Quels rapports entretiennent les sciences sociales avec les armées ? La recherche conduite en réponse aux demandes des forces armées suscite depuis longtemps des critiques au sein du monde académique, sans pour autant faire l'objet d'un examen approfondi. C'est ce que propose cet ouvrage, par le croisement des approches disciplinaires et par une réflexion à la fois historique, méthodologique et empirique sur l'objet armée.
Pourquoi les premières semaines de guerre de 1914 furent-elles si meurtrières ?
Depuis le milieu du xixe siècle, l'industrialisation transforme l'armement : âme rayée, chargement par la culasse, nouvelles poudres, maîtrise du tir rapide… Cet ouvrage explore les innovations de l'artillerie entre 1852 et 1914, leurs implications militaires et industrielles, et compare l'approche française à celle des grandes puissances de l'époque. Une plongée au coeur d'une révolution technique aux conséquences décisives.
Des milliers de militaires irlandais, les " Oies Sauvages ", ont servi la France au XVIIIe siècle. Leur histoire permet de découvrir l'intégration d'une communauté étrangère sous l'Ancien Régime dans la société française. Au travers d'archives inédites et de sources rares, les passionnés de l'Irlande ou d'histoire militaire découvriront comment ces hommes, à mi-chemin entre le mercenariat et la fidélité à la cause jacobite, combattirent sous les drapeaux des Bourbons à Crémone (1702) ou à Fontenoy (1745) et parvinrent à réécrire leur histoire. Exploration captivante d'un phénomène complexe aux croisements de la guerre en dentelle et de l'identité nationale, ce livre explore également les rapports de l'Irlande avec la France et la Grande-Bretagne de la fin du XVIIe siècle jusqu'à l'aube du XXe siècle.
Le 21 février 2022, Vladimir Poutine reconnaissait l'indépendance des territoires séparatistes ukrainiens. Trois jours plus tard, la Russie envahissait l'Ukraine. Une fois de plus, l'Histoire, au coeur du discours du président russe, avait servi à justifier la guerre.Au sein des sciences humaines, l'Histoire a cela de particulier d'être non seulement celle de la connaissance du passé, mais également un outil au service de la structuration des identités et de la construction des imaginaires nationaux. Sa puissance argumentative en a fait un instrument de choix dans l'action politique. Au cours des siècles, différents groupes et chefs d'État l'ont mobilisée, dévoyée ou manipulée afin de préparer leurs opinions publiques, de convaincre les indécis, d'encourager l'engagement militaire ou de légitimer, aux yeux de la communauté internationale, le bien-fondé du recours à la force et du passage à la violence.Entre rigueur historique et enjeux sociaux, au cœur du rapport entre pouvoir et société, les textes réunis dans ce volume reviennent sur les usages belliqueux de l'Histoire. De l'Antiquité à nos jours, de l'Orient à l'Occident et du Nord au Sud, chaque chapitre rappelle que la connaissance du passé reste incontournable non seulement pour comprendre le monde actuel et ses dynamiques, mais encore pour se protéger de l'instrumentalisation de l'Histoire et de la désinformation, tant par le passé qu'à l'âge des réseaux sociaux.
Les séries télévisées des années 1960 à 1980 font partie de la "culture de guerre froide" et témoignent des évolutions de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans cette période-clé. Comment ont-elles participé à la reconstruction des sociétés occidentales, et notamment à la construction européenne? Qu'est-ce que le choc provoqué par la diffusion de la saga hollywoodienne Holocaust révèle de la mémoire de la Shoah, mais aussi des phénomènes d'américanisation et de résistance à l'américanisation à la fin des années 70 et dans les années 1980? Marjolaine Boutet nous propose ici une histoire transnationale de 13 séries télévisées états-uniennes, britanniques, françaises et allemande diffusées pendant la guerre froide, à destination d'un public toujours plus nombreux et en voie de globalisation.
Ouvrage coédité avec les Presses universitaires de Namur.S'inscrivant dans la dynamique du centenaire de la première guerre mondiale, cet ouvrage se penche sur la naissance des services cinématographiques militaires qui éclosent partout dans le monde quand, au cœur du conflit, le cinéma, média alors tout à fait récent, s'engage au service des États et/ou des armées. Le cinéma militaire, multiple, se décline selon les zones géographiques, l'espace-temps dans lequel il évolue et les genres à traiter, créant par conséquent de grandes disparités. Cet ouvrage propose dès lors une approche par cinématographie nationale et sur le temps long, 1914-1939, permettant de croiser temps de guerre et temps de paix. Si les articles se concentrent sur les structures spécialisées dans la production d'images filmées, tous appréhendent les questions transversales par l'analyse de la production, de la distribution et de la circulation de ces images.
Si la guerre est pensée comme un monde d'hommes, les femmes y ont aussi toute leur place et y jouent un rôle actif. À la croisée de l'histoire du fait guerrier et de l'histoire du genre, Femmes en guerre explore ainsi les multiples facettes de la présence des femmes au sein des armées, de l'époque médiévale à nos jours. Il souligne tout d'abord la variété de leurs expériences, comme combattantes, cheffes de guerre ou dans des rôles de soin plus traditionnellement associés à la féminité. C'est également une réflexion sur le genre que propose cet ouvrage, tant sur la construction des féminités en milieu guerrier que sur ce que la présence des femmes en milieu militaire dit de la virilité guerrière. Enfin, alors que les récits de guerre sont souvent accaparés par les hommes et que les femmes sont parfois invisibilisées par les sources, ce livre s'attache à redonner toute leur place à ces voix de femmes en guerre.
Loin d'être réductible à une somme de violences illimitées, la guerre est aussi une relation, certes brutale entre belligérants. Le moment où les armes se taisent en témoigne. Le temps de la sortie du combat est caractérisé par des interactions entre adversaires. Vainqueurs et vaincus accomplissent des gestes, des rites de reddition par le truchement de médiateurs, d'émissaires, voire d'otages. Ils échangent promesses, serments et autres engagements toujours susceptibles d'être transgressés tant l'instant est fragile. Autant d'éléments qui constituent un ordinaire du champ de bataille et suggèrent que le combat est aussi une pratique transactionnelle, fondée sur la négociation.
Cet ouvrage qui interroge la longue durée dans une perspective d'anthropologie historique propose d'inscrire la fin des hostilités au cœur même de l'expérience combattante. La manière dont cessent les combats dit la guerre qui est pensée et menée.
Les enjeux de genre appliqués au masculin ouvrent des perspectives pour comprendre la société nazie et le nazisme en guerre. Le régime, qui prônait un idéal de camaraderie et de pureté raciale, réglementa le genre, les sexualités et la procréation par des lois racistes, homophobes, sexistes et eugénistes. Or, la période des années 1930 aux années 1950 fit coexister des contraintes sexuelles et des formes de violence de genre avec l'ouverture de nouveaux espaces d'expérimentation hétérosexuelle. L'attaque de la Pologne en 1939 et la guerre de conquête et d'anéantissement marquèrent une césure importante. En tant que combattants et colonisateurs, les hommes allemands et autrichiens se trouvèrent au coeur de mutations genrées: acteurs de la violence, agents de la guerre et, in fine, porteurs de la défaite. Chaque chapitre du livre explore, dans une perspective d'histoire intégrée du genre (femmes/hommes; hétérosexuels/homosexuels; Juifs/non-Juifs), la diversité et l'ambivalence des situations vécues au quotidien par les hommes.
Environ 320 000 des 360 000 soldats belges mobilisés ont survécu à la Première Guerre mondiale. Dès leur retour, ces anciens combattants sont devenus un puissant mouvement social qui allait régulièrement donner du fil à retordre à l'establishment belge. Dans ce livre Martin Schoups et Antoon Vrints mettent en lumière le zèle politique incessant des anciens combattants belges. En tant que survivants, ils se considéraient comme porteurs d'une dette morale envers leurs camarades tombés au combat. Ils étaient convaincus que, du fait de leur implication dans la guerre, ils méritaient d'être reconnus et qu'ils avaient un rôle important à jouer dans la société belge. Après plus de quatre années de violence, les anciens combattants ne se sont pas contentés d'un simple retour à leur existence d'avant l'été 1914.