La rémunération des mandats politiques n'est pas qu'une simple opération de reconnaissance financière pour un travail accompli, c'est un enjeu démocratique majeur. En effet, l'indemnisation des élus contribue à agir sur les possibilités de s'engager et de se maintenir en politique, tout en évitant la dépendance des élus à d'autres formes de financement potentiellement illicites. Pour autant, l'argent ainsi obtenu par les élus avait, jusqu'à récemment, rarement fait l'objet d'études approfondies. En prenant comme terrain le cas de la France, cet ouvrage interroge les liens entre les élus et leur argent selon trois dimensions complémentaires. La première étudie les conditions socio-historiques qui ont rendu possible le financement des mandats. La seconde montre que le système actuel produit des inégalités dans les possibilités de vivre de la politique. Enfin, un troisième axe rend compte des principes et pratiques de contrôle des usages de l'argent.
En rupture avec une vision dogmatique de la sociologie, Claude Dubar a œuvré pour un regard pluriel qui prend en compte la complexité du social qu'il a analysé dans ses trois niveaux: "les structures qui encadrent la vie sociale"; "les interactions qui réunissent des individus et des groupes"; les "discours, attitudes, croyances personnelles constituées de significations sociales".
Ce regard pluriel, traduit dans des grilles de lecture pertinentes, constitue des repères incontournables dont s'inspirent des chercheurs confirmés dans leurs analyses, des étudiants en sciences humaines et sociales dans leurs travaux universitaires et des praticiens dans l'intelligibilité de leurs pratiques professionnelles. Ce dont témoignent les réflexions, les analyses et les postures tant théoriques qu'épistémologiques et méthodologiques des contributeurs à cet ouvrage qui lui est dédié.
Faire la sociologie politique des groupes professionnels, c'est mettre en lumière les formes variées de leur imbrication avec différents segments de la puissance publique. Cet ouvrage analyse les logiques de pouvoir de ces interdépendances à l'aune de la professionnalisation. La reconnaissance, l'autonomisation et la défense d'un territoire professionnel ou la production de règles et de normes professionnelles autonomes sont le produit de rapports de force qui se jouent entre professionnels mais aussi dans leur relation à l'État. À la croisée de la sociologie et de la science politique, les neuf enquêtes empiriques mobilisées analysent deux phénomènes: la manière dont les détenteurs du pouvoir étatique contrôlent et agissent sur les activités et les groupes professionnels, et le recours différencié à l'État opéré par les groupes professionnels pour maintenir, améliorer et/ou légitimer leur position sociale.
Premier ouvrage de référence de l'œuvre d'Abbott, l'ensemble réunit des traductions de six textes majeurs, des contributions de divers spécialistes qui éclairent ses apports, et une réponse inédite alliant bilan réflexif et nouvelles perspectives.L'ouvrage fournit une bibliographie complète de ses travaux, permettant au lecteur de se repérer dans une oeuvre jusqu'à présent très peu traduite en français.Dans les textes d'Abbott comme dans ceux de ses commentateurs, il est aussi beaucoup question de l'école de Chicago, un courant sociologique pionnier et parmi les plus influents, tant les orientations prônées par Abbott apparaissent liées à une redécouverte et remobilisation de son héritage.
Si, à chaque extrémité du XIXe siècle, Auguste Comte invente le mot de sociologie et Émile Durkheim contribue à lui donner son éclat, la discipline est moribonde au milieu du XXe siècle, oubliée des universités, anémique au CNRS naissant. Ce n'est que dans le courant des années 1970 qu'elle achève de se voir gratifier de tous les attributs qui font une discipline en France, à commencer par des cursus et des filières de recrutement propres, et dans le courant des années 1980 qu'elle reprend son expansion démographique. Comment cette renaissance s'est-elle traduite sur le terrain scientifique? À quoi la sociologie s'intéressait-elle vers 1970? Comment ses intérêts et ses méthodes ont-ils évolué? Le tournant des années 2010 est une période particulière. C'est alors que la première génération d'enseignants et de chercheurs formés comme sociologues par l'université dans les années 1960 part massivement à la retraite. Quel est le legs de cette génération à ses cadets, en matière théorique et empirique? Comment ces derniers se sont-ils emparés de cet héritage, l'ont-ils fait fructifier et l'ont-ils transformé? Cet ouvrage veut aider à répondre à ces questions, en mettant à contribuer ces deux générations sur quinze domaines explorés par la sociologie: stratification, famille, école, religions, travail, genres, économie, politique, monde rural, monde urbain, migration, santé, arts et de la culture, sciences et des techniques, communication et medias.
Comment considérer les effets de la Nouvelle gestion publique (NGP) et des réformes qu'elle inspire sur le travail des professionnels du secteur public? Au centre de ce dossier, cette question est explorée à partir d'enquêtes de terrain, conduites dans le domaine de l'éducation, mais aussi de la santé et de l'action sociale. Les travaux réunis brossent un tableau nuancé et subtil des effets de la NGP sur le travail des professionnels. Quelques lignes de force s'en dégagent. Considérée comme un puzzle doctrinal, la NGP apparaît encore plus variée, voire éclatée, quand elle est étudiée à travers sa mise en œuvre et ses traductions concrètes dans des dispositifs et normativités à visée gestionnaire. La diversité des réformes qui s'en inspirent traduit, classiquement, des spécificités nationales, mais les enquêtes proposées permettent d'identifier de nombreuses autres sources de variations: domaines d'activité, réactions des professionnels, implications des hiérarchies intermédiaires, environnements locaux, etc. Dans leurs déclinaisons localisées, ces réformes rencontrent donc des configurations hétérogènes d'acteurs et de règles, aussi leurs effets ne sont-ils pas directs et mécaniques. Ils témoignent, à rebours, d'une dimension paradoxale ou ambivalente de la NGP.
La notion de travail politique demeure controversée voire suspecte pour les acteurs politiques. Elle est peu utilisée dans les sciences sociales, où l'on raisonne plus volontiers en termes de " métier d'élu " et de professionnalisation politique. Ce livre cherche à décrire ce que font les hommes et femmes politiques et à rendre compte des conditions dans lesquelles ils et elles travaillent.Ce livre met en évidence plusieurs propriétés saillantes du travail politique, montrant que celui-ci ne ressemble ni à l'exercice solitaire d'un pouvoir de décision ni à l'interprétation d'un rôle clairement délimité. Les contours du travail politique sont flous et son contenu est très composite. En effet, il est une activité collective et distribuée, qui mobilise au-delà du cercle des élus une multiplicité d'acteurs et de professionnels agencés en collectifs hybrides. Le travail politique est aussi une activité malléable et difficilement maîtrisable parce qu'elle est peu prévisible, débordante, inséparable d'ajustements et de négociations constantes avec d'autres acteurs, groupes et institutions. Il est encore une activité soumise à de multiples régulations, relevant de cadres juridiques et réglementaires mais aussi des réseaux relationnels et d'interdépendances multiples structurant ce monde professionnel. Il est enfin une activité rythmée par les échéances électorales et indissociable d'une certaine incertitude pesant sur les carrières de long terme.Pour explorer ces pistes, ce livre rassemble des travaux réalisés sur des terrains variés, portant sur des institutions politiques (partis, collectivités territoriales), des collectifs de travail (cabinets ministériels, entourages d'eurodéputés), des détenteurs de fonctions exécutives (vice-présidents de conseils régionaux, maires, élus cumulants), des entourages d'élus (directeurs généraux de service, personnels de confiance). Quatre angles d'analyse sont privilégiés, mettant l'accent successivement sur les expériences et la gestion du travail, sur les modes d'organisation et de division du travail, sur les formes d'appropriation et d'interprétation du travail, sur les carrières et les marchés du travail.
L'un des problèmes les plus cruciaux qui se pose aux sportifs de Haut Niveau (SHN) est la reconversion. Celle-ci constitue une période transitoire particulièrement difficile qui doit être préparée. Le double projet (se former durant la carrière sportive) constitue l'un des processus qui devrait faciliter cette transition. S'il existe, a priori, une volonté politique, maintes fois réaffirmée par différents Ministres et Secrétaires d'Etat, pour que les SHN puissent s'engager dans le double projet, la réalité semble toute autre. Quelques uns anticipent leur reconversion dès leur arrivée dans les centres nationaux ou les clubs professionnels. Construisent un projet professionnel. Suivent des formations. A l'inverse d'autres sont dans l'obligation de trouver des solutions urgentes à l'issue de leurs carrières sportives ou à la suite d'une blessure. La question se trouve donc posée: " Comment interpréter le fait qu'un grand nombre d'athlètes ne s'engage pas dans le double projet malgré les dispositifs mis en œuvre et les discours politiques les y encourageant? ". Pour y répondre 60 SHN appartenant à 5 sports différents et 14 cadres institutionnels ont été interrogés sous forme d'histoire de vie ou de récit de pratique professionnelle. L'analyse révèle un système complexe dans lequel, en l'absence de pilotage institutionnel, se confrontent des stratégies antagonistes et des relations de pouvoir et de domination. Les politiques fédérales se distinguent entre " éthique de la responsabilité " (l'athlète est au centre du projet) et " éthique de la conviction " (seul le résultat sportif compte). Si les SHN subissent de nombreuses contraintes, celles-ci constituent autant d'obstacles que d'excuses à ne pas se former. C'est dans l'histoire singulière de ceux qui ont décidé de se former, parfois à l'encontre de la politique fédérale, que se lisent tout à la fois la volonté et les stratégies mises en œuvre. Les acteurs institutionnels tentent de faire vivre le double projet. Ce dernier étant " imparfaitement défini ", non encadré légalement, leur cadre d'action se trouve considérablement réduit.
Salaire des joueurs faramineux, lois du marché, creusement des écarts entre le football amateur et le football professionnel, problèmes de violence dans les stades... Face à ces nouveaux enjeux, l'Europe peut-elle réguler le football? A la veille de la Coupe du monde en Afrique du Sud, des intervenants de toute l'Europe, chercheurs et universitaires, mais également des représentants du barreau et des institutions (Commission Européenne, UEFA), se sont penchés sur le thème des régulations à l'œuvre dans le football actuel. Depuis l'arrêt Bosman, les mesures prises au sein de l'espace communautaire ont entraîné une transformation du paysage du football dans le contexte d'une économie à la fois mondialisée et soumise aux normes européennes. Cet ouvrage réunit 20 contributions regroupées en quatre thèmes: les supporters et leur gestion, les facteurs, de régulation du football, l'influence conjuguée, du droit et de l'économie sur la recomposition du football européen ; l'art comme outil de réflexion, sur le ballon rond et comme miroir de ces évolutions récentes.