" Je peux ", " nous pouvons ", " je ne peux pas " figurent au cœur des interactions sociales.Prenant au sérieux ces formes ordinaires de pouvoir et de fragilité, Pouvoir et ne pas pouvoir explore les mutations profondes traversant l'Etat, le management, les mouvements sociaux et la participation citoyenne, la culture, la lutte contre les discriminations liées au genre ainsi que l'extension des capacités à des entités plus vastes (planète, technologies, etc.). L'ouvrage envisage les pouvoirs au quotidien, dans une perspective qui défend un optimisme des possibles, tout en posant un regard critique sur les inégalités et les lourdes dérives — dont celle de la sur-responsabilisation qui pèse sur les personnes.Fabrizio Cantelli et Jean-Louis Genard adoptent ici une approche transversale faisant dialoguer sociologie, science politique et droit. Ils éclairent une rupture qui cisèle en profondeur la modernité en faisant apparaître le passage déterminant d'une " anthropologie disjonctive " — distinguant nettement des personnes capables et des personnes incapables — à une " anthropologie conjonctive " — dans laquelle les individus sont tour à tour fragiles, vulnérables tout autant que responsables et capables.
Le travail social participe centralement à l'évolution de nos sociétés contemporaines, tant du point de vue de sa contribution au problème de la vulnérabilité, de la proximité qu'il entretient avec la population, du dialogue qu'il nourrit avec d'autres champs que par les critiques qu'il suscite. De cet aspect polymorphe découle l'intérêt de le considérer, pour reprendre une expression de Nietzsche, " avec le plus grand nombre d'yeux possible ". C'est dans une telle perspective que Thierry Gutknecht se propose de rendre compte de la complexité du travail social en empruntant au philosophe Michel Foucault certains concepts clefs – pouvoir, savoir, dispositif, gouvernementalité, etc. – ainsi que sa démarche de problématisation. Il s'agit alors de " partir du bas ", c'est-à-dire de la pratique et de textes de base (lois, référentiels, actes de journées thématiques, etc.) afin d'aborder certains aspects de ce champ en les posant comme problèmes demandant à être pensés d'un point de vue sociétal. Au final, le travailleur social se retrouve interpellé quant à la centralité d'une interrogation sur le devenir de la Cité; autrement dit, se pose la question du positionnement, non seulement éthique mais aussi politique et sociétal, du professionnel.
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