Dès son accès à l'indépendance en 1917, la Finlande sombre dans une guerre civile. Si elle s'en remet dans la décennie qui suit, et goûte à la joie des années folles, c'est pour traverser ensuite une période de turbulences politiques, et pour affronter de nouveau une guerre, mondiale cette fois, en 1939. Pendant toute cette période, la nouvelle poésie ne cesse de questionner la société, d'interroger la naissance du monde moderne, de chercher de nouvelles valeurs pour l'avenir. Dans l'ombre de l'avenir raconte l'histoire de la poésie d'avant-garde d'expression finnoise et suédoise de la Finlande de 1916, date de la publication du premier recueil d'Edith Södergran, la pionnière de la modernité poétique dans le pays, à 1944, date de la mort de Katri Vala, la poétesse dont l'œuvre cristallisa la lutte entre le nouveau et l'ancien tout le long des années 1920 et 1930. L'analyse de poèmes est assortie d'une réflexion sur la sociologie des groupes d'auteurs et des revues de l'époque, et d'une contextualisation permettant de situer cette littérature dans l'histoire culturelle et politique de la Finlande.
L'Été des abeilles et autres saisons de la littérature finlandaise rassemble une sélection de textes de trois auteurs contemporains majeurs de la Finlande. Les nouvelles et les récits de Marisha Rasi-Koskinen et de Petri Tamminen ainsi que les poèmes de Pauliina Haasjoki interrogent la condition de l'Homme, livré à la solitude, dans un monde pourtant surpeuplé. Les textes sont suivis d'un entretien avec les trois écrivains, ainsi que de deux articles où Harri Veivo et Anna Helle présentent le roman et la poésie finlandais d'aujourd'hui. La publication découle d'un projet de formation de traducteurs initié par l'Association des Auteurs de Finlande. Plus d'une quarantaine d'étudiants de finnois de l'Université de Caen Normandie ont pu participer aux ateliers de traduction, dont certains se déroulaient en présence des trois écrivains.
Paris, 1910. La capitale française est le centre du monde. Dans le quartier de Montparnasse où elle vit depuis sept ans, Alberte Selmer, "la petite Norvégienne", frôle au quotidien la destinée des autres, artistes étrangers et figures typées du peuple parisien. Sa farouche individualité semble avoir pour seul point d'ancrage cette ville qui lui tient au corps. Elle ne sait encore que faire de la palette de sensations qu'elle y engrange. Le passé s'efface devant le présent, ses exigences matérielles, ses risques sentimentaux, les tâtonnements d'une modernité exubérante mais superficielle, où les femmes les plus libres ont tôt fait de buter contre les impératifs masculins.Cora Sandel, de son vrai nom Sara Fabricius (1880-1974), quitte à vingt-six ans la Norvège pour la France dans l'intention d'y parfaire ses talents de peintre. Elle y reste quinze ans, renonce à peindre, mais découvre dans le texte la littérature française, dont Colette et Proust (Alberte est contemporaine d'Albertine). Elle ne connaîtra le succès littéraire qu'à son retour en Scandinavie – mais un succès éclatant.
Fie était une enfant programmée et désirée. Mais tout bascule quand cet enfant tant attendu naît enfin. Entourée d'autres mères attentionnées et aimantes, Beate doute de plus en plus: aime-t-elle véritablement son enfant?Ange de nylon est un roman fort et dérangeant sur la maternité et les clichés qui entourent la relation parents-enfants. Il a été classé parmi les trois meilleurs romans norvégiens de l'année 2003 par deux grands quotidiens du pays.Helene Uri est née en 1964 à Stockholm. Elle est titulaire d'une thèse de doctorat en linguistique appliquée et a été maître de conférences à l'institut de linguistique de l'université d'Oslo. Désormais écrivain à plein temps, elle fait régulièrement des conférences sur la langue et la linguistique. Elle a également été invitée à écrire des chroniques sur la langue norvégienne dans différents titres de presse écrite et dans des émissions télévisées.Depuis le début de sa carrière littéraire, Helene Uri s'attache à dénoncer et combattre les faux-semblants. Ange de nylon (Engel av nylon, 2003) s'attaque à un mythe tenace: le bonheur de la maternité.
Espen Arnakke est né et a grandi dans la petite ville de Jante, où il a appris dès son plus jeune âge à se conformer aux standards locaux et à refouler ses sentiments et sa sexualité. Presque adulte, il embarque sur un bateau à destination de Terre-Neuve, où il rencontre la belle et séduisante Eva. Elle le délaissera au profit d'un autre travailleur agricole, John Wakefield, qu'Espen tue par jalousie. Un fugitif recoupe ses traces condense le travail de réflexion d'Espen Arnakke, qui se penche sur son passé et son éducation pour comprendre, à travers les souvenirs de son enfance et de son adolescence passées à Jante, comment il est devenu un meurtrier.
Sindre séjourne dans le sud de la France. Il est accompagné de ses deux fils ; deux enfants qu'il a emmenés en vacances à l'insu de leur mère. Ils se connaissent mal et ont des difficultés à trouver un terrain d'entente. Sindre est un homme en fuite, un homme fuyant aussi. Personnalité relativement insaisissable, il semble vouloir échapper à ses propres responsabilités, aux attentes des autres, notamment à celles de son père. Sur le chemin de la fuite, Sindre se laisse porter par la conquête, le désir, le sien et celui des autres. En Norvège, Nora, sa cousine, son amour impossible, écrit l'histoire de Sindre à partir des pages du journal qu'il lui envoie chaque semaine. Qui sont-ils, Sindre et Nora ? Roman sur une fuite, Le train d'Ajaccio est aussi un roman sur l'écriture, la narration.Anne Oterholm est née en 1964 en Illinois, aux États-Unis et a grandi à Ås, non loin d'Oslo, où elle vit actuellement. Titulaire d'un master de littérature française de l'université d'Oslo, elle est, depuis 2005, secrétaire générale du syndicat des écrivains norvégiens. Elle a publié son premier roman en 1995, Ikke noe annet enn det du vil (Rien d'autre que ce que tu veux). Le train d'Ajaccio est son septième roman.Jury du Prix Aschehoug : " Anne Oterholm a trouvé une forme littéraire qui non seulement explore les questions existentielles, mais qui donne aux lecteurs une expérience littéraire des instincts de base et des peurs ".
Mauvaise journée pour Vilhelm Thygesen, qui découvre à son réveil le cadavre d'un invité mort d'une overdose dans sa salle de bains. C'est un trafiquant assassiné à coups de talons aiguilles qui détient une grosse quantité d'héroïne pure. Thygesen, qui vient de finir de purger sa peine de prison et travaille comme rédacteur dans une agence de publicité, doit faire face à plusieurs problèmes : prouver son innocence et sa crédibilité, en apprendre davantage sur ce meurtre pour tenter de reconstituer le cours des événements dont il n'a aucun souvenir, et échapper aux complices du dealer, prêts à tout pour mettre la main sur cette drogue. Cette enquête va plonger Vilhelm Thygesen, l'ancien policier, dans le monde des narco-trafiquants d'Oslo, lui permettre de retrouver la petite amie du défunt, avec qui il aura une liaison, de croiser la route d'un ancien codétenu qui se considère comme le propriétaire des stupéfiants… et de se débarrasser tant bien que mal de cette encombrante marchandise, en en consommant au passage une partie. Un roman dense, complexe, noir… comme neige ?Ce livre a valu à Jon Michelet de recevoir le Grand Prix norvégien de la littérature policière (1980).
À l'heure où le roman policier nordique suscite un extraordinaire engouement dans notre pays, il était plus que temps de faire connaître Jon Michelet (1944- ), celui qui fut en Norvège le pionnier du genre et en reste la référence obligée. Auteur engagé dans la lignée des Suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö, il ne cache pas ses sympathies pour la gauche révolutionnaire. C'est notamment le cas dans la dizaine de romans où le héros, ou plutôt l'antihéros, est l'inspecteur Thygesen, à qui ses convictions gauchistes valent de sérieux ennuis. Dans La Femme congelée, le premier roman de Jon Michelet à être traduit en français, l'inspecteur Thygesen est maintenant rangé des affaires. Cependant, un cadavre de femme ayant été découvert dans son jardin, il se retrouve mêlé à une enquête dont les ingrédients sont des bandes de motards, un trafic d'amphétamines, la nouvelle mafia des pays de l'Est, le milieu de la police norvégienne et les magouilles des politiciens locaux, un inquiétant cocktail d'où il ressort à l'évidence que la Norvège n'est plus épargnée par les maux des sociétés contemporaines.
Âgée d'une dizaine d'années, Jonna raconte sa propre histoire, qui nous emmène dans un village danois des années 1950. Son père est congédié pour faute par le propriétaire terrien qui l'emploie comme métayer et la déroute familiale devient réalité lorsqu'ils sont relogés dans un modeste baraquement jouxtant le gymnase de l'école où va la fillette. Le père trouve une place de représentant de commerce et la mère tente de maintenir les liens familiaux : ensemble, ils font face à l'adversité. Ce roman de Kirsten Thorup (née en 1942), devenu un " classique " au Danemark où il est paru en 1977, gagne en puissance au fur et à mesure où le lecteur rencontre les divers membres de la famille. Jonna est l'observatrice tranquille de la vie quotidienne : elle voit l'hypocrisie des autres et la misère chez elle, la honte d'être pauvre et la crainte de tomber encore plus bas ; mais elle découvre aussi la sollicitude et l'affection - et rêve d'une vie meilleure.
Paru en Suède en 1975, puis au Danemark grâce à la traduction établie par S. M. la Reine Margrethe II, ce roman a pour cadre, dans la Gaule romaine au milieu du 5e siècle, une vallée provisoirement épargnée d'une province (l'Alsace) alors en proie aux invasions des Huns. Il s'agit d'un récit émouvant, rédigé dans une langue alerte et précise, et soutenu par une vaste culture classique, qui décrit avec nostalgie, mais aussi avec lucidité, la fin d'une époque. Son auteur, Stig Strömholm, né en 1931, a été recteur de l'université d'Upsal et président de l'Académie royale des Belles-Lettres, de l'Histoire et de l'Antiquité, à Stockholm.
Dû à l'un des meilleurs spécialistes français de la Norvège, cet ouvrage exhaustif et richement illustré retrace d'une plume alerte l'histoire de la littérature norvégienne, de la lointaine poésie eddique aux productions les plus récentes de nos contemporains. Comblant une évidente lacune et appelé à devenir un outil de référence, il révélera au public français qu'au-delà d'un Ibsen ou d'un Hamsun, la Norvège a été exceptionnellement féconde en écrivains de talent. N'eût-elle pâti d'une langue de faible diffusion, sans doute cette petite nation eût-elle depuis longtemps accédé au rang de grande puissance littéraire.
H, le personnage principal de ce roman, a un passé au théâtre ; mais ce que cette Norvégienne a vécu auparavant demeure énigmatique. L'histoire commence au moment où " elle pénètre dans le gros ventre du ferry au volant de sa voiture en suivant lentement le véhicule devant elle ". Ce voyage l'emmène en Normandie puis à Paris. Elle est partie pour partir, mais elle est avant tout en route vers une nouvelle existence, qui a pour seul ancrage quelques personnes avec qui elle correspond depuis longtemps et qu'elle a l'intention de retrouver. Lorsque des rencontres inattendues se mêlent à celles qu'elle a prévues, H se trouve impliquée dans des jeux de rôles décisifs où elle-même crée le texte tout en entrant dans le texte d'un autre.