Les algorithmes jouent un rôle de plus en plus important dans notre vie sociale – dans les sondages d'opinion, dans le comportement électoral, dans la publicité. Ils influencent avant tout la manière dont le social peut devenir politique. Nous ne pouvons donc pas nous contenter d'utiliser les algorithmes ou d'accepter leur utilisation, mais nous devons clarifier fondamentalement où et comment nous voulons les utiliser. Ce n'est que si nous les considérons comme politiques et les traitons de manière démocratique que nous ne courrons pas le risque de nous y soumettre et de dépolitiser ainsi la société.
Ce numéro spécial explore les conditions par lesquelles les nouvelles méthodologies de recherche répondent aux enjeux actuels de la communication des organisations. Les articles présentent des méthodes innovantes, reposant sur des technologies émergentes ou non, permettant une analyse immersive des interactions complexes, intégrant des dimensions visuelles, textuelles, participatives et créatives. Au cœur de toutes les contributions, un plaidoyer pour une approche transdisciplinaire à transmettre aux chercheur·e·s, enseignant·e·s et professionnel·le·s en quête de nouvelles perspectives.
Depuis plus de trente ans, documents et données numériques irriguent la société et engendrent de profondes transformations économiques, sociales et culturelles. En faisant leur entrée dans les collections des bibliothèques, des archives et des musées, ces nouveaux objets suscitent une question : celle de l'émergence d'un patrimoine numérique. À l'heure de la mise en données du monde et de l'intelligence artificielle, la connaissance de ce patrimoine et de son histoire est une clef pour comprendre la culture numérique dans laquelle nous sommes désormais immergés. Quelle place les émotions tiennent-elles dans un univers régi par les écrans, les réseaux, les algorithmes ? Qu'avons-nous reçu en héritage, et que transmettrons-nous aux générations futures ? Autant de questions au cœur de cet essai où se mêlent histoire, sociologie, anthropologie et sciences de l'information.
Nouveaux ancrages de la veille en sciences de l'information et de la communication
Depuis la fin des années 1950, la veille, qu'elle soit documentaire, informationnelle ou stratégique, a fait l'objet de nombreuses recherches à l'échelle nationale comme internationale. Ces recherches ont ainsi préparé à la mise en évidence et à la définition de l'intelligence économique comme objet de recherche dès le milieu des années 1990. Si l'apport spécifique des sciences de l'information et de la communication y a été important, cette nouvelle notion a aussi engendré de nombreux débats passant ainsi au second plan les recherches sur la veille et limitant souvent son étude à l'évolution des aspects techniques et professionnels.Le numéro 60 d'Études de communication vise ainsi à réinterroger la notion de veille dans ses multiples formes, pratiques, processus, stratégies. Il s'intéressera en particulier aux méthodologies, théories et épistémologies mobilisées par les SIC pour étudier les usages, les pratiques, les méthodes, les dispositifs propres à la veille.
Le hacking désigne un bidouillage informatique ingénieux, mais aussi une façon de détourner les dispositifs sociaux-techniques et parfois de remodeler les normes. Les pratiques qui en relèvent, hétéroclites, expriment une grande diversité de rapports au politique. Ce numéro de Quaderni en explore certaines facettes, abordant le hacking comme une forme contemporaine d'" intelligence rusée ", selon l'expression fameuse de Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant. Intrusions, offuscations, manipulations, fuites d'informations, blocages voire sabotages : quelles sont les ressources et modes d'actions mis en œuvre ? En quoi le champ numérique se prête-t-il particulièrement à des formes rusées de contournement voire de détournement ? Enfin, comment caractériser les relations de pouvoir auxquelles renvoie le hacking ?
Dans les pratiques médiatiques et les interactions en réseaux
Cet ouvrage engage une réflexion épistémologique originale, dans la lignée des théories de la complexité, des systèmes ou de l'acteur-réseau, afin de susciter des approches inédites et des recherches innovantes sur les pratiques d'Internet et des réseaux. Fruit des 11e journées d'études de TIC.IS (groupe de travail de la Société Française des Sciences de l'Information et de la Communication-SFSIC), cette publication s'intéresse au rapport entre " visibles et invisibles " sur et dans les réseaux. Dans les pratiques médiatiques contemporaines visibles et invisibles, quelles sont les évolutions conceptuelles, techniques et technologiques? Quelles informations ou désinformations circulent dans l'invisible? Quelle est la part de visible et d'invisible dans les informations et dans les processus de construction de l'information? Quelles pratiques en réseaux observe-t-on dans les réseaux socionumériques? Quelles nouvelles formes de médiations patrimoniales s'appuient sur cette dualité? Autant de questions que se propose d'aborder cet ouvrage dans un esprit d'ouverture et de partage d'idées ou de points de vue que nous vous invitons à découvrir.
Formation des usagers, espaces innovants, collaborations transversales: le dossier "Innovations pédagogiques" du BBF explore la façon dont les bibliothèques accompagnent et facilitent les transformations pédagogiques au sein des communautés qu'elles desservent. Une invitation à croiser expériences et réflexions sur l'apport des pédagogies actives, la promotion des compétences informationnelles et le renouvellement des dispositifs d'apprentissage...
p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 8.5px Helvetica}Cet ouvrage, issu des travaux du groupe TIC-IS de la Société Française des Sciences de l'Information et de la Communication, a pour objectif de mettre en évidence de nouvelles approches avec les théories des systèmes, de la non-linéarité et de la complexité, afin d'appréhender plus facilement le développement d'Internet et des réseaux numériques.En effet, l'extraordinaire développement de ces réseaux est marqué par un double mouvement d'expansion et de fragmentation. Les relations entre acteurs évoluent, et s'il est aujourd'hui facile et rapide d'accéder à un large ensemble d'informations, le niveau de qualité des données " disponibles " est inégal.L'ambition de ce volume est d'approfondir la réflexion autour de plusieurs perspectives: comment les informations naissent-elles et circulent-elles? Comment les réseaux évoluentils? Quelles interactions pour favoriser les stratégies économiques, territoriales et/ou professionnelles? Quelles pratiques et/ou usages pour favoriser l'émergence de projets durables? Comment mettre en place une construction collective des connaissances?Les textes réunis témoignent des enjeux de la recherche sur le numérique en sciences de l'information et de la communication: quelles directions? quelles significations? Le Web a-t-il un sens?
Les évolutions techniques récentes du monde agricole sont traversées par des mouvements complexes: la révolution numérique, la redécouverte des processus dits naturels, la simplification des techniques, la recherche de synergies liées aux besoins d'autonomie énergétique.Quels sens donner à ces mouvements d'apparence contradictoire? Nous avons fait le choix dans cet ouvrage de faire dialoguer agriculteurs et chercheurs en sciences humaines et sociales, afin d'appréhender les nouveaux rapports existants entre l'homme, la technique et le vivant.Pour interroger ces évolutions agrotechniques nous sommes d'abord partis de la technique elle-même et de son histoire; puis nous avons fait l'hypothèse que ces évolutions revêtent une multitude de voies possibles dans les processus de production du vivant et dans leur concrétisation à différents niveaux d'interaction.L'exploration collective a porté sur ce qui fonde le vivant et la technique ainsi que sur les représentations qui leur sont associées. Elle s'est poursuivie par la (re)découverte de ces interactions. L'ouvrage montre que cette ouverture des possibles, rendue visible par le croisement des différents points de vue, pourrait conduire à l'invention d'une nouvelle culture technique agricole. C'est au final la situation de l'agriculteur, de son autonomie, de sa place et de son rôle dans les transformations à venir qui constitue la matière centrale de ce livre.AuteursMichel J.-F. Dubois, Alfred Gässler, Michel Griffon, Xavier Guchet, Patrick du Jardin, Fabien Knittel, Erick Lebrun, Aubin Lafon, Michel Lucas, Thierry Ribeiro, Loïc Sauvée
Apparu dans un contexte d'affaiblissement de la démocratie représentative classique, l'Internet offre aujourd'hui à tout un chacun une tribune mondiale de libre expression et transforme virtuellement l'individu en " ecitoyen ". De ce fait, il change radicalement la relation au pouvoir, bouleverse les circuits de décision habituels et induit de nouvelles modalités de participation à la vie politique. Mais s'agit-il d'un complément des pratiques démocratiques traditionnelles ou d'un renouvellement pur et simple de celles-ci? Réalisé par de jeunes chercheurs en droit de l'Université de Perpignan Via Domitia, cet ouvrage apporte des éléments de réponse à cette question par un réexamen des notions classiques de liberté d'expression, d'égalité, de démocratie et d'ordre public appliquées au numérique. Blogs, e-propagande, partis pirates, hacking, cybercriminalité, censure électronique sont ainsi quelques-uns des thèmes portés par une brûlante actualité, sur lesquels les auteurs ont porté leur réflexion.
Les différents auteurs de ce livre tentent de repérer les métamorphoses du sensible en cours, et de comprendre les perceptions sous l'angle de rapports aux phénomènes, aux événements, aux choses qui adviennent.À partir de cette hypothèse d'un mouvement perceptuel caractéristique de la contemporanéité, d'un constat de ses effets importants, le livre invite un certain nombre d'auteurs et de chercheurs de disciplines différentes, à réfléchir sur ce thème. Trois domaines récurrents ont été étudiés : les nouvelles technologies de la communication, les espaces urbains, et les arts contemporains. Chaque texte peut appréhender l'une de ces zones, ou bien les combiner, les agencer entre elles.Pour les auteurs, il s'agit bien de se questionner sur les façons dont les perceptions sont affectées par un contexte contemporain intense, mais aussi de remarquer que le fonctionnement perceptuel a sa propre autonomie, il est un processus en liaison avec la disparité du monde vivant et de la matière.
Décriés comme des espaces d'aliénation ou célébrés comme de nouvelles utopies culturelles et artistiques, le succès relativement récent, en France, des mondes virtuels, tels que World of Warcraft ou Second Life, suscite aujourd'hui un grand nombre d'interrogations autour, par exemple, de la distinction entre réel et virtuel et du risque, selon certains, d'une confusion des genres : des joueurs se marient " pour de faux ", de " vraies " funérailles sont célébrées, des manifestations politiques virtuelles sont organisées… La thèse de " l'escapisme " (de la fuite du réel) est parfois formulée. Plus présente encore dans la littérature mais aussi dans le monde politique, éducatif et médical, la question de l'" addiction aux jeu vidéo " ou de la " cyberdépendance " est fréquemment abordée. Par des sujets de reportages édifiants, les médias se sont emparés de façon spectaculaire de ces nouvelles pratiques de jeu sur Internet autour de leurs méfaits, réels ou supposés. En s'affranchissant d'un certain nombre de paniques morales au profit d'une analyse empirique des pratiques, cet ouvrage propose une ethnographie des mondes virtuels et des habitants qui les fréquentent. Qui sont les joueurs ? Quel âge ont-ils ? Combien de temps jouent-ils ? À quels types d'activité s'adonnent-ils ? De quelles natures sont les relations tissées dans ces univers ? Au-delà d'un simple mais nécessaire compte-rendu sociologique, cet ouvrage a pour ambition d'analyser la notion d'expérience virtuelle, entendue comme ce que ces mondes numériques " font et font faire " à leurs habitants, comment ils sont vécus, quelles significations ils produisent, quels savoirs et compétences ils mobilisent. Derrière l'analyse de ces univers virtuels, la relation entre jeu et apprentissages informels est ainsi interrogée.