Plus d'un siècle avant la Loi Guizot, la Lorraine jouissait d'une organisation scolaire qui, si imparfaite qu'elle fût, répondait aux besoins d'une population essentiellement rurale. Fruit de la volonté d'un clergé tenace et éclairé et de pères de famille soucieux de l'avenir de leurs enfants, l'école du village au 18e siècle n'était ni laïque ni gratuite - sauf exception - mais elle était obligatoire là où elle existait. On y enseignait la lecture, l'écriture, le calcul élémentaire, le catéchisme et la civilité.
La haute silhouette de Jules Ferry, avec ses favoris typiques, est familière aux Français. On sait encore, un siècle après, que ce Vosgien de Paris rendit l'école primaire laïque, gratuite et obligatoire, qu'il adjoignit à l'Empire colonial la Tunisie et le Tonkin.
Ce livre veut suivre de l'intérieur les étapes de son existence vibrante. Car, tandis que ses discours livrent le jeu du leader politique sur l'avant-scène, ses lettres, heureusement conservées, font pénétrer dans la conscience d'un homme sensible : il s'analysait avec une finesse subtile et savait communiquer d'un plume très sûre ce qu'il éprouvait.
La Lorraine a-t-elle une vie politique originale ? Ce qui était vrai au début du siècle le reste-t-il aujourd'hui ? Raymond Poincaré, Louis Marin et Robert Schuman étaient-ils, parce que Lorrains, vraiment différents des hommes politiques de leur génération ?
La Lorraine est-elle de droite ? Tous les Français qui regardent la Lorraine de loin en sont convaincus ; tous les Lorrains de gauche voudraient changer cette situation. Par rapport au