Entre 1702 et 1793, onze agents généraux français à Madrid ont façonné la diplomatie commerciale franco-espagnole. Hommes de l'entre-deux, ces experts économiques œuvraient en médiateurs entre intérêts marchands et politiques.
L'alliance entre la France et l'Espagne au XVIIIe siècle, dont le commerce constituait la colonne vertébrale, amena à la création d'une fonction spécifique : l'agent général de la Marine et du Commerce de France. À l'interface entre le monde politique et les milieux d'affaires, pierre angulaire du réseau consulaire français dans la Péninsule, les onze " hommes de l'ombre " qui ont occupé le poste établi à Madrid entre 1702 et 1793 œuvrèrent à la fois en informateurs, négociateurs et médiateurs. L'étude de ces intermédiaires révèle la complexité des interactions croissantes entre les milieux d'affaires, les relations internationales et l'expertise économique.
Ce livre reconstruit la pratique transversale du dévoilement ou apariencia dans l'Espagne de l'époque moderne : tableau vivant dévoilé au théâtre, mais aussi mise en scène rituelle ayant lieu dans les sphères liturgique, politique ou artistique.
Ce livre reconstruit, à partir d'un vaste corpus de sources inédites couvrant la période 1550-1650, une pratique transversale du dévoilement dans l'Espagne de l'époque moderne, dans l'histoire des collections artistiques, des représentations politiques, du faire croire et du théâtre. Le dévoilement, aussi appelé apariencia, met en scène le pouvoir des images, et fait dialoguer l'histoire de l'art avec celle des rituels religieux et politiques.
Dans le débat sur la réalité des peurs millénaristes et à partir du cas central de la péninsule Ibérique, ce livre propose une relecture des sources haut-médiévales à la recherche du sens et des fonctions de l'attente de la fin des temps pour les chrétiens de cette époque.
L'eschatologie et les discours sur la fin des temps constituent un sujet important de la médiévistique. Dans la péninsule Ibérique, l'étude de Beatus de Liébana a donné lieu à des débats sur l'existence de peurs apocalyptiques liées à l'approche de l'an 800 ou de l'an 1000 ou encore à la suite de la conquête musulmane. Ce livre vise à mieux intégrer la situation ibérique dans un panorama plus large, et à mettre en évidence le caractère savant et la diversité d'une production textuelle et iconographique aux fonctions multiples, qui aborde la fin des temps dans une optique dénuée de toute urgence apocalyptique.
Un examen du parcours de l'auteur jésuite Pedro de Ribadeneyra, personnalité centrale de la Compagnie de Jésus et du marché éditorial de l'époque.
À partir de la trajectoire spécifique de l'auteur jésuite Pedro de Ribadeneyra (1526-1611), à la fois personnalité centrale de la Compagnie de Jésus et écrivain réputé de son temps, cet ouvrage examine les rapports complexes entre écriture, institution religieuse et pratiques littéraires afin d'interroger la figure de l'écrivain religieux au Siècle d'or. Ces recherches, qui se proposent de revoir l'histoire religieuse au prisme de l'histoire culturelle et sociale, illustrent comment la Compagnie de Jésus, institution multipolaire dont le mode d'articulation reposait sur l'écrit — à la fois moyen de négociations et d'ajustements constants — sut s'adapter continuellement pour devenir un acteur clé de la première modernité.
Un moment fondateur de l'expérience médiévale du pouvoir d'État en Castille : la privauté ou le choix de l'amitié contre la parenté.
Ce livre offre une analyse à nouveaux frais de la " privauté " (privanza) en Castille au XIIIe-XIVe siècle, afin de préciser le caractère proprement médiéval de la proximité royale. Si cette relation structurée par des liens personnels engendre paradoxalement l'autonomie du gouvernement, c'est parce qu'elle renferme un choix qui fait rupture et participe de la déparentalisation du social au Moyen Âge : celui de l'amitié contre la parenté.