Enquête sur les formes et les effets de la présence de la musique en bibliothèque
Depuis le milieu des années 2000, le développement des plateformes numériques d'écoute musicale et les pratiques nouvelles qui en ont découlé ont bouleversé l'activité des bibliothèques, confrontées à la désaffection massive des usagers pour leur offre musicale.Comment les bibliothèques se sont-elles adaptées à ces mutations extrêmement rapides ? Quels sont les effets des nouvelles activités musicales qu'elles ont déployées sur leur place dans l'écosystème culturel et politique local ? Qui sont celles et ceux qui empruntent des CD, streament de la musique en ligne, ou assistent à des concerts en bibliothèque ?À partir de l'étude de six bibliothèques impliquées dans la valorisation de la musique et évoluant dans des contextes institutionnels, sociaux et économiques différents et d'une enquête quantitative conduite auprès de plus de 1 000 établissements, cet ouvrage propose un état des lieux des réflexions et des expérimentations en cours. Il identifie des pistes permettant de redéfinir la place des bibliothèques dans le domaine de la musique et les façons dont elles peuvent innover en marge des évolutions technologiques qui marquent le secteur musical.En effet, malgré des disparités territoriales, les bibliothèques contemporaines se révèlent être des espaces qui permettent aux usagers de " musiquer ", c'est-à-dire de vivre une expérience culturelle de partage différente de ce que proposent les plateformes numériques et qui diversifie les formes de la relation à la musique. Les réponses apportées par les professionnels aux transformations du secteur autant que l'évolution des pratiques de leurs publics invitent plus largement à réfléchir à nouveaux frais à la place qu'occupent les bibliothèques dans l'écosystème culturel et éducatif de leur territoire.
Cet ouvrage prend pour prétexte le bicentenaire de l'Inspection générale des bibliothèques, fondée en 1822, pour offrir une réflexion renouvelée sur les instances de contrôle de l'État dans le domaine de la lecture et du patrimoine écrit. Il s'agit de comprendre comment la puissance publique pense la bibliothèque et comment ce discours normatif et politique prend forme à travers la figure de l'inspecteur, l'acte d'inspecter et ses effets – quand il en a – entre la Restauration et la Cinquième République.
Cet ouvrage est le fruit de nombreux échanges avec les acteurs du monde des livres : éditeurs, libraires et bibliothécaires. Il analyse l'évolution rapide des métiers du livre et les réalités de terrain, dont les évolutions sectorielles et leurs transformations avec l'arrivée du numérique ont généré l'émergence de nouvelles compétences.Ont contribué à cet ouvrage : Isabelle Boutoux, Alain Busson, Marie-Laure Cahier, Aude Chauviat, Antoine Fauchié, Frederique Giraud, Celine Guillot, Aude Inaudi, Marc Jajah, Florence Lethurgez, Florence Rio, Ugo Roux, Jean-Louis Soubret, Emmanuël Souchier, Elsa Tadier, Albane Toussaint, Olivier Vanhée.
" Dans nos habitudes de lectrices ou de chercheurs, la bibliothécaire est un personnage si présent que l'on ignore ce que fut le voyage infernal des femmes qui voulurent exercer ce métier. " Arlette FargeLes premières femmes bibliothécaires exerçant en France à partir des années 1900 ont contribué à structurer la profession et ont joué un rôle important dans la modernisation de la lecture publique. Ces pionnières ont su se frayer un chemin dans un univers masculin qui ne leur concédait souvent qu'une place subalterne. Elles sont pourtant restées jusqu'ici, dans leur grande majorité, invisibles ou méconnues.Pour parvenir à identifier ces " bâtisseuses " oubliées, Isabelle Antonutti a interrogé de multiples sources à partir desquelles elle reconstitue les parcours d'une soixantaine de professionnelles des bibliothèques. De ces traces du quotidien et de l'ordinaire, elle fait émerger une histoire sociale des premières bibliothécaires qui porte au jour leurs réalisations, leurs évolutions professionnelles, ainsi que leurs luttes pour conquérir légitimité et reconnaissance. Au travers de ces portraits se dessine également en filigrane une histoire de la formation aux métiers des bibliothèques et de la documentation.Préfacé par l'historienne Arlette Farge, ce travail novateur comble une lacune dans l'histoire du métier de bibliothécaire, contribuant à renouveler l'étude des métiers de l'information et à mieux faire connaître l'histoire des femmes au travail.Isabelle Antonutti est conservatrice honoraire des bibliothèques et historienne, membre du Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).
" Penser données " ? Pourquoi et comment ? Tel est le défi, le nouveau paradigme, qui s'impose depuis trois décennies aux professionnels de l'information et des bibliothèques, et au-delà à l'ensemble de la société numérique et du marché du travail.Étayé par un propos clair, structuré et pédagogique, cet ouvrage de référence, très attendu par la profession, nous livre une vision panoramique synthétique aussi complète qu'accessible des enjeux de la donnée dans les organisations : bibliothèques dans la cité ou dans l'université.Préfacé par Emmanuelle Bermès, écrit par Véronique Mesguich, experte des enjeux de l'information et des stratégies numériques, ce vade-mecum permettra aux filières de l'information et du numérique, aux étudiants en préparation de concours comme aux tutelles de l'enseignement supérieur et de la recherche et des collectivités territoriales qui portent les politiques de gestion de la donnée, d'acquérir les indispensables codes, les compétences de base et les méthodes d'appropriation pour appréhender pas à pas et avec confiance le vaste monde des données.Avec l'objectif d'aborder l'ensemble des enjeux professionnels, de la transition bibliographique, du web sémantique, des données d'usage, de l'open data et l'open science, des données et métadonnées de la recherche, l'ambition de l'ouvrage est avant tout d'éclairer chaque face du monde des données, des technologies mobilisées aux politiques publiques, des législations en vigueur aux acteurs en présence et aux organisations pilotes, pour se conclure sur une cartographie des métiers et des compétences, sans jamais se départir d'un esprit critique sur les biais, les limites et les risques éthiques de la gouvernance par les données.
Ce nouveau titre des Presses de l'Enssib étudie la place des sciences dans la société sous l'angle de leur histoire éditoriale au XXe siècle ; il enrichit l'offre de la collection " Papiers " en histoire de l'édition et en éducation aux médias et à l'information. Au-delà de l'aptitude à analyser les sources ou à comprendre nos mécanismes interprétatifs, il faut en effet appréhender la formation de ce que l'on appelait naguère la culture générale : le commun du savoir.L'histoire des sciences tient une place singulière dans la culture francophone, régulièrement suspectée d'être trop littéraire. Elle a d'abord intéressé des scientifiques dans le cadre de leur discipline et des philosophes ou historiens qui l'entendaient avant tout comme une histoire des concepts ou des grands savants. Les sciences sont désormais, comme tout fait sociétal, l'objet de recherches pluridisciplinaires regroupées sous l'appellation de Science and Technology Studies, une anthropologie dont le lecteur trouvera ici l'analyse des pratiques éditoriales.Dans une approche combinant sciences de la nature et sciences humaines et sociales, alternant recherche et vulgarisation, regards d'historiens et témoignages d'acteurs, ce volume ouvre une perspective inédite sur l'histoire des savoirs dans nos sociétés. Au regard des interrogations contemporaines sur la notion de progrès scientifique, les réflexions qu'il présente concernent non seulement les professionnels de la " chaîne du livre " mais encore le public éclairé des humanités modernes.Ont contribué à cet ouvrage : Laurence Bénichou, Emanuel Bertrand, Claude Blanckaert, Renaud Debailly, Wolf Feuerhahn, François Gèze, Albéric Girard, Raphaël Larrère, Sébastien Lemerle, Élisabeth Parinet, Hervé Serry, Valérie Tesnière.
Une nouvelle médiathèque tournée vers l'innovation et l'inclusion sociale ouvre ses portes. La fréquentation est au rendez-vous mais les situations d'accueil souvent difficiles. Suite à des faits de violence, elle est contrainte de fermer. Lorsqu'elle rouvre quelques semaines plus tard, la sérénité est revenue, durablement.Une recherche-intervention, conduite pendant deux ans par une psychosociologue spécialiste des jeunes et des questions urbaines, a été un facteur décisif pour traverser la crise. Initiée pour analyser le rôle social de la médiathèque troisième lieu, ses fonctions et ses limites, dans un contexte de forte mixité sociale, elle s'est prolongée par un collectif de réflexion, formé de deux chercheurs, Joëlle Bordet, psychosociologue, et Christophe Evans, sociologue (Bpi), ainsi que de trois bibliothécaires, Hélène Beunon (ABF), Marion Moulin et Raphaële Gilbert.Ce livre est une invitation à continuer à penser à la médiathèque pendant la crise mais aussi à repenser la médiathèque à travers la crise. Comment inventer une nouvelle approche lorsqu'une situation difficile nous porte plutôt vers la sidération?? Comment accepter l'irruption du réel dans nos idéaux sans pour autant renoncer à notre horizon démocratique??Le processus de traversée de la crise qui est présenté ici a conduit, bien au-delà d'une résolution des difficultés, à porter un nouveau regard sur la médiathèque, ses missions, son lien au territoire et aux partenaires, ses modalités d'accueil, le modèle du troisième lieu qui l'avait inspirée.
Introduction à la sémiotique sociale appliquée aux images d'actualité, séries télé et sites web de médias
Ce livre aborde le champ de l'éducation aux médias d'une manière inédite : à partir d'une réflexion sur la manière dont nous attribuons du sens aux productions visuelles. Prenant comme exemples des images d'actualité, de séries télé, de sites web de médias, les autrices cherchent à comprendre les significations différentes, et parfois contradictoires, qu'elles suscitent.Elles s'appuient sur une méthode d'enquête originale, développée depuis plusieurs années à l'école, à l'université, mais aussi hors contexte pédagogique : des ateliers de co-interprétation où des participant·es échangent leurs ressentis, réflexions et hypothèses. Chacun·e discute de ce qui lui semble signifiant dans des productions visuelles, en s'interrogeant sur les rouages de son cheminement interprétatif. Si les productions font débat, c'est non seulement en raison de leurs stratégies de communication, mais aussi parce que chaque participant·e les regarde à travers des " filtres interprétatifs " qui puisent dans sa socialisation, ses savoirs, ses habitudes et croyances.La sémiotique sociale, en restituant ces filtres, vise à aider chacun·e – professionnel·le, enseigné·e, simple citoyen·ne – à devenir plus lucide sur ses mécanismes et fondements interprétatifs.Aux Presses de l'Enssib, Alexandra Saemmer a co-dirigé le livre Éducation critique aux médias et à l'information en contexte numérique avec Sophie Jehel (2020). Nolwenn Tréhondart a co-dirigé le livre Livres d'art numériques, de la conception à la réception, avec Alexandra Saemmer (Hermann, 2017) ; elle a coordonné le projet de recherche " Interpréter les images-chocs en temps de crise sanitaire " auquel Lucile Coquelin a participé.
L'éducation aux médias et à l'information concerne un nombre croissant de professionnels qui méconnaissent souvent la longue histoire des domaines qui la constituent. Ce livre opère un retour sur la construction de cette " éducation " et sa dynamique grâce à l'apport de témoignages et de récits singuliers partagés par ses acteurs. Pour cela, 18 points de vue se croisent par paires en trois parties thématiques: la culture des médias et l'éducation aux médias; la culture informationnelle et l'éducation à l'information; la culture numérique et l'éducation à l'informatique.Professionnels, enseignants, étudiants et chercheurs trouveront dans cet ouvrage, inédit par son projet scientifique comme par la forme mise en œuvre, des éléments solides pour un bilan de la recherche francophone, ses convergences et ses divergences.Éric Delamotte est professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Rouen Normandie (UMR CNRS 6590, Espaces et société). Il a publié de nombreux ouvrages dont, aux Presses de l'Enssib, L'éducation à la culture informationnelle (codirigé avec Françoise Chapron). Il rassemble ici des spécialistes incontestés qui concourent à dresser le panorama accessible d'une discipline en plein essor.
Que se passe-t-il dans une bibliothèque ? Peu de choses en apparence, et pourtant… L'ouvrage de Joëlle Le Marec offre une analyse fouillée et percutante de ce qui se joue dans la fréquentation des établissements qui mettent à disposition du public des collections de livres, de documents d'information. Plus précisément, l'ouvrage fournit des réponses aux questions posées régulièrement dans les études de publics : pourquoi les bibliothèques sont-elles investies selon une temporalité débordant les limites attendues du simple prélèvement documentaire ? Pourquoi ces établissements sont-ils devenus des sortes d'extension de la maison, du bureau, autant de " territoires du soi " pour reprendre le fameux concept d'Erving Goffman ? Dans cet essai, nourri de ses recherches pratiquées dans les institutions culturelles, l'auteure montre que la bibliothèque contemporaine apparaît très nettement comme un haut lieu d'articulation entre pratiques de savoirs, souci de soi, et milieu de vie.
engagements politiques et intellectuels (nouvelle édition révisée)
L'édition indépendante est un phénomène qui se conçoit d'abord sur le plan de l'indépendance économique vis-à-vis des grands groupes éditoriaux. Lorsque l'on ajoute le qualificatif " critique ", on comprend qu'il s'agit par surcroît d'éditeurs engagés dans les champs sociétaux et politiques. L'édition indépendante critique est un phénomène en perpétuel renouvellement, certains éditeurs ont acquis une visibilité en librairie, d'autres ont disparu, de nouveaux émergent.Qui sont ces éditeurs? Comment travaillent-ils? Comment peut-on appréhender le modèle français de l'éditeur indépendant, en marge du système et souvent abonné aux subsides publics?Les Presses de l'Enssib publient une version révisée et mise à jour du livre de Sophie Noël issu de sa thèse. Cette nouvelle édition permettra à toute personne intéressée d'appréhender 50 ans de l'histoire de l'édition contemporaine et aux bibliothécaires, particulièrement, de réfléchir à leurs collections d'essais de société. La profession est en effet confrontée au phénomène des best-sellers médiatiques comme, à l'inverse, elle est sollicitée pour éduquer le jugement du lecteur aux médias.L'édition indépendante critique offre une voie et des voix judicieuses pour faire vivre le débat public.Sophie Noël est sociologue, maîtresse de conférences (HDR) en sciences de l'information et de la communication à l'Université Sorbonne Paris Nord et chercheuse au Laboratoire des sciences de l'information et de la communication (LabSIC). Elle a codirigé, avec Olivier Alexandre et Aurélie Pinto, Culture et (in)dépendance. Les enjeux de l'indépendance dans les industries culturelles, éditions Peter Lang, 2017.
Six textes sur les publics des grands établissements
" L'expérience sensible des bibliothèques " qui est au cœur de ce recueil de textes est aussi bien celle dont les usagers de ces établissements sont susceptibles de témoigner que celle manifestée par les établissements eux-mêmes – et à travers eux leurs personnels – à l'égard de ceux-là. Le " souci des publics " est ici éclairé de six façons différentes par des contributeurs situés à la croisée de plusieurs mondes : deux sociologues en poste dans des grands établissements, une chercheuse et un chercheur aux confins des sciences sociales et de l'analyse " big data ", trois conservatrices des bibliothèques aux profils et aux fonctions variés, un ancien éditeur devenu pour un temps directeur d'une grande bibliothèque, deux intervenantes " écrivain-conseil " et membres d'une association proposant un service d'écrivain public aux bibliothèques.Aussi différentes soient-elles, ces approches scientifiques et professionnelles sont articulées sur un même socle de valeurs et surtout sur un même type de terrain qui constitue un dispositif spécifique : celui des grands établissements (la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou, la Bibliothèque nationale de France et la bibliothèque Vasconcelos de Mexico). Rien n'empêche évidemment les lectrices et les lecteurs d'associer une partie des questions qui sont ici décrites et analysées en détail à d'autres catégories de bibliothèques, notamment aux établissements de taille plus restreinte. La notion d'attachement à l'institution, la reconnaissance de la dimension hospitalière et protectrice de cette dernière, le " façonnage " des services par les usagers ou la manière à la fois singulière et collective dont ils sont appropriés, sont en effet des phénomènes que l'on peut observer ailleurs que dans les grands établissements, en dehors des bibliothèques et même du champ culturel.Faire l'expérience de l'expérience des publics, c'est, pour reprendre les mots d'Alain-Marie Bassy, passer de l'espace institué par les professionnels à l'espace restitué par les usagers.Ont contribué à cet ouvrage : Muriel Amar ; Irène Bastard ; Line Cognat-Bertrand ; Dana Diminescu ; Christophe Evans ; Stéphanie Fromion ; Françoise Gaudet ; Daniel Goldin ; Quentin Lobbé ; Martine Poulain ; Caroline Raynaud ; Agnès Vigué-Camus.