Bruno Poucet est Professeur des universités en sciences de l'éducation à l'université de Picardie Jules Verne et directeur du centre amiénois de recherche en éducation et formation (CAREF).
Cet ouvrage socio-historique essaie, pour la première fois, de comprendre comment dans une université de taille moyenne, les sciences de l'éducation ont formé des étudiants et produits des recherches reconnues. Mais c'est aussi un livre qui engage une réflexion sur la question de la discipline des sciences de l'éducation : est-elle une discipline autonome ou un croisement de disciplines ? Epistémologie et socio-histoire d'une discipline dans les Hauts-de-France sont ainsi l'objet de ce livre.
Si le métier d'enseignant rencontre aujourd'hui des difficultés multiples, tout en offrant également ses satisfactions, les quinze contributions regroupées ici mettent en perspective les vulnérabilités enseignantes sur la longue durée des XIXe-XXIe siècles, à la fois dans le primaire et dans le secondaire, pour les hommes et les femmes. Certaines difficultés anciennes ont presque disparu (mauvaise installation matérielle, étroite tutelle politique). D'autres, liées à de faibles connaissances disciplinaires, à un manque d'autorité face à la classe ou à des difficultés pédagogiques et didactiques, se maintiennent. D'autres enfin s'affirment avec la massification de l'enseignement et les évolutions sociétales qui modifient la place de l'enfant et de l'adolescent dans la famille et dans l'École. Les mutations accélérées de l'accès aux informations, via les nouveaux médias, modifient aussi la place de l'enseignant alors que les modalités de sa formation ont du mal à se stabiliser.
Cet ouvrage pense l'objet éducation dans sa complexité et montre les tensions qui le traversent, en quatre parties : tensions entre le local, le national et le global, dans la transmission des savoirs, entre le dedans et le dehors, épistémiques.
Cet ouvrage est un dialogue entre des chercheurs venus d'horizon différents (sciences de l'éducation dans ses différentes composantes disciplinaires mais aussi philosophie, littérature, mathématiques, sciences et techniques sportives, psychologie sociale). Les chercheurs ont pensé l'objet éducation dans toute sa complexité et ont montré les tensions qui le traversent. L'ensemble est organisé en quatre parties : tensions entre le local, le national et le global, dans la transmission des savoirs, entre le dedans et le dehors, tensions épistémiques enfin.
Si l'histoire de l'éducation évoque souvent les élèves, elle en fait trop rarement des acteurs à part entière du système éducatif. La place des élèves renvoie pourtant à l'enjeu de la vie en démocratie.L'école est tout autant un moyen pour une société de former, informer et conformer la jeunesse, qu'une institution plurielle façonnée par celles et ceux qui la fréquentent. Ce livre, second tome de la publication d'un vaste travail collectif sur l'histoire de l'enfance et de la jeunesse scolarisées, vise à retrouver les élèves à travers leur adhésion ou leurs contestations de l'ordre imposé par l'école, lui-même changeant, et leur participation à la vie des écoles.Quatorze textes explorent la diversité des sources donnant accès aux actes et aux paroles des élèves de divers établissements. En accordant une place importante mais non exclusive aux dernières décennies du XXe siècle, qui connaissent des développements décisifs, il s'agit aussi de donner toute sa profondeur chronologique à cette histoire.
À l'école primaire de la fin du XIXe siècle, les performances des filles en mathématiques sont inférieures à celles des garçons. Sont-elles privées de "la bosse des maths" ou y a-t-il d'autres raisons à cette situation? L'enseignement mathématique, tel qu'il est défini par les nouveaux programmes publiés à partir de 1881, se veut pratique et cherche également à développer la réflexion. Ces finalités ont-elles été atteintes et dans quelle mesure ont-elles permis d'améliorer les résultats des filles?Cet ouvrage retrace l'histoire de l'enseignement mathématique féminin au primaire par le biais de sa mise en oeuvre dans la Somme. L'auteure s'attache à entrer non seulement dans les classes, mais aussi dans les salles d'examen, pour saisir les enjeux de cet enseignement, les décalages entre le national et le local, précisant ainsi la culture scolaire acquise par ces élèves.
S'il existe de nombreux ouvrages sur l'enseignement supérieur en France, la loi qui fonde l'Université de la seconde partie du XXe siècle n'avait en revanche pas encore fait l'objet d'une investigation systématique. Pour comprendre cette loi, il est d'abord nécessaire de la replacer dans un contexte particulier pour l'enseignement supérieur. Comment le pouvoir gaulliste a-t-il fait face au défi de la massification des étudiants dans les années soixante ? Des projets de réforme ont existé avant la loi Faure mais ils n'apportaient que des solutions conjoncturelles aux problèmes soulevés et aucun n'a eu cette volonté de structuration présente dans la loi Faure. Les événements de 1968 ont cristallisé les interrogations, y compris au plus haut niveau de l'État entre Charles De Gaulle et Georges Pompidou, notamment sur des sujets aussi sensibles que la sélection à l'entrée des formations. L'examen de cette loi " libérale " constitue le second temps de cette analyse : préparation rapide du projet dans un cabinet ministériel en pleine ébullition, débats au Parlement, réactions d'opposition des étudiants de droite. Tout cela aboutit finalement à une loi peu ou mal appliquée, compte-tenu de la réaction des syndicats enseignants, de la mise en œuvre difficile dans les établissements, à Nanterre par exemple, ou encore des difficultés à faire respecter la nouvelle autonomie des universités. Les conclusions auxquelles sont parvenus les auteurs sont paradoxales: on est passé de l'Université aux universités – en regroupant les facultés – en dérogeant aussi parfois à la loi même – par la création d'universités de technologie. Mais surtout la loi Faure a posé des questions encore d'actualité dans l'enseignement supérieur français, telles que le défi de la massification des étudiants ou l'autonomie des universités.