Le statut de plus en plus controversé des analyses en termes de " classe sociale " au sein de la sociologie européenne de la fin du XXe siècle fait l'objet de vives discussions dans différentes branches des sciences sociales contemporaines. Dans ce scénario de contestation internationale, l'un des paradoxes les plus intéressants de la sociologie brésilienne est sans doute l'importance qu'elle a toujours plus ou moins accordée aux analyses en termes de classe, souvent d'une manière théorique et avec relativement peu de travaux empiriques.Le thème " classes sociales et rapports de classe " est encore largement ouvert et les possibilités à creuser dans ce domaine restent innombrables. C'est dans cette perspective que le dossier veut poursuivre ici cette exploration par le biais de nouvelles recherches empiriques. Il ne s'agit pas bien sûr de proposer des réponses définitives aux questions soulevées. Il s'agit plutôt d'attirer l'attention sur les rapports de classes en juxtaposant six articles qui envisagent chacun à leur manière une facette du problème.
Ce numéro offre un espace de discussion sur les rapports entre pratique anthropologique et engagement politiques selon deux grandes lignes: en examinant les articulations entre pratique de l'expertise et recherche scientifique ou en s'interrogeant sur les dilemmes moraux qui se posent lors de l'écriture tant des rapports d'expertise que des articles scientifiques.
Comment penser l'altérité à partir des lieux ? Comment la vie sociale s'organise à partir de certains " lieux autres " ? Si l'on peut considérer les lieux comme des modalités spécifiques d'investissements sociaux de la part des individus et des groupes, pourquoi ne pas penser aussi les constructions et les représentations de l'altérité à partir de ces espaces ?
Cette possibilité d'analyse est facilitée par le texte séminal de Michel Foucault, " Des Espaces Autres ", dans lequel il présente la notion d'hétérotopie, qui nous sert ici d'inspiration.
Ce dossier analyse donc 6 espaces sociaux du Brésil urbain contemporain, qui ont tous fait l'objet d'une recherche prolongée de terrain. Il s'agit de proposer une réflexion sur l'agencement singulier de ces lieux, mais aussi sur leur hétérogénéité, et sur la coexistence des espaces sociaux dans le Brésil d'aujourd'hui. On verra aussi comment les différentes disciplines convoquées (anthropologie, géographie, sociologie…) peuvent s'approprier, ou non, cette notion d'hétérotopie.
Le numéro est composé d'un dossier organisé par Marc Bordigoni et Mônica Raisa Schpun et consacré aux Tsiganes au Brésil, avec 4 articles inédits dont 3 écrits par des anthropologues sur des terrains différents (la lecture du sort par des femmes Calon de la région de São Paulo ; la relation entre nomadisme et sédentarité (ethnographie réalisée dans la région sud du Bahia) ; les enjeux politiques et symboliques créés par l'établissement de la Journée nationale des Tsiganes au Brésil. Le quatrième article, écrit par un historien, traite du bannissement des Tsiganes du Portugal vers le Brésil pendant la période coloniale. Les articles du dossier sont suivis de commentaires écrits pas des spécialistes européens qui les mettront en perspective.
Suivant la structure prévue pour la revue, le dossier est suivi par un Varia composé de 3 articles inédits.
Le dossier " Vies d'esclaves " présenté dans le n°1 de Brésil(s) vise à illustrer l'un des derniers " tournants " de la recherche historique brésilienne sur l'esclavage : la découverte par les chercheurs qu'il était possible d'écrire des biographies de personnes ordinaires qui n'avaient laissé que peu de traces dans les archives.Il a pour but d'examiner, par le biais de la biographie, la complexité des négociations dans la société esclavagiste brésilienne entre le XVIIIe et le XIXe siècles.