Depuis 2021, la sécheresse en Roussillon fait les gros titres des journaux régionaux comme nationaux. Certes, cette sécheresse est dévastatrice, mais est-elle vraiment historique ? Et ne fait-elle pas partie des ces catastrophes dites " naturelles " dont l'origine est bien humaine ? Dès lors, quelles seraient les solutions pour y échapper ?
L'actualité est faite en Roussillon d'alertes sécheresse mais la chronique recense depuis 150 ans de nombreux épisodes de ce type et l'on sait depuis longtemps donner une explication météorologique à ces épisodes propres au climat méditerranéen. Penser que le réchauffement en cours, bien réel, est la seule cause de ces accidents est une manière trop facile de s'exonérer d'erreurs de gestion.
Les inconséquences en matière d'aménagement sont flagrantes en Roussillon (comme dans de nombreuses autres régions). Non seulement la ressource hydrique est très sollicitée par l'agriculture, mais elle l'est de façon anarchique. Les usages urbains sont mieux connus ; mais la multiplication des lotissements a conduit des communes à la panne sèche et à un avenir assez sombre.
Enfin, la mesure du risque lié à l'irrégularité climatique n'est pas prise dans sa globalité. En matière d'incendie, la sécheresse est un paramètre parmi d'autres. C'est également vrai pour les désordres dans le bâti qu'aujourd'hui on lui impute exclusivement. Et l'on ne doit pas méconnaître le risque d'un retour des inondations.
Alors que faire ? Avant tout mobiliser les nombreuses connaissances déjà existantes et ne plus se voiler la face en faisant des choix d'aménagement dictés par une réflexion à long terme.
Dans les périphéries métropolitaines, des mécaniciens de rue réparent les véhicules de clientèles paupérisées, hors des cadres réglementaires, et vivent tant bien que mal de cette activité. C'est à eux qu'est consacrée cette enquête exceptionnelle lancée en 2015 dans le quartier de La Plaine, situé entre Aubervilliers et Saint-Denis, qui s'est achevée à Abidjan en 2024. Loin d'être anecdotique, cette mécanique, dite " sauvage " par les pouvoirs publics français, est présente dans de nombreux quartiers populaires anciennement industriels, dont les friches sont peu à peu transformées en immeubles de bureau ou d'habitation, laissant peu de place aux activités informelles.Ces activités, a priori hyper localisées, se révèlent être au coeur de réseaux transnationaux, les mécaniciens de rue étant souvent des migrants, anciens ferrailleurs originaires d'Abidjan, qui manifestent une aspiration à entreprendre et à circuler entre Europe et Afrique, mais dont les mouvements sont entravés par les politiques migratoires.Dans le contexte de politiques ciblant les véhicules anciens, la mécanique de rue est enfin confrontée à une action publique qui, entre disqualification et reconnaissance, a du mal à traiter l'informalité. S'ajoute à cela un déni de la dépendance populaire à la voiture (donc à son entretien à un moindre coût) dans la définition de la ville durable.Cette enquête nous propose de découvrir toutes les facettes de la " mécanique de rue ", à l'échelle d'un quartier comme à celle du monde, à l'échelle humaine comme à celle du capitalisme global.