Cet ouvrage explore quatre tableaux de Velázquez parmi les plus célèbres, interprétés sous l'angle novateur de l'art de l'allusion.
L'ars allusiva consiste en l'utilisation ingénieuse, par l'artiste, de références à ce qui a déjà été dit ou montré par d'autres. Dans les quatre célèbres toiles à thème mythologique étudiées (La Forge de Vulcain, Mars, Vénus, Les Fileuses), l'ouvrage met au jour un fil conducteur qui, partant d'Homère et d'Ovide, s'étend jusqu'à la culture du xviie siècle et les lieux de sa production qui importaient à Velázquez : la Rome baroque et les cours monarchiques.
Juan de Ávila, canonisé en 1970 et proclamé docteur de l'Église en 2012, est une figure méconnue alors qu'il devrait figurer aux côtés des grands spirituels du Siècle d'or. Les travaux de Marcel Bataillon réunis dans ce livre contribuent à sa redécouverte.
Juan de Ávila, prédicateur, est une figure majeure de l'Espagne du premier XVIe siècle. Dans une Europe bouleversée par les Réformes, il représente un paysage ouvert à de nombreux courants de rénovation religieuse et spirituelle, avant que la Contre-Réforme catholique s'impose. Marcel Bataillon (1897-1977), spécialiste de l'histoire de l'Espagne moderne, s'est beaucoup intéressé à cette figure et s'est efforcé d'en faire renaître la très riche histoire.
Le catholicisme en Europe est devenu, entre 1945 et 1968, un espace de contestation sociale et politique marqué par des tensions entre changement et contrôle, avec prêtres et laïcs comme protagonistes.
Entre 1945 et 1968, le catholicisme en Europe occidentale a vécu une profonde transformation sociale et politique. Prêtres et laïcs ont impulsé de nouvelles formes d'apostolat, défiant les structures ecclésiales et promouvant un renouveau interne. Ce phénomène transnational a redéfini l'engagement chrétien, politisé de larges secteurs sociaux et généré des tensions intra-ecclésiales et avec le laïcat. Les ressources de l'Église, à la fois moteurs de contestation et instruments de contrôle, illustrent l'ambivalence de ce processus.
El Velazquez de Emmanuel Fremiet, entre arte, historia y memoria
Selon une approche inspirée de la " biographie des objets ", cet ouvrage dédié à la statue équestre de Velázquez d'Emmanuel Fremiet propose une recherche originale à la croisée de l'histoire culturelle et des études sur la mémoire. Cet ouvrage retrace le parcours de la statue équestre de Velázquez réalisée par Emmanuel Fremiet à la fin du XIXe siècle. Transférée en 1935 à Madrid, dans les jardins de la Casa de Velázquez, elle a été mutilée pendant la guerre civile espagnole, puis restaurée à la fin des années 1950. Basé sur un travail d'archives approfondi et l'analyse d'images, le livre expose les différentes " vies " de cette œuvre, depuis sa création en France jusqu'aux relectures mémorielles et politiques de Carmen Calvo et Fernando Sánchez Castillo, montrant comment un objet apparemment silencieux peut condenser des questions de mémoire, d'identité et de politique culturelle.
Séparés d'un siècle, Francis Harburger et Bilal Hamdad, artistes résidents à la Casa de Velázquez, dialoguent à la Biennale Écho(s) #2 de Castres. Le premier capture une Espagne minérale et figée, le second explore une expérience vécue et subjective de Madrid.
La Biennale Écho(s) #2 réunit deux artistes résidents à la Casa de Velázquez à près d'un siècle d'intervalle : Bilal Hamdad (né en 1987), dont les toiles réalistes, souvent de grand format, captent l'énergie urbaine en dialogue avec les maîtres espagnols, et Francis Harburger (1905-1988), peintre influencé par Goya et Velázquez, qui capture la fixité des paysages castillans dans ses œuvres, dont certaines ont été spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Ensemble, ils illustrent un siècle d'évolution du regard artistique.
Depuis la fin du XVIIIe siècle, le martyre est une catégorie clef de l'espace politique. Ce livre interroge les continuités et les évolutions dans les perceptions de la mort sacrificielle et de ses usages au sein des mouvements politiques contemporains.
Tout au long de la période contemporaine, les sociétés d'Europe méridionale voient se développer des figures multiples de martyrs politiques, qui fournissent aux divers courants d'opinion des prédécesseurs illustres, utilisés comme outil de légitimation et de pédagogie. À travers une collection de cas d'étude, ce livre a pour ambition de replacer la figure du martyr dans la sécularisation de ces sociétés, à la croisée du politique et du religieux.
Entre 1702 et 1793, onze agents généraux français à Madrid ont façonné la diplomatie commerciale franco-espagnole. Hommes de l'entre-deux, ces experts économiques œuvraient en médiateurs entre intérêts marchands et politiques.
L'alliance entre la France et l'Espagne au XVIIIe siècle, dont le commerce constituait la colonne vertébrale, amena à la création d'une fonction spécifique : l'agent général de la Marine et du Commerce de France. À l'interface entre le monde politique et les milieux d'affaires, pierre angulaire du réseau consulaire français dans la Péninsule, les onze " hommes de l'ombre " qui ont occupé le poste établi à Madrid entre 1702 et 1793 œuvrèrent à la fois en informateurs, négociateurs et médiateurs. L'étude de ces intermédiaires révèle la complexité des interactions croissantes entre les milieux d'affaires, les relations internationales et l'expertise économique.
Ce livre reconstruit la pratique transversale du dévoilement ou apariencia dans l'Espagne de l'époque moderne : tableau vivant dévoilé au théâtre, mais aussi mise en scène rituelle ayant lieu dans les sphères liturgique, politique ou artistique.
Ce livre reconstruit, à partir d'un vaste corpus de sources inédites couvrant la période 1550-1650, une pratique transversale du dévoilement dans l'Espagne de l'époque moderne, dans l'histoire des collections artistiques, des représentations politiques, du faire croire et du théâtre. Le dévoilement, aussi appelé apariencia, met en scène le pouvoir des images, et fait dialoguer l'histoire de l'art avec celle des rituels religieux et politiques.
" Écho(s) " présente le travail de trois artistes contemporains, Eve Malherbe, peintre, Najah Albukaï et Arnaud Rochard, graveurs, aux côtés d'œuvres de la collection d'art hispanique du musée Goya de Castres, et met en évidence leurs multiples résonances.
Les créations d'Eve Malherbe, peintre, Najah Albukaï et Arnaud Rochard, graveurs, trois artistes qu'une année à l'Académie de France à Madrid en 2021-2022 a sensibilisés à la culture péninsulaire, jouent avec les œuvres de maîtres anciens du musée Goya de Castres, contribuant à en mettre en évidence la saisissante intemporalité et donc, l'actualité. À l'inverse, la collection d'art hispanique du musée Goya, en offrant à ces artistes contemporains un écrin de choix, permet d'en appréhender les œuvres autrement, en filiation.