À la croisée théorique de l'écologie sonore, de la phénoménologie et de la sociologie politique, la résonance est ici confrontée à des gestes qui n'en finissent pas de confronter sa temporalité à la constitution d'un espace.
Comment la chute du Mur en 1989 a-t-elle transformé l'art et la littérature en RDA ? Quel regard les artistes portent-ils aujourd'hui, 35 ans plus tard, sur cette période tumultueuse ? Le tournant de 1989/90 a offert l'opportunité de se libérer du contrôle de l'État et du parti et permis l'ouverture, mais en même temps, il s'agissait d'un grand saut dans les profondeurs du capitalisme. Une toute nouvelle conception de l'art a déterminé le marché de l'art. Les galeristes qui proposaient de l'art est-allemand étaient exclu·e·s des foires d'art, parce que les artistes de l'ex-RDA étaient considéré·e·s comme démodé·e·s ou comme des artistes de commande conformistes. Pour les jeunes artistes qui étaient né·e·s après la construction du Mur et ne voulaient plus croire à l'utopie socialiste, la voie était désormais libre. Quelques membres de l'ancienne génération ont eu du mal à accepter le nouvel arbitraire d'un monde de l'art axé sur l'innovation formelle et se sont muré·e·s dans leur ressenti-ment. En revanche, le tournant a été perçu de manière très différente par celles et ceux qui avaient déjà quitté la RDA avant la chute du Mur. Ayant vécu une césure nette, ils et elles s'étaient libéré·e·s de tout sentiment nostalgique vis-à-vis du " cocon " socialiste. Pour eux, la chute du Mur n'était pas une raison de se réjouir ; elle a plutôt déclenché la sensation d'être à nouveau rattrapé·e par le passé. Le colloque franco-allemand explore les bouleversements sociaux et culturels radicaux de l'époque de la réunification. Avec des contributions des spécialistes français·e·s elle apporte une richesse particulière à ce dialogue interallemand, qui est souvent crispé.
La ville en plaques est un livre pluridisciplinaire sur un phénomène exceptionnel, les plaques commémoratives parisiennes. Historiens, littéraires, urbanistes, administrateurs, cartographes explorent ce corpus désormais en ligne sur le site de la ville de Paris. Ces plaques témoignent de l'histoire des faits et des lieux comme de politiques mémorielles en évolution. L'ouvrage invite un large public à en déchiffrer les différentes dimensions de manière globale ou à travers des études de cas.
Dans les films analysés dans ce livre, des témoins prennent la parole pour dire la violence qui s'exerce sur les dominés au sein de nos sociétés. Leurs discours font résonner l'expérience des exclus d'autres époques. Par le film, certains cinéastes (parmi lesquels Chantal Akerman, Peter Watkins, Claire Angelini, Robert Kramer) relient les destinées des " vaincus de l'histoire ". Incarnant à leur tour des témoins qui observent d'un regard inquiet le monde qui les entoure, ces auteurs et autrices font l'hypothèse du témoignage critique.