Cette nouvelle traduction de Cymbeline cherche à restituer la poésie et la musicalité du texte de Shakespeare.
Cette nouvelle traduction de Cymbeline, l'une des dernières pièces de William Shakespeare, s'adresse tout aussi bien aux enseignants et étudiants qui cherchent un texte source pour engager un travail de recherche ou d'analyse qu'aux acteurs et actrices qui souhaitent monter la pièce et ainsi rendre visible la parole shakespearienne. Entre tragédie et comédie romantique, la pièce narre les amours contrariées de la belle et pure Imogène, fille du roi de Bretagne Cymbeline, et de Posthumus Léonatus, le jeune homme qu'elle a épousé secrètement et que le courroux royal a promptement banni. L'exil de Posthumus et les diverses péripéties qu'entraîne la séparation des amants se déroulent sur une toile de fond historique qu'animent des tensions entre l'Empire romain et Cymbeline, son vassal : les conflits familiaux font écho aux tensions diplomatiques, l'autorité, la jalousie et la vengeance caractérisant les deux volets de l'intrigue. Cette traduction est traversée par le désir de restituer l'oralité du texte original : la mélodie que les mots portent en germe et font éclore lors de la scansion, les effluves poétiques qui habitent la langue des différents personnages font ici l'objet d'une attention toute particulière afin de rendre compte, le plus précisément possible, d'un rapport au monde et au miroir des mots au cœur de l'écriture de Shakespeare. La préface présente Cymbeline et son contexte, souligne les caractéristiques de la pièce et analyse de façon très imagée les choix opérés pour traduire Shakespeare aujourd'hui
Comment les Marseillaises ont-elles participé à l'essor économique de leur ville aux XVIIe-XVIIIe siècles ? Une nouvelle approche de l'histoire économique et urbaine en Méditerranée. À Marseille, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les femmes occupent une place importante dans le commerce urbain, jusqu'alors grandement occultée par l'historiographie. Des poissonnières des places publiques aux veuves de négociants, des boutiquières aux marchandes de rues, elles participent activement au développement de la cité phocéenne. À rebours de l'image stéréotypée des " criardes ", ces femmes se révèlent inventives dans leurs manières d'agir, capables de contourner les obstacles juridiques, de diriger leurs propres affaires, de prêter de l'argent ou de louer des boutiques, de mener des expertises et de s'imposer dans des secteurs nouveaux. En cela, elles contribuent directement à l'essor économique de la cité portuaire. Ces Marseillaises circulent dans les rues, animent les places et les quartiers, et, par leur travail quotidien, participent à l'approvisionnement comme à la prospérité de la ville. Certaines, à travers la diffusion de produits venus d'outre-mer, prennent part à la mondialisation. En redonnant chair à ces actrices longtemps invisibilisées, cet ouvrage, à la croisée de l'histoire économique, de l'histoire des femmes et du genre, de l'histoire du travail et de l'histoire urbaine, renouvelle notre regard sur la société urbaine et l'économie méditerranéenne d'Ancien Régime. Il montre combien l'histoire du commerce marseillais et de son port, et plus largement l'histoire économique et sociale de la ville, ne peuvent s'écrire sans ces femmes à la fois ordinaires et essentielles, au cœur de l'animation et du dynamisme de la cité phocéenne. Leur contribution, longtemps négligée, apparaît ici dans toute son ampleur.
Les images, en circulant entre arts, textes, médias et cultures, se transforment, s'activent et produisent du sens, à l'époque moderne comme dans la création contemporaine.
Comment les images réinterprètent-elles d'autres images, engendrent-elles des textes, ou sont-elles reconfigurées par eux ? À rebours d'une conception des images comme objets isolés, cet ouvrage explore les relations dynamiques que les images entretiennent entre elles. En mobilisant les notions d'intermédialité, d'intericonicité, d'interculturalité et d'agentivité, les contributions réunies analysent les opérations de réinterprétation, d'hybridation et de resignification qui affectent les images dans leurs trajectoires matérielles, discursives et médiatiques. L'ouvrage articule approches littéraires, visuelles et historiques pour étudier, à partir de cas concrets, de l'époque moderne à la création contemporaine, la plasticité critique des images et la manière dont elles participent à la fabrique des régimes de visibilité. Entre texte et image, art et politique, esthétique et mémoire, les articles réunis dessinent une cartographie des gestes d'appropriation, de citation et de montage par lesquels les images font relation, s'activent, se reconfigurent et produisent du sens. Ce volume propose une réflexion concentrée sur les puissances d'agir des images, sur leur capacité à structurer des affects, à construire des subjectivités et à opérer des reconfigurations symboliques dans des contextes culturels et historiques différenciés.
Cet ouvrage est un dictionnaire de 174 termes de la linguistique, décrits en signes. Illustré par des photographies, il pose les prémices de la linguistique de la langue des signes.
Comment expliquer la grammaire en langue des signes ? Qu'est-ce que la grammaire ? Comment la définir ? Qu'est-ce qu'une langue ? Comment la décrire ? Qu'est-ce que la gestémologie ? Quelle est la différence entre un homosigne et un synosigne ? Qu'est-ce qu'un signe composé ? Qu'est-ce qu'un signe initialisé ? Telles sont les questions linguistiques et épistémologiques qui guident Le signaire de la grammaire. Discours scientifique, objectif, descriptif et non normatif de l'objet langage ou de l'objet langue, la linguistique est une approche scientifique qui tente de décrire le " comment ça marche " de la langue. Comme toute démarche scientifique, elle nécessite une sophistication lexicale. En explorant 174 termes grammaticaux et en rendant le lexique de la linguistique accessible en langue des signes, ce dictionnaire répond à ce besoin. La page de droite présente le signe et la page de gauche définit le terme linguistique, décrivant le signe selon ses différents paramètres. Illustré par des photographies, cet ouvrage est un manuel pédagogique permettant de comprendre la grammaire et les diverses composantes de la description linguistique. Il s'adresse à tout étudiant, interprète, traducteur, pédagogue, enseignant et chercheur (non signeur, signeur débutant ou signeur avisé) ayant une appétence pour la linguistique et la langue des signes. Ce volume pose les prémices d'une véritable linguistique de la langue des signes. Il invite à observer le silence de cette langue en ouvrant les yeux et les mains avec joie et curiosité.
Ce livre explore les effets de la pauvreté sur les rites funéraires, mais aussi les solidarités mises en œuvre pour assurer les funérailles des plus pauvres.
Sommes-nous tous égaux dans la mort, ou bien les inégalités économiques et sociales trouvent-elles, post mortem, un ultime terrain pour s'exprimer ? La pauvreté des défunts ou des endeuillés a-t-elle un impact sur les soins mortuaires et les rites funéraires ? Et comment les sociétés gèrent-elles les dépouilles des plus démunis ? En Europe, depuis la fin de l'époque moderne, le sort des cadavres est progressivement devenu un marqueur des sensibilités funéraires : procurer à chacun des funérailles décentes s'est imposé comme un devoir d'affection. Mais partout, ces impératifs moraux doivent composer avec des contraintes financières. Fondé sur des exemples tirés du cas français et de pays voisins, cet ouvrage explore les multiples façons dont le dénuement et la précarité économiques ont affecté et continuent d'affecter de nos jours les modalités de traitement des défunts, matériellement et symboliquement. Il donne à voir les acteurs mobilisés pour prendre en charge la dépouille des plus pauvres, qu'il s'agisse d'institutions, de collectifs religieux, culturels ou politiques, ou des proches eux-mêmes ; il recense les solutions proposées, allant des dispositifs légaux aux bricolages solidaires, et s'interroge aussi sur leurs limites. Les contributions issues de l'anthropologie sociale, de l'archéologie, du droit, de l'histoire et de la sociologie posent un jalon dans le champ émergeant de la nécro-économie en éclairant un aspect particulier des relations que les vivants entretiennent avec les morts.
Une enquête ethnologique sur l'histoire de la pétanque à New York, à partir d'archives, d'entretiens et d'observations de terrain.
À la croisée de l'anthropologie des jeux et des sports et de l'histoire des migrations, cet ouvrage explore la diffusion de la pétanque aux États-Unis entre la seconde moitié du xxe siècle et le début du xxie siècle. L'autrice, ethnologue, suit le fil des réseaux de boulistes et parcourt les lieux de la pétanque, depuis ses souvenirs d'enfance dans un cabanon provençal jusqu'aux boulodromes new-yorkais, en passant par les terrains éphémères aménagés pour les fêtes du Bastille Day. Son enquête, étayée par des documents d'archives et des photographies, retrace la trajectoire des figures emblématiques ou anonymes qui ont transporté la pétanque de la Provence à New York et accompagné la transformation d'un jeu de boule traditionnel en un sport moderne, mêlant loisir urbain et discipline sportive de haut niveau. Cet ouvrage examine les ressorts sensibles des motivations des joueurs et joueuses qui se rencontrent sur les terrains de boules, au sein des clubs ou à l'occasion des compétitions internationales. La pétanque apparaît dès lors comme un puissant vecteur de sociabilité et de (re)constructions de mémoires collectives. Appréhendée comme un objet de recherche à part entière, la pratique de la pétanque, déterritorialisée de son ancrage d'origine, invite à réfléchir aux dynamiques de convergences migratoires et de négociations identitaires qui contribuent aux manières de " faire " Méditerranée abroad.