Dans quelle mesure l'héraldique monumentale et l'héraldique numismatique (ou sigillaire) s'éclairent-elles mutuellement? C'est la question posée dans la première partie de ce volume traitant le monument aussi bien comme sujet de la représentation armoriale (le château à trois tours) que comme son support (France du nord et du sud, évêché de Lausanne, ville de Nantes, galerie des Glaces à Versailles).La seconde partie du volume aborde chronologiquement les rapports entre blason et monnaies (ou sceaux) à l'époque médiévale (orient des croisades, couronnes ombrées, manteaux armoriés, livres de changeurs) et à l'époque moderne (monnaies obsidionales de la guerre de Succession d'Espagne, érudition à Vérone, billets de confiance révolutionnaires).
Quelle place le blason tient-il dans l'imaginaire monétaire? Cette question posée dans les précédents volumes d'Héraldique et numismatique l'est à nouveau dans celui-ci, offrant deux études des origines (Flandre et Rome), deux études typologiques (le griffon et la croix double), deux études de synthèse (dynastie portugaise d'Avis et Marseille). La même question est ensuite posée pour les médailles, et surtout, là réside la nouveauté du présent recueil, pour les jetons. À l'origine instruments de compte, ceux-ci voient leurs usages se diversifier, devenant des moyens de propagande où armoiries et devises jouent un rôle non négligeable, ainsi que l'illustrent deux études médiévales (Jean sans Peur, René II de Lorraine) et quatre études modernes (Metz, Bretagne, Louis XIV, recueil du Cabinet des médailles de la fin du XVIIIe siècle à l'ex-libris de Félibien).
Ce second volume d'Héraldique et numismatique, Moyen Âge – Temps modernes étudie comme le précédent l'utilisation du blason dans les monnaies et les médailles, y ajoutant les sceaux. Le parcours commence en France (sceaux et monnaies de Louis IX à Charles V, pieds-forts de Philippe VI, devises des émissions monétiformes à la fin du Moyen Âge et frontispices de thèse au Grand Siècle). Il se poursuit autour de la France (monnaies dans l'orient latin, la Lorraine, la Bretagne, sceaux du clergé portugais). Il s'achève dans les Italies médiévales et renaissantes (Carrara de Padoue, patriarches d'Aquilée, bouclier antique ou écu médiéval dans les médailles du XVe siècle, médailles de Grégoire XIII).
Les monnaies, comme les médailles, sont fréquemment ornées d'images armoriales provenant des autorités qui les émettent. L'étude de la numismatique, médiévale ou moderne, est donc difficilement concevable sans le recours à l'héraldique. Il ne semble pourtant pas exister d'ouvrage d'ensemble, ni national, ni international, fondé sur les rapports entretenus par ces deux sciences. Le présent volume se propose de pallier une telle lacune en réunissant les travaux d'universitaires et de conservateurs de musées, italiens, anglais et français. Il s'articule en deux volets, l'un consacré aux monnaies, l'autre aux médailles. De la France à l'Italie, de la Provence à la Lorraine, la diversité des approches et la variété des résultats y révèlent la richesse de la collaboration entre deux disciplines.