" Cette agence, cauchemar futuriste de la surveillance absolue et d'une mainmise d'un pouvoir obscur sur les vies et les désirs de l'humanité, récupère au passage toutes les recettes à la mode du désir de bonheur contemporain. Épanouissement de soi, exercices de méditation, Yoga, autant de formules devenues elles aussi objets de consommation standardisés et surtout individualisées ".Catherine Marnas, metteuse en scène, directrice du TNBA" À bien des égards, Ksikes s'inscrit dans une longue tradition théâtrale qui trouve dans le thème inépuisable du bonheur un ressort dramatique et un cadre idéal pour mettre en scène une réflexion sociopolitique à la fois ouverte et plurielle […]Pour repenser le malaise social et la frustration politique, il fait du bonheur le point de convergence et de confrontation de plusieurs discours d'appropriation, d'instrumentalisation et de résistance ".Khalid Lyamlahy, critique littéraire, professeur de littérature à l'Université de Chicago
Augusto Roa Bastos est né en 1917 au Paraguay et y décède en 2005. Il publie toute son œuvre en exil. Yo el Supremo / Moi, le Suprême (roman de la dictature) est son œuvre la plus connue (1974, Buenos Aires). De 1976 à 1996, Roa Bastos vit à Toulouse. Il reçoit le Prix Cervantès, la plus haute distinction littéraire en langue espagnole, en 1989. La première version de la pièce de théâtre Moi, le Suprême, variation de son roman de la dictature, est de 1991. En 1998, l'auteur la remanie et c'est cette œuvre totalement inédite en France qui fait l'objet de cette édition annotée. Le livret de la pièce jouée à Asunción en 1991 constitue un véritable exemple d'écriture de plateau, élaborée par Gloria Muñoz Yegros et Agustín Nuñez, au fur et à mesure que la mise en scène se définissait. Il est également ici mis à disposition du public français.
L'homme du pain nu est une pièce de théâtre qui présente des personnages, parfois simples et parfois complexes, en des temps et des lieux divers et variés, réels ou mythiques et dont l'axe central de l'entreprise est une ville : Tanger.Ben Bouchta fait une analyse fine de sa société, sans aucune entrave, et sans que le sacré ou le politique intervienne. Car derrière le spectacle qu'il nous présente, se dissimule un autre spectacle. Il nous fait croire que les croyances et les enjeux, qu'il analyse, se jouent sur un terrain, dans un temps et avec des personnages qui sont devenus périmés.L'auteur annonce clairement, dans son introduction de l'édition en arabe, son projet:" Il s'agit, dans ce texte, d'une tentative de comprendre la nature de la lutte de l'individu avec son " moi ". C'est une immersion dans la mémoire, une lecture psychologique et le traitement d'un personnage complexe, comme Mohamed Choukri [écrivain marocain qui a écrit un récit Le pain nu, Points, 2018.] qui n'a cessé d'en exposer les désirs et les plaisirs, depuis qu'il est piqué par la malédiction de l'écriture "
La pièce de Derek Walcott, qu'il destinait à une carrière de comédie musicale sur les grandes scènes américaines, était restée dans une boîte d'archives à l'Université des Antilles à Trinidad. L'auteur campe un personnage féminin légendaire, Marie Laveau, prêtresse vaudou, métisse libre. Intrigante manipulatrice, sans grande morale, elle est animée par la détermination obstinée d'atteindre ses ambitions, dont celle d'acquérir une certaine maison blanche, pour son peuple, selon ses dires. Elle n'est pas allée à l'école mais elle a " de la classe ", et devant elle, Lafayette se confond en compliments et en prières, le sorcier Papa Sam perd sa prestance, le prédicateur Paratonnerre est ridiculisé par ses ruses, et les filles dont elle monnaie les services et qui voudraient s'affranchir de sa tutelle ne sont pas de taille. Pourtant elle sauve la peau de son confrère le sorcier et endosse le rôle de libératrice et de salvatrice, et montre qu'elle détient un pouvoir de vie et de renaissance. La scène de la Louisiane au tout début du xixe siècle confronte et marie l'Amérique, la France, l'Afrique et les territoires amérindiens, dans une joyeuse hérésie et la veine carnavalesque qui confère à cette comédie son exubérante et fascinante hybris.
L'auteur fait rejoindre notre temps et son époque à l'échelle de l'universel par "la voie royale" pour paraphraser Freud évoquant l'"autre scène", celle de l'inconscient et du rêve, qui est ici transmutée, déplacée sur la scène du théâtre le temps d'un match.(Majid Safouane, psychanalyste)Cette pièce de théâtre, initialement intitulée Œdipiades, a d'abord été écrite en 2010, suite à une commande de la Compagnie du Jour de Grenoble. Elle a été réécrite, rebaptisée Le match, après avoir valu à son auteur d'être sélectionné en 2012 parmi les six meilleurs dramaturges africains par National Studio Theatre de Londres et Arterial Network.
L'histoire:Un photographe professionnel, reçoit la commande d'un reportage photographique sur Z, jeune femme portant la burqa. Leur relation faite d'attirance et de retrait, d'approches et de reculs, se transforme en une chorégraphie subtile du désir, autour de la visibilité du corps et de l'invisibilité des identités. D'autres personnages (un frère chômeur et dealer et sa sœur cadre active et moderne, un couple fatigué, deux ouvrières l'une femme d'imam et l'autre ex-prostituée) commentent le chassé-croisé entre A et Z, prennent des paris, faisant apparaître des pans de leur propre vie intime.