Des arts visuels aux arts vivants : empreintes des représentations figurées sur les spectacles antiques ou inspirés de l'Antiquité
L'ouvrage, interdisciplinaire, étudie les références aux arts visuels dans les spectacles antiques et inspirés de l'Antiquité. Une série d'études de cas explore les différentes modalités de ces références et empreintes qui demeurent trop peu étudiées : les chorégraphies et mises en scènes peuvent ainsi reprendre des schémas iconographiques explorés par les artistes pour la représentation d'un mythe donné ; dans d'autres cas, le texte dramatique peut, par des indices linguistiques, entrer en rivalité avec la mimesis picturale ; enfin, les auteurs antiques jouent parfois de références, plus ou moins évidentes, au contexte monumental où devait se dérouler la première performance de leur œuvre.
Ce numéro présente deux parties:- un dossier édité par A.-S. Noel, dont les articles rendent compte du caractère protéiforme et polyvalent de l'objet dans le théâtre grec et latin: ils offrent des perspectives variées sur des objets de diverses natures, issus de la tragédie et de la comédie. Les contributrices s'efforcent de penser ce que la dramaturgie et la théâtralité font aux objets, et potentiellement à leur " vie " ou à leur agentivité, dans des dispositifs théâtraux où les questionnements ontologiques s'ancrent toujours dans le jeu.- un ensemble de trois articles différents qui portent sur d'importants aspects du théâtre antique, ses motifs et sa postérité jusqu'à l'époque contemporaine.
Les études réunies dans ce volume proposent d'aborder la pièce d'Euripide par le prisme de ses personnages, en mettant entre parenthèses le thème amplement travaillé de la comparaison entre les trois "Électre" (Eschyle, Sophocle, Euripide). Le renouvellement inédit des personnages de la saga argienne qu'Euripide opère dans son Électre permet en effet de questionner l'idée aristotélicienne selon laquelle, dans le travail de composition d'une tragédie, la mise en place du schéma narratif prime sur le choix des personnages. Dans cette pièce, ce sont bien les personnages qui changent la donne, tant sur le plan de la narration que sur le plan des valeurs nouvelles qu'ils défendent et incarnent.
Dans son récent Qu'est-ce que la mythologie grecque?, Claude Calame relève " l'inépuisable richesse sémantique et figurée des récits que nous identifions comme mythiques ". Le mythe, par nature polysémique, est ainsi l'affaire de chaque génération qui en hérite et qui le transpose dans des aires culturelles et selon des perspectives nouvelles, recréant ainsi à l'infini sa forme et sa signification.Ce sont les processus à l'œuvre dans cette recréation permanente – assimilation, comparaison, superposition, concaténation mythologique – que nous nous proposons d'étudier dans ce recueil sur la longue durée, de l'Antiquité gréco-romaine au xviie siècle, en France et en Angleterre.
Le monde gréco-romain est associé au logos. Pourtant, le silence y est parfois plus éloquent que la parole: composante ou substitut du discours, laconisme, silence religieux, silence du sage face au tyran, silence pythagoricien, aphasie du philosophe sceptique, absence de voix du texte écrit ou silence d'auteur, toute production discursive est en réalité tissée de silence. Ce volume franco-italien, consacré aux " images et voix du silence " dans l'antiquité, parcourt des pistes encore inexplorées, qui vont du théâtre à la rhétorique en passant par l'iconographie, l'astronomie, la philosophie, l'histoire, en esquissant les linéaments d'une anthropologie du silence antique.
Figure consacrée de la mère infanticide, le personnage de Médée a pourtant connu des incarnations très variées du VIIIe s. av. J.-C. jusqu'à aujourd'hui. Présente dans tous les domaines de la production artistique et de la pensée théorique, elle dépasse les textes et les œuvres qui se sont successivement emparés d'elle, et s'offre au public comme un mythe ouvert aux appréhensions les plus diverses. D'une version à l'autre et dans le choc de ses interprétations contradictoires, Médée constitue un support de création et d'analyse extrêmement malléable. En servant des choix idéologiques et artistiques marqués, elle révèle les intérêts spécifiques à chaque époque et à chaque contexte culturel.
Représentées en 423 av. J.-C. à Athènes, les Nuées sont une des comédies les plus célèbres et les plus controversées d'Aristophane. Elles mettent en scène un Socrate " sophiste ", très différent de celui de Platon, qui dispense des cours contre rétribution dans son école, son " Pensoir ", et enseigne à faire triompher le raisonnement injuste. Les articles présentés dans cet ouvrage, qu'ils portent sur les personnages, les modalités du discours dramatique, les contextes intellectuels et sociaux de l'intrigue ou sa réception française, sont autant de contributions nouvelles à l'interprétation de la pièce.