Ces actes matérialisent les discussions et échanges qui ont eu lieu lors des Journées Internationales de Réflexion organisées à l'UPVD (du 9 au 11 mai 2007) par le Groupe de Recherches et d'Etudes sur les Noir-e-s d'Amérique Latine (GRENAL-CRILAUP) autour des enjeux de " race/s ". Bien qu'opératoires ces enjeux continuent, y compris à l'université, d'être niés, tenus pour superfétatoires ou sont considérés comme de simples projections.
Le personnage du fossoyeur a été fort peu étudié par la littérature ethnologique. Si le rituel de la veillée mortuaire, l'enterrement et la période de deuil ont fait l'objet de nombreuses études, celui par lequel le défunt traverse les portes de la mort, passe dans l'au-delà, demeure un inconnu. Au début des années 1990, un fossoyeur du Nord de la Martinique, Bati, a accepté de s'ouvrir à Raphaël Confiant et Marcel Lebielle et de leur dévoiler l'univers mystérieux dans lequel il évolue quotidiennement. Ses propos ont été enregistrés sur magnétophone et scrupuleusement reproduits, sans que rien ne soit changé ni aux idées exposées par le fossoyeur ni au type de créole utilisé par lui. Toutefois, l'intégralité de ces entretiens, qui se sont déroulés sur deux ans, ne pouvait, faute de place, être livrée au lecteur. Ce dernier a donc droit ici aux extraits les plus significatifs.Achat de crânes de morts, de clous de cercueil afin de fabriquer des philtres magiques, apparitions de morts en rêve, révélation de trésors enfouis depuis des lustres etc. voisinent avec la description par le menu de ce dur métier de fossoyeur qui trouve de moins en moins d'adeptes. Nul doute que Bati vit dans un monde à part, un monde où la frontière entre la vie et la mort est sans cesse brouillée et où religion chrétienne, croyances négro-africaines et pratiques hindouistes se mélangent allègrement.Il témoigne en tout cas, dans chacun de ses mots, dans ses certitudes et ses hésitations, dans ses espérances et ses déceptions, d'un mode de pensée qui n'existe presque plus aujourd'hui et qui est lié à l'ancien " système d'habitation " qui fut, trois siècles durant, le berceau de notre culture créole.Raphaël CONFIANT
De création récente, les sociétés de la Caraïbe sont issues de la colonisation des Amériques qui s'accompagna de l'extermination de populations amérindiennes, de la transplantation et de l'esclavage de populations d'origine africaine, puis de différentes vagues de migration. Ces sociétés ont su pourtant élaborer des systèmes originaux de représentations du corps et de la maladie qui rendent compte de leur inscription sur un sol nouveau et expriment de nouveaux rapports sociaux. Cet ouvrage étudie plus particulièrement la manière dont, à la Guadeloupe, les savoirs concernant la santé et la maladie constitue un ensemble structuré de représentations et de pratiques qui renvoient à des cosmogonies bien définies. En recourant aux méthodologies de l'ethnobotanique et de l'ethnomédecine, en faisant appel à la cartographie, l'auteure analyse la pharmacopée à base de plantes médicinales et propose une lecture originale du paysage des jardins de case. L'organisation de ces derniers reflète, en effet, la vision du monde de ses occupants, et matérialise dans l'espace le bien-être et les maux du corps, tout comme les relations avec l'entourage et les morts. On découvre ainsi comment, dans une situation de pluralisme médicale et dans un milieu pluriethnique, des thérapeutes et des patients passent d'un système médical à l'autre, sans pour autant abandonner leur vision du monde.
Entre les États-Unis et le Brésil, qui mobilisent très largement l'attention des chercheurs, la Caraïbe prend corps : non pas comme pure localisation géographique, mais plutôt comme lieu d'évolution, de passage, de rencontre. Sous la logique d'une apparente localisation géographique, perce une autre logique, infiniment plus complexe et plus difficile à cerner, dans sa diversité, ses ruptures et ses entrecroisements : une logique du mélange et de l'ouverture. Aujourd'hui, la fécondité de ce champ de recherches commence à être reconnue ; métissages, syncrétismes, synthèses et autres créations ont depuis lors acquis des vertus anthropologiques.
Aux sources des paroles... Il s'agit de décrire les règles de communications sociales qui déterminent les formes de paroles, c'est-à-dire aussi bien les genres de littérature orale que les formes de paroles non catégoriées - la parole ordinaire. Comme la littérature écrite peut voir son espace élargi jusqu'aux limites du journalisme, du "polar" ou du roman de gare, la littérature orale peut s'étendre au-delà des frontières des genres catalogués. ...de Guadeloupe. La plupart des articles traitent des paroles sorties de la bouche de Guadeloupéens du dedans de l'archipel ou du dehors. Au sommaire : J. Rosemain, "Comment parler à Dieu, ou l'action missionnaire pour l'instruction des esclaves pendant l'Ancien Régime" ; R. Honorien-Rostal, "Aux sources des genres au Lamentin" ; D. Rey-Hulman, "L'écriture au féminin (Marie-Galante)" ; A.L. Tessonneau, "Les paroles scripturales" ; I. Césaire, "Un avatar historique du conte guadeloupéen : le récit de type nouveau" ; L. Hurbon, "De la Bible à la parole : oralité et écriture dans les sectes" ; M. Valière, "Se je parle ung peu poictevin, ou "Le parlange os écoles"" ; C. Malamoud, "Parole à voir et à entendre" ; S. Platiel, "Le conte, lieu et source du discours : l'exemple de la société san".