Comment peut-on réunir Descartes et Kant sous le signe de la finitude, entendue comme la soumission de la pensée humaine à l'intuition sensible ? Descartes n'est-il pas celui qui a prétendu conquérir une connaissance certaine de l'existence de Dieu et de la nature de l'âme indépendamment de la sensibilité ? Et le criticisme ne ruine-t-il pas les prétentions de la métaphysique "dogmatique" cartésienne ? L'ouvrage entreprend de réinterpréter le rapport entre Descartes et Kant, à partir d'une enquête sur le rôle des fonctions sensibles de l'âme, et notamment de l'imagination, dans la connaissance humaine. Il propose à cette fin une réévaluation de la sensibilité en sa figure cartésienne.
Le livre veut répondre à l'une des questions majeures de ce siècle finissant et du millénaire débutant : une constitution moderne peut-elle admettre et reconnaître la diversité culturelle ? Cette reconnaissance culturelle est bel et bien au cœur des conflits les plus insolubles de notre époque (des revendications d'autonomie ou d'indépendance des mouvements nationalistes aux revendications féministes, en passant par la lutte des peuples autochtones pour l'autonomie gouvernementale). Parce qu'elles admettent toutes des présupposés qui proviennent de l'époque de l'impérialisme européen, les écoles actuelles du constitutionnalisme occidental ne peuvent nous offrir aucun outil équitable, pour juger du bien-fondé de ces diverses demandes. L'auteur effectue une étude critique et historique de quatre cents ans de constitutionnalisme européen et non européen, et prête une attention particulière aux populations autochtones d'Amérique, afin de rendre possible une pratique nouvelle : le dialogue entre les diverses cultures doit permettre aux citoyens de s'accorder sur des conventions constitutionnelles, de concilier leurs demandes divergentes et de prendre en compte leurs différences.