Une approche transversale souvent inédite qui permet de nourrir la pratique historienne et offre notamment aux jeunes chercheurs et étudiants en formation le moyen de mieux situer l'état de la recherche en histoire de la médecine et de la santé aujourd'hui.
Sans souci d'exhaustivité, ce numéro propose plusieurs manières d'écrire l'histoire de la santé aujourd'hui. Il interroge la place des historiens par rapport aux autres disciplines (Léo Bernard et Hélène Leuwers). Il suggère ce que serait un musée idéal d'histoire de la médecine (Nahema Hanafi, Hervé Guillemain, Hélène Leuwers) après avoir dressé un panorama muséographique subjectif et néanmoins assez exhaustif de ce type d'institutions (Nahema Hanafi). Il questionne les manières d'écrire l'histoire de la santé autour des études de cas (Sophie Vasset et François Zanetti) et du point de vue des premiers concernés, les malades (Claire Barillé et Philip Rieder). Il interroge les liens entre histoire de la médecine et histoire des sciences en proposant un décloisonnement des histoires disciplinaires à travers une histoire des médecins (Elisa Andretta et Rafael Mandressi). Ces articles permettront par leur approche transversale souvent inédite de nourrir la pratique historienne et offriront notamment aux jeunes chercheurs et aux étudiants encore en formation le moyen de mieux situer l'état de la recherche en histoire de la médecine et de la santé aujourd'hui.
Une redécouverte du " thermalisme " européen à l'Époque moderne (1550-1850), marqué par la diversité des enjeux (médicaux, sociaux, culturels) et de ses acteurs (reines, baigneuses, apothicaires, évêques, médecins).
Dans le sillage du renouveau des études sur le " thermalisme ", ce numéro revient sur l'usage thérapeutique des eaux minérales dans l'Europe moderne. À partir d'études de cas dans les espaces français, anglais et italien, les contributions éclairent la variété des enjeux de cette manière de soigner et de se soigner dont la longévité intrigue.Entre remède, régime et environnement, l'action de l'eau sur le corps et les maladies fait l'objet de discours et d'usages variés, informés par les contextes économiques, sociaux, culturels ou religieux. Les études rassemblées dans ce volume mettent en lumière une grande diversité d'acteurs : reines, évêques, médecins, baigneuses, inventeurs, apothicaires ou entrepreneurs. La variété des sources étudiées permet d'explorer les multiples facettes de l'expérience du traitement par les eaux, en insistant sur la dimension spatiale et matérielle qui, à l'époque moderne, reste relativement modeste.
L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques ont reconfiguré la notion de données médicales, mais aussi les modalités concrètes de la relation thérapeutique que ce numéro repense dans un temps long (xviie-xxie siècle).
De nos jours, le paradigme du grand nombre (big data) entraîne un renouvellement des représentations médicales du corps et de la relation thérapeutique. L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques s'accompagne de nouveaux imaginaires et rhétoriques soignants. Ces dernières déploient un discours prophétique sur les découvertes scientifiques à venir, sur la capacité des sciences à repousser les maladies et même la mort, à renforcer et normaliser les corps ; l'idée d'une médecine toute puissante, en somme. La " vérité " des corps et la résolution de leurs troubles ne se trouveraient que dans ce qui est pensé comme une double objectivation : traitement de données quantitativement nombreuses et réalisation de l'exercice par une machine non douée d'affects. Ce numéro revient sur ces rhétoriques médicales, saisissant ces promesses intellectuelles et techniques dans le temps long, en les articulant aux relations thérapeutiques qu'elles induisent. Il enquête sur les césures que génère l'émergence des données médicales en grand nombre, comme sur les très fortes permanences de l'idée d'un " progrès " nécessairement obtenu par une mise à distance de la médiation humaine, pour saisir les corps et leurs pathologies.
Ce numéro aborde la variété des rapports que les médecins peuvent entretenir avec la mort, non d'un point de vue théorique, mais du point de vue de la gestion matérielle des corps morts et de l'expertise médicale dans ce domaine.
Ce numéro aborde la variété des rapports que les médecins peuvent entretenir avec la mort, non d'un point de vue théorique, mais du point de vue de la gestion matérielle des corps morts et de l'expertise médicale dans ce domaine. Le XIXe siècle, qui voit les sensibilités funéraires se modifier et les médecins consolider leur statut social, a été particulièrement scruté : les études présentées envisagent la question, en Europe, de la gestion des cadavres du point de vue de la santé publique, de la police sanitaire et de l'hygiène, et des rites funéraires émergents.