Ce numéro double de la Revue Fontenelle rassemble onze contributions réparties en deux ensembles. Le premier interroge la relation de Fontenelle à Pascal et propose une édition critique par Anthony McKenna des Réflexions sur l'argument de M. Pascal et de M. Locke concernant la possibilité d'une autre vie à venir. Le second ensemble s'intéresse à l'académicien, tenu pour exemplaire, que fut Fontenelle, et propose une édition critique de quelques lettres échangées entre Fontenelle et Joseph-Nicolas Delisle dans le cadre académique. Le volume s'achève sur une chanson. . . relative à la " Réception du Sieur Fontenelle à l'Académie française ".
Alors que son intérêt pour l'histoire, sacrée et profane, a fait l'objet de nombreuses analyses, aucune étude générale sur l'idée d'histoire dans l'œuvre de Hobbes n'avait encore été menée. C'est une telle étude que se propose ce livre en partant de ce qui, chez Hobbes, se présente comme un " problème de l'histoire " : comment une pensée du droit naturel, qui, en son point de départ emblématique (l'état de nature), exclut la connaissance du fait, manifeste-t-elle, en réalité, un souci profond de l'histoire et de l'historicité de l'homme?
Ce numéro du Courrier du CIBP rassemble :– Une chronique de Dominique Descotes sur les festivités qui ont marquées les 30 années d'existence et d'activité du CIPB.– Trois études sur Pascal : 1) une présentation de l'état des recherches récemment poursuivies sur les papiers originaux et les copies des Pensées en vue de l'édition électronique entreprise au sein du CERHAC. 2) Une reconstitution de l'expérience des liqueurs de Blaise Pascal et, 3) une étude des fragments que Pascal a réunis sous la rubrique " membres pensants " et qui résultent classés dans l'avant-dernière des liasses à titre, c'est-à-dire " morale chrétienne ".
Le spinozisme est par excellence, au XVIIe siècle, la philosophie de la nature – par où s'expliqueraient aussi bien le succès initial de Spinoza auprès des panthéistes et des libertins du XVIIIe, que ses prolongements dans la Naturphilosophie du XIXe, puis dans les diverses entreprises de " naturalisation " du XXe siècle.Et pourtant, chez Spinoza comme dans l'ensemble de la philosophie moderne, la notion de " nature " s'avère bien plus mystérieuse et énigmatique que ne pourrait le laisser croire l'essor soudain, à la même époque, des " sciences de la nature ". Les études rassemblées dans le présent volume, issues des recherches les plus actuelles sur Spinoza, mettent en évidence la complexité, parfois la difficulté, d'une référence à la " nature ", qu'il s'agisse de cosmologie, d'anthropologie, de morale ou de politique. Un miroir des pensées de notre temps ?
Ni philosophe du sujet ni philosophe du moi, Spinoza, on le sait, n'accorde pas à l'homme le statut de substance, mais de mode. Cette désubstantialisation s'accompagne d'une apparente indifférence à l'égard du problème classique de la différence spécifique de l'homme par rapport à l'animal. Dès lors on peut s'interroger sur l'étrange silence de l'Éthique au sujet d'une définition précise de l'essence humaine. À rebours des commentateurs qui ont essayé de reconstituer cette définition à partir des indications de l'auteur, Julien Busse cherche de manière originale à comprendre les raisons pour lesquelles Spinoza n'a pas jugé bon d'en fournir une. Plutôt que la présence, il pense l'absence de définition de l'essence humaine pour montrer qu'elle ne tient pas à une carence, mais qu'elle obéit à une impossibilité. C'est sur la nécessité de l'absence d'une telle définition que Julien Busse invite à se pencher pour en analyser aussi bien les causes que les effets.Professeur agrégé de philosophie, Julien Busse (1961-2008) était membre du groupe de recherche sur Spinoza. Il a participé pendant plusieurs années en tant que doctorant aux activités du séminaire Spinoza à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne.
Jusqu'à Descartes, les rares textes philosophiques consacrés à l'aveugle le considéraient comme nécessairement prisonnier de l'ignorance et envisageaient la cécité comme une privation. Descartes, le premier, conçoit l'aveugle comme le détenteur de lumières dont le voyant est privé.À la fin du XVIIe siècle puis au siècle des Lumières, l'aveugle devient une figure déterminante dans la critique de la métaphysique classique et de la théorie des facultés subjectives. Il est au coeur en particulier du fameux problème transmis par le mathématicien et opticien William Molyneux à John Locke, qui l'expose dans l'Essai sur l'entendement humain : un aveugle de naissance, à qui une opération aurait rendu la vue, saurait-il distinguer un cube d'une sphère, s'il ne pouvait que les voir sans les toucher ?Cet ouvrage propose de façon originale une histoire philosophique de la cécité à travers ses principaux penseurs - Descartes, Berkeley, Diderot, Wittgenstein... - et se clôt par une étude d'Evgen Bavcar, philosophe et aveugle, qui nous confronte au questionnement de la cécité sur elle-même à partir des analyses d'Ernst Bloch.Contributions de :Evgen Bavcar, Marion Chottin, Thierry Drumm, Laura Duprey,Véronique Le Ru, Francine Markovits, Sabine Plaud, Kate E. Tunstall.
Ce numéro présente un aperçu des nouvelles recherches sur Hobbes, entreprises en France ces dernières années. Elles portent sur l'ensemble de la pensée de Hobbes, qu'il s'agisse de sa biographie intellectuelle (Jean Terrel), de sa philosophie de la connaissance (Arnaud Milanese) et du langage (Martine Pécharman), de sa critique du naturel (Éric Marquer), de son ontologie (Dominique Weber), de son approche de la question théologico-politique (Philippe Crignon), de sa politique (Christophe Miqueu), de son activité d'historien (Nicolas Dubos), de sa réflexion sur les problèmes de l'équité (Christophe Béal), du droit (Jauffrey Berthier) et de la justice (Luc Foisneau). Cette publication est la première manifestation publique du " Groupe Hobbes ", rattaché au centre de recherches de l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, Lumières, Nature et Société (LNS).
Le présent recueil contribue à combler une lacune. Il y a quelque chose de choquant à constater à quel point, jusqu'à aujourd'hui, les études littéraires se sont tenues en marge des sciences, alors que la connaissance de Descartes ou de Pascal demeure incomplète si l'on ignore leurs travaux mathématiques. Réciproquement, ce recueil devrait aussi permettre la prise en compte, du côté de l'histoire des sciences, des caractères rhétoriques et littéraires qui marquent les grandes œuvres mathématiques de l'époque classique. Trois mathématiciens majeurs du 17e sicècle, Descartes, Pascal, Fermat, font ici l'objet d'études qui établissent un pont entre les disciplines littéraires et scientifiques.
La valeur de la raison dans la pensée de Pascal est loin d'être évidente. Alors que les écrits scientifiques témoignent d'une rigueur rationnelle remarquable et vont parfois jusqu'à défendre la raison humaine, dans les écrits apologétiques, on observe un changement de style et l'apparition d'une certaine critique de la raison. Comment définir le statut de la raison humaine dans l'ensemble de l'oeuvre de Pascal? Y a-t-il une rupture entre les oeuvres scientifiques et apologétiques, une rupture qui s'exprimerait par la critique de la raison que Pascal exerce dans les Pensées? Ou s'agit-il plutôt d'une redéfinition de l'usage de la raison et de l'élaboration d'une nouvelle rationalité non géométrique et non cartésienne dans les écrits apologétiques ? Cet ouvrage retrace l'itinéraire de la raison, des connaissances naturelles aux connaissances surnaturelles, des mathématiques et de la science de la nature à la théologie et à l'apologétique. Les analyses mettent en lumière la force de la raison chez Pascal, force qui provient de la connaissance claire et humble de ses propres limites et qui prend sa source dans une lumière surnaturelle et la certitude du coeur.