Depuis la chute du mur de Berlin, la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance ne sont plus seulement des valeurs véhiculées dans des discours politiques. Des agences de coopération, de grandes ONG, des fondations et des organisations internationales co-produisent des politiques publiques dans un certain nombre de pays en transition afin de réformer leur système politique. Cet ouvrage réunit des études de cas concernant une variété de pays (Afghanistan, Sénégal, Kirghizstan, Cuba, Serbie, Bulgarie, Pakistan, Nigeria, Bolivie, Azerbaïdjan, Indonésie) afin de saisir l'unicité d'un nouveau dispositif de pouvoir transnational qui s'impose à l'échelle mondiale. Ce nouveau dispositif participe-t-il à l'universalisation de la démocratie ou à la généralisation d'une forme de pouvoir transnational inédit ?
Cet ouvrage présente les résultats du programme de recherches pluridisciplinaires et comparatives, financé par l'ANR de 2007 à 2011, portant sur les " Transformations des guerres : dispositifs privés et publics de gestion de la violence ".L'originalité du livre consiste en ce qu'il privilégie les approches empiriques et qualitatives pour repenser, à partir des terrains précis, les mobilisations sociales dans le cadre des conflits violents. Au lieu de partir d'une définition a priori de la guerre, les auteurs ont privilégié de la définir de manière concrète en s'intéressant aux dynamiques d'ancrage des dispositifs guerriers qui émergent. Les enquêtes au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Congo-Brazzaville et en Nouvelle-Calédonie, font écho à celles dans les bureaux du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Europe, en Amérique du Sud (Colombie), en Asie centrale (Afghanistan), et dans les centres de réflexion et de décision (Europe et Amérique du nord) pour interroger le dispositif sécuritaire renforcé face aux " nouvelles menaces transnationales " (frontière Mexique/États-Unis, glacis militarisé Europe/Maghreb).Ces textes permettent de comprendre comment émergent, dans certains contextes, de véritables " dispositifs " sociopolitiques (bandes armées, milices villageoises, groupes vigilantistes, écuries politico-militaires, groupements néo-segmentaires, etc. mais aussi communautés de paix, organisations " humanitaires " de prise en charge des conséquences des conflits, etc.), capables de structurer des réseaux, des savoirs, des normes, des institutions autour de différents registres (guerriers, militaires, sécuritaires et humanitaires) et à différentes échelles du local (du terrain d'affrontement guerrier au terrain de la production des normes dans les officines gouvernementales ou internationales).
L'approche culturaliste, qui fait une distinction catégorique entre le monde occidental et le monde musulman, a refait surface. Cette perspective réifie l'islam comme une force objective et indépendante qui modèlerait les musulmans, leur culture et leurs relations dans leur société et au sein de leur famille. Elle conclut à l'immuabilité de leur structure tant familiale que sociale et politique du fait de la prééminence du facteur religieux. L'ouvrage, issu d'un colloque organisé par l'équipe Monde iranien du CNRS, s'interroge sur la validité de cette approche. Il réunit les contributions d'anthropologues, démographes et sociologues qui examinent le cas de l'Afrique sub-saharienne, de l'Algérie, de l'Inde et de l'Iran. En abordant les questions relatives à la structure patriarcale, aux impacts de l'intervention de l'État, à la place de l'enfant au sein de la famille, aux rapports entre générations, aux processus d'individuation et d'autonomisation, ces contributions soulignent les mutations de ces sociétés et révèlent le facteur religieux comme un facteur parmi d'autres.
L'eau est devenue en quelques années un objet de recherche de première importance où se croisent une multitude de perspectives : économie et agriculture, sources et modes de production, contrôle social et représentations symboliques, artistiques ou religieuses… Nul autre élément, au cours de l'histoire, ne surpasse l'eau en matière de conflits et de médiations sociopolitiques. Du Moyen Âge à la révolution industrielle, on voit par exemple s'opposer des utilisations strictement agricoles (canaux d'irrigation, travaux de drainage et de "bonification") à des emplois énergétiques (moulins à blé, à soie, à papier, foulons, vérins et nombre d'autres machines). Les rapports entre ville et campagne se révèlent tout aussi étroits et tendus. Ainsi, les agglomérations urbaines, qui dépassent le seuil du million d'habitants au cours du 18e siècle, ne peuvent prendre leur essor que grâce à un système de transport et de distribution d'eau adéquat. L'ouvrage considère tous ces thèmes et offre une série d'études qui, de l'Espagne à l'Allemagne, de l'Italie à l'Angleterre, en passant par la France et les Pays-Bas, dévoilent la profondeur historique de l'eau.
L'analyse sociologique des professions a longtemps formé un domaine de recherche de visibilité moindre en France que dans le monde anglo-saxon. Elle répond à quatre critères bien précis : 1) analyse structurale de l'organisation interne d'une profession ; 2) relations de complémentarité ou de concurrence entre professions ; 3) approche socio-économique du travail dans sa relation au marché ; 4) analyse de la classification des professions et, à travers elles, de l'architecture sociale. Dans la foulée de ces investigations, il s'agit surtout de s'interroger sur le bien-fondé des classifications normatives du monde des professions, principalement face à l'évolution du monde du travail. La classification nationale établie par l'INSEE en 1982 est-elle encore valide ? Quels sont les défis que doit relever la sociologie du travail face à l'évolution des marchés ? Telles sont les questions abordées au cours de l'ouvrage.
The volume offers to the reader a multi-faceted dialogue between noted experts from two major agricultural countries, both founding members of the Word Trade Organisation, each one with different stakes in the great globalisation game. After providing the recent historical background of agricultural policies in India and France, the contributors address burning issues related to market and regulation, food security and food safety, the expected benefits from the WTO and the genuine problems raised by the new forms of international trade in agriculture, including the sensitive question of intellectual property rights in bio-technologies. This informed volume underlines the necessity of moving beyond the North-South divide, in order to address the real challenges of the future.
Résultat d'un colloque tenu en 1999, l'ouvrage analyse l'importance et le rôle du discours individuel sous le stalinisme. Contrairement à toute idée reçue au sujet des systèmes politiques despotiques, il apparaît que le stalinisme a encouragé l'expression individuelle sous diverses formes : autobiographie, journal intime, autocritique, etc. Ces pratiques avaient un double but : connaître et reconnaître ses sujets. Cette duplicité se retrouve au cœur même des systèmes politiques coercitifs dont la fonction est, d'une part, de contrôler les individus en leur offrant des formes d'objectivation, d'autre part de leur donner la possibilité de s'identifier comme libres sujets à l'idéologie de l'État. Réunissant une vingtaine de contributions en français et en anglais, l'ouvrage contribue à une compréhension plus nuancée de la dynamique propre à tout régime politique, despotique ou non.