En suivant Descartes, décédé en 1650, nous considérons l'être humain comme formé d'un corps matériel que nous pouvons appréhender, et d'un esprit dont nous sommes convaincus de l'existence sous forme d'une sorte de logiciel que nous ressentons. Nous ressentons de même l'intégration de ces deux parties pour donner un seul être qui peut concevoir qu'il existe une " Réalité " unique et profonde dont un témoignage s'exprime par la présence sensible de l'univers. Notre tropisme de curiosité ou mathétisme nous pousse à la découverte de cette Réalité. Deux chemins principaux se sont dégagés: celui de la science basé sur la rationalité et celui de la métaphysique qui s'appuie sur la croyance irrationnelle et le témoignage. Ces deux chemins divergent à un tel point qu'ils peuvent et ont déclenché des guerres.Mais chacune de ces deux approches ne fait elle pas appel à son antagoniste? Et ne peut-on espérer un jour une réconciliation due à leur complémentarité de facto?Philippe Coiffet a créé la première équipe de recherche publique en robotique à l'université de Montpellier en 1971. Depuis lors, tout en demeurant chercheur au CNRS, il a été chargé de mission aux ministères de l'Industrie et de l'Éducation Nationale (où il a mis en place les AIP: Ateliers Inter-établissements de Productique), professeur à l'université de Californie (Centre de Santa Barbara), professeur à l'INSTN (Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires). Il est le fondateur du LRP (Laboratoire de Robotique de Paris) et du JRL (laboratoire franco-japonais situé à Tsukuba et dédié à la recherche sur les robots humanoïdes). Il a mis en place deux DEA en robotique et en réalité virtuelle ainsi que deux écoles d'ingénieurs de spécialisation en robotique et productique, l'une à l'INSTN et l'autre à l'université Transylvania de Brasov (Roumanie) dont il est Docteur Honoris Causa. Il a publié plus de vingt livres scientifiques sur la robotique et la réalité virtuelle, la plupart traduits en anglais, certains aussi en d'autres langues; ainsi que plus de 300 articles sur ces sujets. Philippe Coiffet a été vice-président de l'AFRI (Association Française de Robotique Industrielle) et a reçu la " Engelberger Award " de la RIA des États-Unis (Robot Industry Association). Il est Directeur de recherche honoraire au CNRS et membre fondateur de l'Académie des technologies. Philippe Coiffet est chevalier de la Légion d'Honneur. Il est né en 1940.
Ce texte présente une situation où des personnes qui veulent être... ou sont prêtes à être arrêtées... se battent pacifiquement pour la survie de la Vie sur Terre et pour les générations futures. Ils sont emmenés en prison pour leurs manifestations pacifiques et leurs plaidoyers publics, face à l'inactivité criminelle et à la non-gestion du changement climatique catastrophique imminent. L'auteur situe cette fiction à la frontière entre le Michigan et le Canada, là où les immigrants sont confinés, d'où se déroule le récit poétique.
Cet ouvrage est la biographie d'un rejet, la biographie de celui qui a dit non à ce monde, l'histoire de celui qui voit le monde avec d'autres yeux, comme un papillon qui survole une ville... C'est la biographie d'un jeune homme du triste est, qui réalisera son rêve de voler, et pour ne pas nous mentir, il nous racontera son histoire telle qu'il l'a vue lui-même, il nous racontera l'histoire de sa mort en défense de ses choix de vie.
" Veine rare et d'autant plus précieuse, Une barque pour Lesbos est un poème épique et polyphonique:les Syriens quittent leur Tr oie en flammes et tentent, au péril de leur vie, de rejoindre l'île de Lesbos où la poétesse Sappho, elle aussi contrainte à l'exil, accueille ses enfants naufragés. Né en 1956 à Damas et exilé à Londres depuis 1986, le grand poète syrien Nouri Al-Jarrah, ressuscitant les mythes grecs, fait entendre, dans cette épopée tragique et élégiaque traduite par un écrivain tunisien (dont un roman, L'impasse, paraît chez le même éditeur), les " voix " douloureuses de son peuple martyr: sur ses " tablettes " de sang, s'inscrivent les visages cuivrés de ses frères qui viennent mourir avecl'écume sur les plages de l'Occident aussi bien que " les chagrins de Télémaque " ou " le regard de Pénélope " au départ de son " Ulysse " dont bientôt elle ne pourra plus lire que " les lettres ". Le poète engagé dénonce la terreur sanguinaire. Il lance un immense cri de détresse et de révolte devant l'enfant noyé, symbole de tous les naufragés. Il s'émeut de " la soif des jeunes femmes et la douleur de la voix ". Il pleure avec les siens le " petit verger brûlé à l'oasis […] de Damas ". Mais, au milieu du sang et des cris, ce témoin essentiel ne sombre pas dans le désespoir, ni dans la violence. Au contraire, le prophète désigne des " éclairs " à nos sombres fenêtres. Il nous exhorte tous, hôtes de cette terre, à nous lever pour construire une humanité solidaire." Yves Leclair, revue Études
Un fameux centre de recherche californien en biologie humaine réussit à redonner vie à deux cerveaux humains extraits de deux personnes accidentellement décédées. Dans les aléas du processus de réveil, ces deux cerveaux fusionnent et n'en forment plus qu'un. Les savants neurochirurgiens et roboticiens reconstruisent tous les éléments d'un corps artificiel dans lequel le " nouveau " cerveau est inséré. Dès lors on est en présence d'un humain artificiel qui va essayer de " mener sa vie " dans une société qui n'est pas adaptée à le recevoir. D'où le succès technique (qui correspond aux désidérata de la quatrième singularité de l'univers) et l'échec sociologique de l'introduction de ce nouvel homme dans notre humanité. Peut-être une image ou une allégorie de ce qui nous attend?
Nouri al-Jarrah s'éloigne de la géographie et de la chronologie des graves événements qui ravagent la Syrie et il se libère de toute contrainte stylistique ou poétique en vogue. Il s'élance franchement, perçoit tout ce qui se passe, recueille tout ce qu'il entend et tout ce qu'il vit. Il semble être présent partout, dans chaque rue, chaque village, ville et région pour organiser cette riche mosaïque poétique qui ressemble aux riches et magnifiques mosaïques murales du patrimoine antique de la Syrie. En effet, le poète prend le parti de l'esthétique plutôt que celui de la politique, il s'éloigne de la tonalité rugissante du poème engagé ou révolutionnaire, incitant en même temps le lecteur à fusionner avec la révolution et à se fondre dans une certaine poétique moderne où les caractéristiques structuralistes, où les métaphores condensées et les allusions éthérées le guident dans l'univers du symbolisme. Le poème de Nouri al-Jarrah témoigne que tout beau poème fait partie de la résistance et que la révolution n'est pas seulement un fusil, elle est aussi le pouls du poète, le pinceau de l'artiste et la plume de l'écrivain.
C'est un livre aux multiples voyages que nous propose Jean-Marie Mignon. Il y a celui qu'il effectue sur cette terre où la guerre est là au quotidien, en Palestine occupée et la violence qui l'accompagne. Il y a ceux auxquels nous invitent toutes ces rencontres qu'il fait et dont il témoigne avec beaucoup de justesse et d'attention, que ce soit à Jérusalem, Hébron, Naplouse, Ramallah ou encore à Bil'in. Des voyages dans des temps de la vie de chacun de ces hommes et de ces femmes marqués au plus profond d'eux-mêmes et qui lui disent avec des mots si simples la douleur qui les mine mais aussi l'espoir qui les fait vivre. Il y a celui que l'auteur fait lui-même au cœur de ces rencontres alliant ses propres émotions et la rigueur qui lui importe de mettre sur le fil de l'écriture les mots des autres qui lui sont adressés. Un fil qui, page après page, donne une grande force à la place et à la vie des " cerfs-volants blancs ".
Extraits de la préface de Danielle Cohen-Lévinas" J'ai traversé cette rue des juifs quasiment en courant. L'auteur ne m'en a pas laissé le choix. Elle coure la phrase, ils courent les mots, ils sautent à travers l'histoire comme une ombre portée. Sa lecture nous assigne. Marcher, courir, tomber, se relever, ne pas se retourner de peur que le récit nous rattrape.Il faut lire La passante de la rue des Juifs comme un texte qui tend à instituer dans le récit un nouvel espace de narration, une autre langue, de manière à repousser les limites, à en éprouver les risques, les bégaiements, les biffures. Un peu comme chez Kafka, où toujours un "piaulement douloureux" vient recouvrir l'apparente sérénité de la phrase. Phrase après phrase, piaulement après piaulement, Dimitri Sandler creuse le dehors des mots [...]Et voilà que Dimitri Sandler se met à fredonner de l'écriture, à réduire son asile à une petite comptine, une ballade pour la fin du monde. Il chante le texte. Peut-être est-il enfin heureux? "
Ce recueil réunit des réactions poétiques, exprimées pendant ou après la guerre meurtrière et destructrice du 12 juillet 2006 au Liban.Nombreux sont les poètes qui ont dit être restés " sans voix ", " atterrés ", " affligés ", face à l'agression inhumaine et sauvage subie par les Libanais et le Liban l'été dernier. Ces amis poètes et artistes ont apporté une chaleureuse démonstration d'espoir et d'encouragement. Avec spontanéité, sensibilité et générosité, chacun d'eux s'est exprimé en tant que héraut des valeurs perpétuelles d'art, de justice, d'équité et d'humanité.
Aujourd'hui le monde arabe est visible presque exclusivement sous sa dimension politique. Une vision où les réalités se mêlent à la fiction. Une vision qui réduit un monde arabe complexe et riche à trois mots : dictature, islamisme et terrorisme. Jamais un conflit, une guerre ou une religion n'ont été plus médiatisés que ceux de cette région, et jamais l'ignorance de leurs réalités n'a été aussi flagrante. Cet ouvrage est le fruit d'une crainte, mais il est né aussi d'un espoir, celui qui consiste à dire qu'il n'y a pas d'autre chemin que celui de la réflexion et du dialogue. Dans un XXIe siècle qui démarre avec la loi du plus fort, où la tentation est grande de faire usage de la force, nous sommes encore nombreux à dire qu'une troisième voie existe, qu'elle est même possible, surtout lorsque le bruit des bottes fait rage." Clamer la Syrie autrement est une façon de proclamer un monde dépourvu de préjugés, un monde dégagé de désinformations, un monde affranchi de haine et de discrimination. Voir la Syrie autrement c'est connaître la Syrie dans sa réalité. Comprendre la Syrie autrement, ce n'est qu'un premier pas vers un monde qu'il faut percevoir et vivre autrement.