Ce volume contient les actes des deux dernières conférences romaines organisées dans le cadre de SAS en 2013 et 2014. Après avoir examiné des concepts clés (la légitimité, la vérité, la valeur) et des composantes du système de communication (les rituels, le marquage de la ville et du statut social, le système de représentation, le langage politique), il s'est agi de tester la possibilité de construire un modèle général du lien entre la transformation des sociétés politiques dans le cadre de la genèse de l'État moderne et la mutation culturelle de l'Occident latin médiéval, tout en mettant l'accent sur l'un de ses déclencheurs majeurs, la Réforme grégorienne.Ce volume clôt ainsi provisoirement cette recherche sur le fonctionnement et la puissance des mécanismes qui fondent la légitimité du pouvoir et le rendent acceptable dans le cadre d'une sémiotique de l'État moderne telle que les vecteurs du système de communication permettent de l'explorer.
Les mentions de chancellerie du Moyen Âge au XVIIe siècle
Pour faire face à une production d'écrits toujours croissante, les chancelleries et les services administratifs médiévaux et modernes ont pris l'habitude d'apposer sur leurs actes des notes destinées à faciliter et à contrôler le déroulement de leur travail. Qualifiées par les historiens de "mentions de chancellerie" ou de "mentions hors teneur", ces notes sont souvent discrètes, cantonnées aux marges des actes, voire cachées lors du scellage; très brèves, parfois sibyllines, elles peuvent de surcroît être cryptées. Autant de caractéristiques qui ont freiné leur étude, alors même qu'elles incarnent une technique scripturaire essentielle pour les chancelleries. En menant une analyse comparée à l'échelle de l'Occident, le présent ouvrage entend restituer leur rôle dans toute sa complexité. Sont ici examinées les modalités de leur utilisation par divers bureaux d'écriture, en particulier leur mise en forme textuelle et visuelle. Cet examen met en lumière de fréquentes imitations d'une chancellerie à l'autre, qui assurent le succès de cette technique auprès de multiples administrations à travers l'Europe. Cette étude de la diffusion des mentions s'accompagne enfin d'une réflexion sur leur réception par les destinataires des actes qui les portent: conduits à s'interroger sur le sens et l'utilité de ces notes, leurs lecteurs sont bien souvent contraints d'adopter les cadres de pensée des administrations émettrices, ce qui contribue à leur intégration dans les États de la fin du Moyen Âge et de la première modernité. Simultanément, ces mentions étayent l'efficacité des actes où elles sont apposées, contribuant ainsi à légitimer ces écrits et les autorités qui les ont produits. Pour toutes ces raisons, elles sont au cœur d'enjeux juridiques et politiques majeurs.
Autour de l'idée constitutionnelle en Europe (XIIe-XVIIe siècle)
Par constitution, il est convenu d'entendre un texte établissant la forme organique de l'État, et de tels textes n'existent pas avant le XVIIIe siècle. Peut-on alors parler de " constitutions " pour le Moyen Âge? Empiriquement, communes et monarchies avaient des constitutions: aucun texte juridique ne les décrivait, mais elles existaient bel et bien et on en discutait pied à pied les dispositions. Dès qu'ils les ont connues, les juristes et les théologiens ont discuté les constitutions analysées par Aristote dans sa Politique. Nul ne doute cependant du caractère constitutionnel de la monarchie parlementaire anglaise, que l'on considère aujourd'hui comme une constitution coutumière. Une définition trop stricte conduirait donc à passer sous silence certaines situations et expériences déterminantes dans la conceptualisation et l'application d'une idée constitutionnelle dans l'Europe des États qui se met en place à partir du XIIe siècle. Le choix d'une définition plus large s'impose.
Espace, territoire et légitimation du pouvoir (v. 1200-v. 1640)
L'espace est à la fois une réalité concrète, matérielle et mesurable, et une construction sociale et symbolique, ces deux aspects interagissant en permanence. L'Occident latin est certes en ce domaine l'héritier de Rome, mais les conceptions et les pratiques de l'espace ont été bouleversées par la chute de l'Empire et le développement de nouvelles structures politiques où les pouvoirs s'exercent sur les hommes plus que sur les territoires, une notion qui semble s'être temporairement effacée. Dans la perspective du programme SAS qui est celle d'une sémiologie de la naissance de l'état moderne, ce sont moins les signes dans l'espace que les signes de l'espace qui sont étudiés ici. On sait que l'espace est une production sociale et notre conception de l'espace comme surface homogène et mesurable n'est pas celle de la période médiévale et moderne, où l'on oscille sans cesse entre un espace polarisé autour des lieux de pouvoir et/ou des lieux sacrés et l'espace conçu comme territoire. Les communications sont regroupées en quatre thématiques: marqueurs symboliques de l'espace (palais communaux, espaces de pouvoirs, mausolées dynastiques), pouvoirs et symbolique de l'espace (identité civique des communes, contrôle de l'espace impérial, marquage de l'espace économique, retour du territoire), représentation symbolique de l'espace (cartes marines, portulans, vues figurées, usages de la géographie) et perception de la symbolique de l'espace (frontières, écrits administratifs, représentations de la cité).
Consensus et représentation en Europe occidentale propose d'aborder le problème bien connu des institutions représentatives dans l'Europe médiévale et moderne, mais dans une perspective nouvelle, celle du projet Signs and States qui vise à explorer à partir de leurs traces dans le système de communication les éléments du dialogue entre les instances du pouvoir et les membres de la société politique. Dans la mesure où ce qui singularise l'État moderne est qu'il puise sa légitimation dans le consentement de la société politique a ses actions, et notamment à la levée de l'impôt, l'une des caractéristiques de ce type d'État a précisément été le développement d'institutions d'un genre nouveau, " états " et parlements qui s'affirment selon des rythmes et des modalités à partir du xiiie siècle dans différentes régions. Mais le consentement ritualisé qui s'affiche à travers la représentation institutionnelle des groupes sociaux n'est pas un véritable consensus, engageant en profondeur les diverses composantes de la société politique, qui ont d'ailleurs un accès très variable à ces institutions, de larges pans de la société politique n'étant pas représentés bien que soumis à l'impôt. Derrière le consensus affiché, se profile un vaste espace de négociations et d'ajustement, tandis que le dissensus se manifeste souvent violemment par la révolte: l'âge du développement des institutions représentatives est aussi, dans un paradoxe qui n'est qu'apparent, celui pendant lequel la révolte devient un élément quasi permanent et structurel du " dialogue " politique. Après une présentation générale, l'ouvrage comporte des études de cas concernant des pays et des régions divers (France, Angleterre, péninsule ibérique, Italie, Empire, Pays-Bas, Scandinavie, Pologne, Russie) et s'échelonnant du haut Moyen Âge russe au XVIIIe siècle anglais.
Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'État du e siècle au milieu du e siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État: la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État: la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spéci cité de l'Occident latin, clé de l'essor des États modernes européens.
Vérité et crédibilité : construire la vérité dans le système de communication de l'Occident (XIIIe-XVIIe siècle)
Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'État du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et ré exions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État: la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État: la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spéci cité de l'Occident latin, clé de l'essor des États modernes européens.
Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'État du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État: la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État: la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spéci cité de l'Occident latin, clé de l'essor des États modernes européens.
Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'État du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Église et État: la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'État moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'État: la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l'Occident latin, clé de l'essor des États modernes européens.