Le sacre du roquefort est l'histoire d'un produit emblématique et d'une aventure entrepreneuriale hors du commun au XIXe siècle. Ce fromage, fabriqué dans le sud du département de l'Aveyron et affiné dans les caves du village dont il porte le nom depuis le XVIIe siècle est à certains égards une énigme. De Tokyo à Millau, il ne laisse personne indifférent et symbolise un certain art de vivre alimentaire, opposé aux dégâts de la " mal bouffe ". Adoré ou décrié, il s'identifie à la France. Certes, il n'est pas seul dans ce cas: le camembert, comme nombre de fromages, le vin, avec le champagne en particulier, sont fréquemment associés au pays de la gastronomie. Cependant, si le succès d'un fromage se mesure à l'aune de sa réputation, force est de constater que le roquefort a parfaitement réussi. Il le doit pour une grande part à Roquefort Société. Comment cette entreprise, née au xixe siècle, a-t-elle réussi à imposer dans l'imaginaire collectif un fromage moisi, veiné de ridules bleu-vert, à l'odeur et au goût très marqués et ce, sur presque tous les continents, alors que le roquefort est toujours affiné dans le sud du département de l'Aveyron? Une telle interrogation est à l'origine de ce livre, qui s'ouvre avec les premiers succès du fromage à la fin du xviiie siècle et s'achève en 1925 avec l'AOC.
Le Patrimoine offre aujourd'hui une grande diversité de sens puisqu'il concerne aussi bien les legs matériels laissés par les anciens que les legs immatériels (traditions, langues, arts vivants, sports).
L'habitat pyrénéen aux époques médiévale et moderne
Ce numéro de Domitia présente deux parties distinctes:- Six contributions sur l'habitat pyrénéen prononcées lors du congrès du groupe RESOPYR qui s'est tenu à San Sebastian en 2008.- Six articles associant histoire et histoire de l'art dans l'étude du Roussillon du XVe au XIXe siècle.
Cette deuxième édition de la Carte archéologique de la Gaule consacré au département du Lot (46) – la première édition date de 1990, permettra de constater ce qu'elle doit au travail pionner de Michel Labrousse et de Guy Mercadier, mais aussi de mesurer le chemin parcouru depuis lors. Tantôt il s'agit des résultats de presque trois décennies d'" archéologie préventive " : découvertes éparses le long du tracé de l'autoroute A20, recherches aussi diverses que fructueuses accompagnant le développement urbain de Divona-Cahors... Tantôt, les nouveautés proviennent d'investigations programmées, acharnées et minutieuses : ainsi nous découvrons le vrai visage archéologique de l'aqueduc de Cahors et le site du Puy d'Issolud-Uxellodunum. Tantôt enfin, c'est le nouveau regard jeté sur des périodes naguère un peu négligées, principalement l'âge du Fer, qui renouvelle l'image que nous nous faisions du passé lointain du département, en ne le limitant plus à un tout petit nombre de sites emblématiques.L'image archéologique et historique du Lot aux périodes anciennes ressort de ce travail profondément modifiée.
Qu'est-ce qu'une minorité et qu'est-ce qu'une nation ? Ces deux termes, apparemment distincts, sont pourtant liés d'un point de vue historique, sociologique et sémantique. Le mot de minorité, qui n'apparaît qu'à une époque déterminée de l'histoire, a souvent été utilisé par un groupe dominant soucieux de définir sa suprématie en désignant un ensemble de personnes porteuses de signes distinctifs "minoritaires". Il en a été ainsi des juifs, des homosexuels notamment. Quant à l'idée de nation, sa définition varie également selon les époques et les groupes étudiés. L'ouvrage étudie l'évolution de la notion de minorité à partir de deux cas de figures. D'une part, les groupes minoritaires religieux — les protestants notamment — et leurs tentatives pour s'intégrer à une communauté d'appartenance nationale. D'autre part, les groupes dont l'appartenance a été mise en cause après l'effondrement des empires multinationaux, les déplacements des frontières et la montée des nationalismes.
Le territoire de l'actuel département du Tarn-et-Garonne était dans l'Antiquité situé dans une zone de contacts entre les peuples celtes de la Gaule du Nord et les Aquitains du sud de la Garonne. Il était donc partagé entre plusieurs civitates. En dehors de quelques communes actuelles qui pouvaient être sur le territoire des Rutènes ou Nitiobroges, la moitié nord de ce département était le domaine des Cadurques (du Quercy) dont César fait des " clients " des Arvernes. Les sites de Cosa et de Fines (au nord et au sud de Montauban) sont à ce titre des vici-frontières de cités. La moitié sud (des fleuves Garonne et Tarn) était surtout occupée par les Volques Tectosages (hormis la partie sud-ouest, qui appartenait aux Lactorates).Sans capitale de Cité, sans autres agglomérations connues que les deux vici signalés, l'actuel département du Tarn-et-Garonne était un territoire rural dont l'activité économique devait être aussi centrée sur les deux importantes voies fluviales que représentaient le Tarn et la Garonne. L'archéologie a montré le rôle essentiel de ces rivières pour l'exportation des céramiques sigillées de la Graufesenque et de Montans notamment.
L'ouvrage est une étude linguistique des principaux noms de lieux historiques des trois provinces basques de France : le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule. À partir des plus anciens témoignages documentaires datés, il est proposé pour chaque nom une étude étymologique conforme aux exigences de la linguistique (principalement la phonétique) basque, mais aussi romane, chaque fois que les noms de lieux ont eu soit une étymologie romane (fait rare) soit une modification des formes étymologiques par contact avec la phonétique romane, (la langue administrative usuelle fut en effet, durant toute la fin du Moyen Âge, le gascon). Le livre se présente comme un "itinéraire toponymique" permettant de passer d'un lieu à un autre selon les voies de communication, et en tenant toujours compte tant de la géographie que des structures et divisions administratives selon lesquelles le territoire basque était, au moins depuis le début du Moyen Âge, politiquement organisé.
L'ouvrage aborde l'étude des travertins, dépôts carbonatés d'origine karstique et qui se sont révélés être de remarquables enregistreurs environnementaux. Trois approches organisent l'ouvrage : tout d'abord, le cadre géomorphologique et naturel du Périgord-Quercy est précisé. Il contient une analyse géomorphologique du Périgord Quercy, précise les héritages paléomorphologiques et le cadre naturel de chaque dépôt. Puis dans un deuxième temps, l'analyse sédimentologique offre un certain nombre de marqueurs contenus dans des dépôts clés au niveau régional, notamment en malacofaune. Le rôle du vivant dans l'édification des dépôts est remis en perspective par le biais des calcimétries et de la composition des dépôts. Enfin dans un troisième temps, c'est le fonctionnement actuel des travertins qui est abordé au travers de l'hydrochimie et de l'hydrodynamique, pour les dépôts de source et de vallées. L'ouvrage se referme sur une synthèse des principaux apports.
Il s'agit d'un manuel pratique qui présente en dix-neuf leçons, à partir d'un choix de textes, ce qu'il faut connaître au sujet de l'ancien occitan (morphologie nominale et verbale, syntaxe…) pour lire les textes littéraires du Moyen Âge sans passer par les traductions françaises. Il s'adresse bien sûr aux étudiants mais aussi aux curieux qui, par goût personnel, veulent découvrir seuls l'ancien occitan ou en approfondir la connaissance/Manual practic que presenta en dètz e nòu leiçons, a partir d'una causida de tèxtes, çò que cal conéisser de l'occitan ancian (morfologia nominala e verbala, sintaxi…) per legir los tèxtes literaris de l'Edat Mejana sens passar per las reviradas francesas. Es lo perlongament e lo complement indispensable de La Lenga del Trobar, precís de gramatica d'occitan ancian, publicat en 1999. L'Iniciacion a l'occitan ancian s'adreiça de segur als estudiants mas tanben als curioses que, per gost personal, vòlon descobrir solets l'occitan ancian o n'aprigondir la coneissença.
Renaissance littéraire et renaissance linguistique en pays de langue d'oc aux 19e et 20e siècles
Le 19e siècle a été, en Europe, "le siècle des renaissances" littéraires et linguistiques. Des langues connaissent alors des formes d'institutionnalisation dont elles n'avaient jamais bénéficié jusque-là, et, de ces langues accédant ainsi à la légitimation culturelle et politique, des traditions littéraires surgissent ou resurgissent. L'urgence des temps s'accompagnait alors d'une résurgence des mots. La renaissance littéraire occitane a fait partie de ce mouvement multiforme, avec ses caractéristiques propres. Elle n'est pas renaissance à partir de rien, mais retour sur une histoire déjà ancienne : celle de ses origines et de ses splendeurs médiévales, dont le souvenir a cependant très tôt été considéré bien davantage comme le signe d'une disparition que comme celui d'une continuité à restaurer. De Fabre d'Olivet, son théoricien, jusqu'à Frédéric Mistral, en passant par le Bordelais Antoine Verdié ou l'Agenais Jasmin, ce manque s'est transformé en désir d'écriture sans relâche travaillé par la question lancinante de la transmission des mots et de son interruption. Au 20e siècle, des écrivains comme Joseph d'Arbaud, Antonin Perbosc ou, plus près de nous, Max Rouquette et Bernard Manciet, ont ancré leur écriture dans cet exil des origines qui est ainsi devenu la forme première de leur expression et de leur imaginaire.