Le catholicisme en Europe est devenu, entre 1945 et 1968, un espace de contestation sociale et politique marqué par des tensions entre changement et contrôle, avec prêtres et laïcs comme protagonistes.
Entre 1945 et 1968, le catholicisme en Europe occidentale a vécu une profonde transformation sociale et politique. Prêtres et laïcs ont impulsé de nouvelles formes d'apostolat, défiant les structures ecclésiales et promouvant un renouveau interne. Ce phénomène transnational a redéfini l'engagement chrétien, politisé de larges secteurs sociaux et généré des tensions intra-ecclésiales et avec le laïcat. Les ressources de l'Église, à la fois moteurs de contestation et instruments de contrôle, illustrent l'ambivalence de ce processus.
El Velazquez de Emmanuel Fremiet, entre arte, historia y memoria
Selon une approche inspirée de la " biographie des objets ", cet ouvrage dédié à la statue équestre de Velázquez d'Emmanuel Fremiet propose une recherche originale à la croisée de l'histoire culturelle et des études sur la mémoire. Cet ouvrage retrace le parcours de la statue équestre de Velázquez réalisée par Emmanuel Fremiet à la fin du XIXe siècle. Transférée en 1935 à Madrid, dans les jardins de la Casa de Velázquez, elle a été mutilée pendant la guerre civile espagnole, puis restaurée à la fin des années 1950. Basé sur un travail d'archives approfondi et l'analyse d'images, le livre expose les différentes " vies " de cette œuvre, depuis sa création en France jusqu'aux relectures mémorielles et politiques de Carmen Calvo et Fernando Sánchez Castillo, montrant comment un objet apparemment silencieux peut condenser des questions de mémoire, d'identité et de politique culturelle.
Séparés d'un siècle, Francis Harburger et Bilal Hamdad, artistes résidents à la Casa de Velázquez, dialoguent à la Biennale Écho(s) #2 de Castres. Le premier capture une Espagne minérale et figée, le second explore une expérience vécue et subjective de Madrid.
La Biennale Écho(s) #2 réunit deux artistes résidents à la Casa de Velázquez à près d'un siècle d'intervalle : Bilal Hamdad (né en 1987), dont les toiles réalistes, souvent de grand format, captent l'énergie urbaine en dialogue avec les maîtres espagnols, et Francis Harburger (1905-1988), peintre influencé par Goya et Velázquez, qui capture la fixité des paysages castillans dans ses œuvres, dont certaines ont été spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Ensemble, ils illustrent un siècle d'évolution du regard artistique.
Depuis la fin du XVIIIe siècle, le martyre est une catégorie clef de l'espace politique. Ce livre interroge les continuités et les évolutions dans les perceptions de la mort sacrificielle et de ses usages au sein des mouvements politiques contemporains.
Tout au long de la période contemporaine, les sociétés d'Europe méridionale voient se développer des figures multiples de martyrs politiques, qui fournissent aux divers courants d'opinion des prédécesseurs illustres, utilisés comme outil de légitimation et de pédagogie. À travers une collection de cas d'étude, ce livre a pour ambition de replacer la figure du martyr dans la sécularisation de ces sociétés, à la croisée du politique et du religieux.
Entre 1702 et 1793, onze agents généraux français à Madrid ont façonné la diplomatie commerciale franco-espagnole. Hommes de l'entre-deux, ces experts économiques œuvraient en médiateurs entre intérêts marchands et politiques.
L'alliance entre la France et l'Espagne au XVIIIe siècle, dont le commerce constituait la colonne vertébrale, amena à la création d'une fonction spécifique : l'agent général de la Marine et du Commerce de France. À l'interface entre le monde politique et les milieux d'affaires, pierre angulaire du réseau consulaire français dans la Péninsule, les onze " hommes de l'ombre " qui ont occupé le poste établi à Madrid entre 1702 et 1793 œuvrèrent à la fois en informateurs, négociateurs et médiateurs. L'étude de ces intermédiaires révèle la complexité des interactions croissantes entre les milieux d'affaires, les relations internationales et l'expertise économique.
Ce livre reconstruit la pratique transversale du dévoilement ou apariencia dans l'Espagne de l'époque moderne : tableau vivant dévoilé au théâtre, mais aussi mise en scène rituelle ayant lieu dans les sphères liturgique, politique ou artistique.
Ce livre reconstruit, à partir d'un vaste corpus de sources inédites couvrant la période 1550-1650, une pratique transversale du dévoilement dans l'Espagne de l'époque moderne, dans l'histoire des collections artistiques, des représentations politiques, du faire croire et du théâtre. Le dévoilement, aussi appelé apariencia, met en scène le pouvoir des images, et fait dialoguer l'histoire de l'art avec celle des rituels religieux et politiques.
" Écho(s) " présente le travail de trois artistes contemporains, Eve Malherbe, peintre, Najah Albukaï et Arnaud Rochard, graveurs, aux côtés d'œuvres de la collection d'art hispanique du musée Goya de Castres, et met en évidence leurs multiples résonances.
Les créations d'Eve Malherbe, peintre, Najah Albukaï et Arnaud Rochard, graveurs, trois artistes qu'une année à l'Académie de France à Madrid en 2021-2022 a sensibilisés à la culture péninsulaire, jouent avec les œuvres de maîtres anciens du musée Goya de Castres, contribuant à en mettre en évidence la saisissante intemporalité et donc, l'actualité. À l'inverse, la collection d'art hispanique du musée Goya, en offrant à ces artistes contemporains un écrin de choix, permet d'en appréhender les œuvres autrement, en filiation.
La lettre constitue un objet dont on découvre depuis peu la richesse. Transmise ou interceptée, archivée, corrigée ou falsifiée, elle sert de support ou d'arme aux grands affrontements du Moyen Âge. Elle est parfois en elle-même matrice de conflits.
De l'Antiquité tardive à la fin du Moyen ?ge, la lettre n'est pas toujours une " conversation entre amis absents " (Cicéron), mais peut être aussi un acte de combat. À l'interface de l'histoire, de la littérature, de la sociologie et de l'anthropologie, ce volume analyse la mise en forme et en mots des lettres en temps de guerre, leur gestion mémorielle ainsi que les conflits proprement épisto-laires, où la violence du stylet n'a rien à envier à celle de l'épée.
Un moment fondateur de l'expérience médiévale du pouvoir d'État en Castille : la privauté ou le choix de l'amitié contre la parenté.
Ce livre offre une analyse à nouveaux frais de la " privauté " (privanza) en Castille au XIIIe-XIVe siècle, afin de préciser le caractère proprement médiéval de la proximité royale. Si cette relation structurée par des liens personnels engendre paradoxalement l'autonomie du gouvernement, c'est parce qu'elle renferme un choix qui fait rupture et participe de la déparentalisation du social au Moyen Âge : celui de l'amitié contre la parenté.