Situé à la croisée de l'histoire, du droit et des études de genre, cet ouvrage s'inscrit dans les débats contemporains sur la santé reproductive, le care et la place du corps maternel dans les politiques publiques. Il interroge un objet encore peu étudié : le lait humain, lorsqu'il circule hors des corps. Que devient ce fluide une fois exprimé, conservé et distribué au moyen de dispositifs techniques et institutionnels ? Comment, alors même qu'il est souvent présenté comme intime, a-t-il été progressivement investi par le droit et la médecine ? De sa collecte auprès de nourrices à la création des lactariums, l'ouvrage retrace, des années 1880 à nos jours, les étapes de cette transformation. Il montre comment la production de lait est passée d'un travail rémunéré à un geste désormais présenté comme exclusivement altruiste, réglementé par le droit de la santé et de la bioéthique. S'appuyant sur un vaste corpus de sources – archives, textes juridiques, entretiens et observations de terrain –, ce livre met en lumière des enjeux longtemps restés dans l'ombre autour du travail de reproduction, de la maternité et de l'allaitement envisagé comme une forme de care collectif. Il s'adresse aux historien·nes, juristes et sociologues, mais aussi à toutes celles et ceux qui s'intéressent aux relations entre genre, santé et institutions.
Le présent ouvrage propose une analyse des enjeux politiques et esthétiques des théâtralités féministes des années 1970 en France. Il présente, dans un double mouvement, une histoire des pratiques spectaculaires des militantes féministes ainsi qu'une histoire féministe des metteuses en scène, comédiennes et compagnies de théâtre de l'époque. L'analyse de leurs créations militantes, qui portent sur scène les idées et les revendications des mouvements féministes d'alors, permet d'esquisser des hypothèses sur les formes et les constructions dramaturgiques que peuvent adopter ces théâtralités. S'inscrivant tout autant dans l'histoire du mouvement des femmes que dans celle du théâtre, cette étude des " scènes féministes " défend l'idée selon laquelle les mouvements féministes ont bouleversé l'histoire du théâtre
Les artistes femmes sont moins visibles que les artistes hommes dans les expositions, les collections publiques et privées et sur le marché de l'art contemporain. Elles sont pourtant majoritaires dans les écoles d'art et presque la moitié des artistes plasticien.nes sont des femmes. Comment expliquer ce paradoxe? Les artistes femmes seraient-elles moins talentueuses que les hommes? Leur travail de moins bonne qualité?Cet ouvrage propose un éclairage inédit sur les inégalités de genre dans les carrières artistiques en s'intéressant aux parcours des diplômé.es d'une prestigieuse école des beaux-arts française. Il est fondé sur une enquête d'envergure, réalisée entre 2014 et 2018, faite de données quantitatives, d'entretiens et d'observations. Du recrutement dans l'école à l'exposition en galerie, en passant par la formation artistique et la construction d'un réseau professionnel, cet ouvrage rend compte des mécanismes défavorables aux carrières artistiques féminines et saisit les ressorts qui permettent de réussir malgré tout. Ce faisant, il enrichit notre compréhension des résistances et des ressources nécessaires à la progression des femmes dans les professions supérieures.Ouvrage destiné à un large public, il intéressera, au-delà des universitaires, des artistes et des professionnel.les de la culture, toutes celles et ceux souhaitant comprendre la fabrique et le maintien des inégalités de genre dans les arts et les mondes du travail.
Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les actualités, les mises à jour et les derniers projets sur lesquels nous travaillons.