux architecturés de la paideia, depuis les espaces identifiables dans les domus ou les écoles de maîtres jusqu'aux salles de conférences d'apparat ou aux grands complexes académiques. L'enquête conduit à la réévaluation critique de certaines identifications. En particulier, elle interroge le campus comme lieu potentiel de la formation intellectuelle de la jeunesse dans l'Occident romain.
Les contributions réunies dans ce volume sont le résultat d'une recherche et d'une réflexion collective élaborées dans le cadre des axes de l'UMR 8164 Halma à Lille autour de l'urbanisme grec et romain. La volonté des deux responsables a été d'aborder cette problématique de façon ambivalente, c'est-à-dire à une utilisation maîtrisée que sont les usages domestiques (chauffage, éclairage, cuisine), religieux (cérémonies, sacrifices) et industriels (métallurgie, céramique, etc.) répond un élément destructeur que sont les incendies accidentels ou volontaires en se reposant sur des exemples couvrant l'ensemble du monde antique depuis l'Orient méditerranéen jusqu'au nord de la Gaule aux époques gréco-romaines.
Enquête archéologique sur les pratiques religieuses du monde artisanal en Grèce ancienne
Le monde artisanal grec antique, dont les aspects techniques ont déjà fait l'objet de nombreuses recherches, cache d'autres réalités. L'artisan n'est en effet pas seulement producteur de biens matériels, mais aussi acteur de la vie religieuse et évolue dans un riche univers symbolique, psychologique et social. L'étude des pratiques religieuses des artisans grecs, de l'époque archaïque à l'époque hellénistique, a pour ambition d'explorer ce champ presque vierge, dont les indices, quand ils existent, sont souvent discrets et épars. Les données recueillies n'en forment pas moins un corpus cohérent qui dessine un nouveau profil du monde artisanal, avec des spécificités religieuses mais aussi culturelles et sociales. La vie religieuse des artisans grecs antiques se révèle riche et bigarrée, à l'image du groupe socialement et culturellement composite qu'ils constituent.
Aux confins septentrionaux de l'Empire romain se trouve, selon Virgile (L'Enéide VIII, 727), la terre des extremi hominum Morini, "les hommes qui habitent l'extrémité du monde connu". Si cette formule a connu une prospérité certaine, l'archéologie donne aujourd'hui à ce territoire un tout autre visage, celui d'une terre de rencontre et d'échanges, au carrefour des voies terrestres et maritimes qui relient la Bretagne romaine (Grande-Bretagne actuelle) au continent. Ainsi la ville antique de Boulogne est le carrefour de la circulation des marchandises et des hommes entre les deux rives du détroit, lieu privilégié pour appréhender les échanges entre le continent, l'espace méditerranéen, l'espace rhénan et la province de Britannia. Les contributions rassemblées dans ce volume dressent un état des lieux des connaissances sur le rôle du port antique de Boulognesur-Mer et de ses liens avec son arrière-pays.
Quelle qu'ait été leur faveur auprès du public depuis les découvertes de Myrina et Tanagra au XIXe siècle, les terres cuites figurées antiques sont trop longtemps restées dans l'ombre d'une histoire de l'art passéiste. Ce n'est que tout récemment que leur étude a profondément évolué, grâce à la prise en compte de toutes leurs spécificités, tant celles des modalités de fabrication et de diffusion, qui en font un artisanat étonnement moderne, que celles des contextes de trouvaille et des assemblages, qui renouvellent l'archéologie des pratiques funéraires et votives. Désormais objet d'études les plus exigeantes, les terres cuites figurées apportent une contribution originale à la connaissance de l'antiquité classique.Les contributions réunies dans ces deux volumes issus du colloque d'Izmir, le premier de cette importance sur ce sujet, font connaître une foison de documents nouveaux, illustrent toutes les approches des figurines – histoire de l'art, archéologie, archéométrie, iconographie, anthropologie culturelle… –, mais reflètent aussi les débats autour de leur interprétation: elles dressent ainsi un état des lieux dans ce domaine de recherche au dynamisme nouveau.
Dictionnaire biographique des archéologues des Hauts-de-France, originaires de nos cinq départements ou qui y ont fouillé comme ces officiers des troupes allemandes ou britanniques. On y relèvera les noms connus de Jacques Boucher de Perthes, d'Auguste Mariette, de Roger Agache, de l'abbé Biévelet, mais aussi de nombreux archéologues amateurs. Les sources des 240 notices proviennent de la consultation de revues spécialisées et d'archives familiales. Une trentaine de photographies et de caricatures agrémentent l'ensemble. C'est aussi une façon de redécouvrir des sites et des musées régionaux. Nous livrons le témoignage d'écrivains comme Gustave Flaubert, Romain Rolland. Au-delà, nous rendons hommage au Père Lambiez qui, à Bavay, lança en 1790 la première revue archéologique, Feuille d'Or. Un tableau replace les trouvailles du nord de la France dans le contexte des principales découvertes contemporaines (Abou Simbel, Vix, Machu Pichu, Lucy…).
La fabrique d'un monstre dans la littérature antique (Ie-Ve s.)
Dans l'imaginaire collectif, Néron est à jamais figé dans la posture du tyran dépravé, meurtrier, incendiaire : un mythe s'est forgé, éternel et persistant. C'est précisément cette mythologie que l'auteur se propose de décoder.Car parallèlement à l'effacement des traces visibles de la mémoire du prince, les auteurs antiques, tant païens que chrétiens, se sont employés à reconstruire son histoire, jusqu'à ce que Néron, dépouillant son enveloppe d'individu historique, devînt une figure emblématique, incarnation de la tyrannie et de la monstruosité elles-mêmes.Enquête sur les codes philosophiques, rhétoriques ou littéraires qui ont contraint la réécriture de l'histoire du dernier Julio-claudien, l'ouvrage se propose aussi de suivre les mutations de cette figure au cours de l'Antiquité, au gré des erreurs de lecture, des confusions, des manipulations narratives ou des tentatives d'adaptation de la geste néronienne aux préoccupations du temps.Toute une mythographie se fait jour.