Une présentation du débat entre Thomas Henry Huxley et William James
Nous croyons que notre esprit dirige notre corps, et par là même nos choix et notre destin. Mais si on en croit les épiphénoménistes, qui défendent la thèse de l'inefficacité causale de l'esprit, tout cela pourrait s'avérer n'être qu'une douce illusion. Le scientifique Thomas Huxley a popularisé cette thèse au XIXe siècle, prenant appui sur les sciences du cerveau. Depuis, l'épiphénoménisme est resté une thèse sulfureuse, mais incontournable en philosophie de l'esprit.Ce volume permet, pour la première fois en français, de reconstituer l'origine du débat suscité par l'épiphénoménisme à partir du texte original de Huxley et de l'une de ses principales réponses. Huxley demande: dans un univers intégralement régi par des lois de causalité physico-chimiques, comment imaginer qu'un esprit invisible et immatériel pourrait agir sur la matière, c'est-à-dire sur notre cerveau? Chaque action volontaire devrait alors être considérée comme une rupture ou suspension temporaire de la loi de causalité matérielle. Ou alors, c'est le cerveau qui dirige notre corps, et les décisions qui y sont prises arrivent à notre conscience dans un second temps, accompagnées de l'illusion d'un choix. Cette option, résolument déterministe et difficilement acceptable pour tout un chacun, s'impose comme étant la seule compatible avec les lois de la nature.Le philosophe William James n'accepte pas cette définition de l'humain comme automate, pourvu d'une conscience réduite au rôle de spectateur. Il entreprend ainsi de répondre à Huxley et propose une autre thèse, avec une conscience résolument agissante tout au long de l'évolution.La querelle de l'épiphénoménisme propose la traduction et la présentation de ces deux textes pionniers, aux enjeux toujours actuels.
La théorie de l'escompte hyperbolique, à l'origine de nombreuses controverses en psychologie, économie et philosophie de l'esprit, a pour origine une étonnante découverte expérimentale: nous dévaluons un événement futur donné selon un taux variable qui dépend de la distance dans le temps de son occurrence attendue. Nos préférences sont donc instables. L'idée même de préférence temporaire va à l'encontre de la théorie conventionnelle de l'utilité, mais offre des solutions radicales aux problèmes qui la minent: pourquoi cédons-nous aux addictions, compulsions, mauvaises habitudes? Qu'est-ce que la volonté? Avons-nous besoin d'un tel concept?Les individus sont alors plus des populations d'agents en négociation que des structures de commandement hiérarchisées. Ce qui donne naissance à ces populations, les contraint, permet de mieux comprendre les conduites et les interactions humaines,les comportements nuisibles ànous-même, l'expérience de notre volonté, l'excès de contrôle, la duperie de soi, l'altruisme, le sadisme, la " construction sociale " des croyances… Nos réponses à la menace de notre propre inconsistance forment le tissu même notre culture.Ce livre intègre allie psychologie expérimentale, philosophie de l'esprit, micro-économie et science de la décision pour explorer notre irrationalité.Cette traduction française s'accompagne d'une longue préface de l'auteur qui remet à jour le contenu de l'ouvrage à la lumière des plus récentes avancées.