Dopo il volume di studi Buzzati e il Segno. Narrare il nuovo, con cui si era intrapreso – nel cinquantenario della morte di Dino Buzzati – un percorso critico dedicato all'espressività pittorica e grafica nonché alla commistione di parola e immagine in Buzzati, questo secondo volume, Buzzati e il Segno. Scrittura e visività, oltre a concentrarsi sulle forme narrative e sulla cultura visuale di un'opera quale I Miracoli di Val Morel, si apre a nuovi approcci intermediali, che vedono impegnato il Nostro come librettista d'opera e autore di cronache musicali, quale fotografo, fotoreporter, co-autore di fototesti, o ancora in qualità di autore di cronache d'arte e incisore. Il volume permette peraltro di esplorare la dimensione urbana nell'opera di Buzzati oltre ad altri spazi e spazialità della sua produzione, mediante l'apporto degli strumenti di cultura della visività.La ricchezza del materiale presentato nei due volumi Buzzati e il Segno restituiscono nel complesso un profilo non certamente diverso del Buzzati che si conosceva, ma più frastagliato, polifonico nella diramazione imprevedibile dell'operosità dello scrittore, del talento dell'artista, della complessità dell'intellettuale. Studiare Buzzati sembra pertanto un compito non ancora concluso, soprattutto alla luce dei contributi della sua fortuna, della sua ricezione, delle traduzioni che continuano a proporlo come uno degli autori italiani più conosciuti all'estero. Di qui si dovrà ripartire, mettendo ancora in moto la macchina inesausta dell'immaginazione buzzatiana.
La réflexion critique sur l'univers créatif de Dino Buzzati au cours des cinquante années qui nous séparent de sa mort s'est progressivement élargie de l'analyse initialement réservée à ses textes pour s'intéresser, avec des résultats de plus en plus prudents, à la planète encore largement à explorer de son expressivité picturale. Depuis quelques années, une relecture est enfin en cours, visant son dernier point d'atterrissage, ce mélange délibéré et inextricable de mots et d'images qui a trouvé sa plus grande expression dans ses deux dernières œuvres achevées, à savoir le Poema a fumetti (1969) et I miracoli di Val Morel (1971). Ce premier volume Buzzati e il Segno sera suivi sous peu d'un deuxième.
La présente étude porte sur le parcours idéologique et littéraire de l'écrivaine italienne Anna Maria Ortese (1914-1998) dans les trois grands moments qui caractérisent la période 1937-1965 et selon une méthodologie qui associe approche diachronique et thématique, de façon à mettre en évidence, pour chacune des trois phases considérées, la manière dont l'écrivaine dévoile ses rapports au monde et notamment son rapport au pouvoir politique, à la religion et à la société, aussi bien dans ses recueils que dans ses textes et récits parus en périodiques ou revues mais non encore publiés en volume.L'analyse de recueils et de textes peu ou pas étudiés par la critique permet, dans une première partie de l'ouvrage, de mettre en lumière toute la portée idéologique et polémique du premier recueil ortésien. Dans une deuxième partie, l'analyse entend éclairer une nouvelle période de la production ortésienne?: les années du conflit mondial qui voient Ortese développer des récits fondés sur l'attirance pour le non humain, conséquence d'une aspiration spirituelle mais aussi d'une volonté de s'opposer à une vision du monde anthropocentrique. L'étude, enfin, fait ressortir, dans un troisième temps, la manière dont Ortese traduit dans son écriture son engagement communiste après la guerre, la désillusion politique de la fin des années cinquante et enfin le dépassement de cette désillusion par l'affirmation d'un nouvel espoir d'ordre spirituel et moral, par l'expression d'une vision du monde qui restera fondamentalement inchangée jusqu'à la mort de l'écrivaine, en 1998.
Dans la première moitié du XXe siècle, Curzio Malaparte a traversé l'ensemble du continent européen. Ses voyages lui ont permis d'entrer en contact direct avec des réalités diverses et pourtant unifiées autour d'un patrimoine culturel commun. En questionnant les relations et les dynamiques qui unissent et séparent les pays européens, leurs influences mutuelles et leurs différences, Malaparte – en tant que politologue, journaliste et écrivain – s'est interrogé sur les éléments qui caractérisent l'identité culturelle de l'Europe et sur les raisons de son déclin. Les contributions du présent ouvrage constituent les Actes du tout premier colloque international consacré à Malaparte ayant eu lieu en Italie (Turin, 2019) en collaboration avec plusieurs institutions italiennes et françaises, et explorent la production de Malaparte en suivant le fil rouge de sa réflexion sur l'Europe, en restituant et en analysant le cadre complexe de l'imaginaire littéraire que représente ce paysage. Afin d'élargir l'enquête consacrée à l'écriture propre à cet observateur attentif de l'être humain, de la nature et des idéologies, le concept d'Europe est problématisé dans les chapitres composant ce recueil d'Actes et se déploie suivant une perspective à la fois historico-politique et anthropologico-culturelle.
La richesse de ce volume tient tout autant à la multiplicité des facettes créatives buzzatiennes étudiées (l'écriture romanesque, la nouvelle, le théâtre, la poésie, l'écriture journalistique, la bande dessinée, la peinture) qu'à la variété des méthodologies adoptées par les vingt contributeurs (de l'intertextualité et de l'intermédialité à la critique génétique en passant par les études thématiques, stylistiques ou de type sociologique), méthodologies utilisées pour mieux mettre en lumière les différents aspects de la "crise" chez l'auteur, l'artiste, le journaliste et l'homme Buzzati. Une crise qui peut être celle qui met à mal notre perception habituelle et routinière du monde et des choses par l'irruption d'une possible dimension autre, celle du fantastique. Une crise qui peut être celle des sociétés du désenchantement, par ailleurs frappées par la guerre mondiale, la guerre froide, la contestation générationnelle des années Soixante, les tensions sociales et les violences urbaines qui en découlent, mais aussi profondément transformées par la technologie, le consumérisme ou la modification progressive de la place de l'homme et de la femme dans le tissu social. Crise philosophique, politique ou sociétale, la crise traverse l'œuvre mais également son créateur, Buzzati, que celui-ci soit dans une phase de gestation stylistique ou en proie au questionnement sur sa propre valeur d'écrivain ou de journaliste, ou bien même en conflit avec son éditeur. La crise est enfin, bien entendu, celle de l'homme Buzzati face au temps et à la mort. À travers ce voyage buzzatien auquel l'invite ce volume, le lecteur pourra redécouvrir la richesse et la profondeur d'un monde créatif qui s'est fait l'écho d'un parcours personnel et plus largement des transformations de l'individu et de la société italienne.
Mi chiamo Antonino Calderone est une pièce inédite dans sa version italienne. Elle a été représentée en Italie deux fois mais n'y a jamais été publiée. La présente édition bilingue est la première édition du texte italien et français en absolu. Son auteur, Dacia Maraini, est une des figures majeures de la littérature italienne contemporaine, son œuvre littéraire est très riche?: romans, nouvelles, pièces de théâtre, poésies, narrations autobiographiques, essais. Le personnage de la pièce, Antonino Calderone, est l'un des premiers repentis de la mafia. Né à Catane, en Sicile, en 1935, il est entré à Cosa Nostra en 1962. En 1983, il fuit la Sicile et, à partir de 1987, il collabore avec la justice italienne.La confession d'Antonino Calderone a déjà connu d'autres destinataires?: le juge Giovanni Falcone qui l'a interrogé, Luciano Violante qui l'a questionné pour la commission parlementaire d'enquête sur la mafia et le sociologue italien Pino Arlacchi qui a recueilli et publié son témoignage. C'est la raison pour laquelle nous connaissons déjà son histoire. La pièce est un prolongement de cette histoire, une (ré)écriture qui se veut cathartique et salvatrice pour le personnage, et pour son public.
L'origine de ce livre tient en une observation fort simple : l'édition française a traduit fort peu d'ouvrages d'historiens italiens, et en particulier de médiévistes, alors même que la médiévistique italienne compte comme une des plus créatrices et vivaces de ces cinquante dernières années. Les principaux jalons de cette historiographie méritent d'être enfin connus par un public plus large. De cette constatation est née l'idée d'entreprendre la traduction d'un certain nombre d'ouvrages dus aux plumes de grands spécialistes italiens et ce, en commençant par l'une des meilleures synthèses de recherche sur l'Italie médiévale, une synthèse qui fait encore cruellement défaut pour les jeunes apprentis historiens français.