Jean VIGREUX est Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne Franche-Comté. Ses recherches portent sur l'histoire du communisme rural et sur la politisation des campagnes. Il est spécialiste de l'histoire des gauches européennes et de l'histoire de la Résistance. Mai 1968 en Bourgogne. Dijon, EUD, 2018 Histoire du Front populaire : l'échapée belle. Paris, Tallandier, 2016.
Le récit de ce que fut l'expérience communiste en Algérie coloniale, à un moment où les empires coloniaux atteignent leur apogée et où émergent les premiers mouvements de libération nationale.
Dès 1920, le Parti communiste français nouvellement créé voit son influence s'étendre jusqu'à l'Algérie coloniale où des militants socialistes rejoignent massivement la IIIe internationale. Ces derniers, issus de la population européenne de la colonie, doivent alors adopter la ligne résolument anticolonialiste de l'Internationale communiste, sur un territoire résolument hostile à cette idée.
Ce livre reconstitue ce que fut l'organisation communiste en Algérie coloniale, de 1920 à 1939, présente ses militants, leurs mobilisations, leurs liens avec la direction du PCF, à Paris, et avec celle de l'Internationale communiste, à Moscou et la répression à laquelle ils doivent faire face. Surtout, il s'interroge sur la nature même du communisme dans ses dimensions particulières à la société coloniale, dans une période où émergent les premiers mouvements de libération national.
L'ouvrage retrace l'histoire du syndicalisme révolutionnaire aux lendemains de la première guerre mondiale aboutissant à la scission syndicale de la CGT et à la naissance de la CGTU. De la montée des oppositionnels à la direction confédérale, en passant par les grèves de 1919-1920, il retrace la genèse et les débuts de la CGTU dans le contexte révolutionnaire de l'après-guerre. La jeune CGTU est ensuite étudiée dans sa structuration, son implantation et ses liens particuliers avec la galaxie communiste. L'ouvrage s'achève en 1927 à l'apogée du syndicalisme unitaire.
Pour (re)découvrir Pif le Chien et son environnement socio-politique.
Au moment où Pif Gadget vient de renaître en 2021, assez loin de sa culture initiale, l'ouvrage proposé ici donne à lire non seulement la genèse de Pif, mais l'histoire de nombreux personnages et acteurs qui ont nourri cette aventure. Il invite aussi à retrouver l'enfance, la jeunesse et les messages donnés à ce public : une forme d'éducation populaire, pas forcément alternative, ou si l'on préfère une certaine morale proposée aux enfants.
Pif c'est aussi une forme spécifique d'humour, de leçon donnée à ces personnages et aux lecteurs. Ce projet pédagogique vise à mêler l'érudit et le populaire, tout en assumant son orientation politique en proposant souvent de lire l'Humanité. C'est ainsi que l'ouvrage retrace l'histoire de Pif, publié dans le quotidien communiste et d'autres organes de presse liés au PCF.
Un siècle après la naissance du PCF, un essai qui fait revivre et comprendre les mécanismes et les enjeux du Congrès de Tours.
L'ouvrage le Congrès de Tours propose une synthèse sur le 18e Congrès national de la SFIO qui voit la naissance il y a 100 ans, en décembre 1920, de la SFIC (le futur PCF). Revenant sur les enjeux du Congrès dans la suite de la Première Guerre mondiale et des révolutions russes, l'ouvrage propose un récit qui met en scène les différents protagonistes de la scission du parti socialiste né peu de temps auparavant sous l'égide de Jean Jaurès en 1905. Au-delà des figures connues comme Léon Blum, Jean Longuet, Marcel Cachin ou Louis-Oscar Frossard, on retrouve les militantes et militants délégués au congrès. Il s'agit également d'observer ce Congrès dans un contexte national, mais aussi international afin de comparer ce qui se passe en France par rapport aux autres partis socialistes européens et/ou mondiaux. Enfin, l'ouvrage insiste sur la mémoire du Congrès, mémoire forgée au sein des deux camps SFIO et SFIC ou chez les frères ennemis.
Issu d'un mémoire inédit d'une habilitation à diriger des recherches, le livre de Jean Vigreux se propose de présenter l'histoire du communisme rural dans l'entre-deux-guerres. Il s'agit de comprendre un processus de politisation particulier des sociétés rurales en insistant sur les jeux d'échelles (internationale, nationale et locale). Ainsi, cette culture politique est appréhendée des instances du Komintern (Internationale communiste) jusqu'au village. Un dépouillement des archives de Moscou a été complété par un travail dans différents centres d'archives départementales en France pour appréhender au mieux les logiques sociales, politiques et culturelles. Cette recherche invite à penser les formes de mobilisation, d'encadrement, mais aussi les spécificités du communisme aux champs sur le temps long ; un communisme qui rencontre l'idéal mondial et la défense de la petite propriété.