Le travail occupe une place centrale dans les transformations de nos sociétés contemporaines, tout comme les formes d'engagement et de mobilisation qui l'accompagnent. À travers notre sélection d'ouvrages, explorez les enjeux sociaux, historiques et politiques qui éclairent les mondes du travail, leurs évolutions et les dynamiques collectives qui les traversent.
Cet ouvrage, qui est devenu aujourd'hui un classique de la sociologie du travail française, est le fruit d'une enquête empirique par observation participante sur le travail en atelier au sein d'une grande entreprise de la métallurgie lyonnaise dans les années 1970. En rejetant dos à dos la fiction d'une organisation scientifique du travail et les discours misérabilistes sur la condition ouvrière, Philippe Bernoux jette les bases d'une théorie de l'appropriation du travail qui a influencé ensuite de nombreux observateurs des mondes productifs contemporains. Plus que jamais d'actualité, cet ouvrage initialement publié chez Privat en 1981, est enrichi de textes inédits qui permettront de resituer le contexte de cette recherche et d'en saisir les échos contemporains. Cette nouvelle édition éclairera toutes celles et tous ceux qui portent intérêt au travail et à ses mutations (syndicalistes, étudiantes et étudiants, femmes et hommes d'entreprises, etc., et bien sûr spécialistes des sciences sociales du travail).
En 1994, une dizaine de dockers dunkerquois perdent leur travail. Ils lancent alors une coopérative de production pour créer leur propre emploi. Une occasion unique de confronter leurs idéaux politiques d'égalité salariale et de démocratie directe à la réalité sociale. Antoine Tricot poursuit avec ce nouveau livre son expérimentation journalistique sensible et critique. En 1994, après deux ans de grève acharnée, un groupe d'une dizaine de dockers dunkerquois est obligé de faire ses adieux au port. Alors qu'ils font face au chômage et à la déliquescence du collectif de travail dans lequel ils ont vécu pendant des décennies, ils lancent une coopérative de production autour d'une filière bois pour créer leur propre emploi. Une occasion unique de confronter leurs idéaux politiques d'égalité salariale et de démocratie directe à la réalité sociale. De lutte en lutte, leur trajectoire raconte la fin d'un bastion et d'un groupe professionnel historique de la classe ouvrière, celui des dockers, de leur singulier statut d'intermittent et de leur puissante unité syndicale. Mais, loin de suivre les récits enterrant la classe ouvrière, ce petit groupe s'affirme comme un trait d'union entre le temps des grèves ouvrières du XXe siècle et les mouvements sociaux du XXIe. Entre anarcho-syndicalisme, marxisme, mouvement des chômeurs, altermondialisme, économie solidaire, engagement pour les victimes de l'amiante et luttes contre le changement climatique, cette bande de dockers menée par leur leader Louis Monteyne, " personnage " central de ce livre, a tenté de démontrer sans relâche qu'une autre société était possible. Avec ses réussites et ses limites. Antoine Tricot confirme son goût pour une investigation de qualité, en profondeur et empreinte de subjectivité. À la fois critique et sensible, son travail auprès d'un groupe professionnel emblématique d'une certaine forme d'aristocratie ouvrière, les dockers, se situe à un croisement de situations contemporaines. Situations dans lesquelles le capital symbolique des luttes se trouve confronté aux problèmes de la transmission et de la transformation des rapports de force et des nécessaires innovations en matière d'environnement, de sauvegarde des valeurs politiques et sociales et de la conscience écologique. Le livre souligne cette complexité humaine et sociale et ne dérive à aucun moment ni vers une sensiblerie inappropriée ni dans une surévaluation des capacités des protagonistes à maîtriser parfaitement leur situation. Au-delà de cette immersion journalistique (soucieux de recouper ses sources, Antoine Tricot ne néglige aucune piste auprès des témoins et des archives), c'est en écrivain, sensible et attentif aux personnes avec lesquelles il partage ses doutes et ses convictions, que l'auteur s'affirme dans un style très personnel
Alors que le nombre d'inscrits dans le service public d'emploi allemand et français atteint des records historiques, cet ouvrage s'intéresse à leur prise en charge et à leur trajectoire. En comparant l'expérience respective des usagers et des conseillers dans les deux institutions, il explique pourquoi un grand nombre de chômeurs sont dirigés vers des emplois à temps partiel, alors que les conseillers ne sont pas enthousiasmés par cette idée. Il souligne ainsi le rôle du service public d'emploi (sa structuration interne, la division du travail qui y règne et les outils fournis aux conseillers) à l'égard de la précarisation sur le marché de l'emploi. Pour cela, l'auteur mobilise plusieurs mois d'immersion au sein d'agences, des dépouillements d'archives historiques et des traitements de données statistiques. Son ouvrage se singularise par rapport aux enquêtes antérieures sur le service public d'emploi: d'abord, il procède à une comparaison franco-allemande point par point, qui permet de confronter l'expérience concrète qu'en font les publics; ensuite, il permet de comprendre comment la précarité est construite par le biais d'échanges administratifs entre quatre murs.
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