Henri Lavondès (1926-1998), récemment disparu, a été de 1976 à 1987 professeur au département d'ethnologie de l'université Paris X-Nanterre. Son parcours de chercheur l'avait conduit auparavant de Madagascar aux îles Marquises, passant des questions de parenté et d'organisation sociale à l'étude des mythes et de la littérature orale, dans une perspective marquée par un structuralisme bien tempéré. Homme de terrain passionné, chercheur d'une rigueur exemplaire, c'est à ce "savant discret" selon le mot de Georges Condominas, dont il fut l'élève, que ses collègues et amis ont tenu à rendre hommage dans le volume. L'ouvrage, qui fait une place importante aux évocations personnelles — Claude Robineau, Georges Condominas, Paul Ottino, Jean-François Baré —, rassemble des contributions réparties en deux volets. Un volet océanien, où des thématiques familières à Henri Lavondès sont revisitées par des chercheurs travaillant sur des sociétés mélanésiennes et polynésiennes — Marika Moisseeff, Brigitte Derlon et Monique Jeudy-Ballini, Marie-Claire Bataille-Benguigui, Alain Babadzan —, précède un second ensemble de textes où un prolongement comparatif est donné aux recherches d'Henri Lavondès depuis des terrains africains et américains — Jacques Galinier, Philippe Erikson, Alfred Adler, Manga Bekombo. Le livre se referme sur une bibliographie exhaustive de l'auteur.
"Ce qui est clair, en revanche, c'est que la harpe libère l'homme de la tyrannie du dispositif fixé une fois pour toutes, tout comme la gestion bien conduite des règles d'alliance le libère de la tyrannie des lignages, de ces échelles infinies d'ascendants auxquelles l'on ne pouvait mettre un terme qu'en transformant un ancêtre réel en fondateur mythique — qui, lui, n'a pas d'ancêtre. Certes une flûte à un trou, un monocorde, permettent de moduler des hauteurs, tout comme le permettait l'arc musical. Mais il est hors de doute qu'à un certain moment, avec l'apparition des pluricordes, l'on s'est mis à penser autrement et, en particulier, indépendamment de la voix".
Le vocabulaire botanique en persan fait un usage important des termes dans la formation desquels intervient l'expression linguistique des parties du corps ; la présente étude leur est consacrée.