Cet ouvrage propose une analyse, fondée sur la parole de 22 chercheurs reconnus, de la part de la vie personnelle et intime dans la recherche.
Qui sont les chercheurs ? Sont-ils des hommes et des femmes que définit une supposée objectivité, qui entrent en recherche comme on entre dans les ordres, en se dépouillant de ce qui caractérise leur vie d'humain ? Au-delà du cliché du savant entièrement dédié à ses travaux, en blouse blanche, debout devant une paillasse ou assis devant des montagnes d'ouvrages, comment la vie d'un chercheur, d'une chercheuse, se passe-t-elle,, comment ces gens travaillent-ils, comment leur vocation naît-elle, comment leurs idées se développent-elles, et surtout, quel est le rôle joué par leurs circonstances personnelles dans leur activité de recherche ? Fondé sur des entretiens, cet ouvrage analyse les réponses de 22 chercheurs et chercheuses reconnus, dans de multiples disciplines, à un questionnaire portant sur les liens entre leur recherche et leur vie personnelle. Il interroge l'influence de l'histoire familiale, la nature des liens avec les mentors et les pairs mais aussi avec les étudiants et le public. Ces chercheuses et chercheurs évoquent aussi de leurs fiertés, leurs frustrations, et acceptent de lever un coin du voile sur ce qu'ils conservent d'ordinaire caché au plus profond d'eux-mêmes. Cette part intime s'efface-t-elle devant les enjeux et les exigences de la science, la rigueur des travaux, la constante évaluation des résultats par l'institution et les pairs ? Cet ouvrage se veut ainsi une plongée au cœur d'un angle mort de la recherche, là où se nouent les fils invisibles de la science et de la vie intime.
Ce livre explore les effets de la pauvreté sur les rites funéraires, mais aussi les solidarités mises en œuvre pour assurer les funérailles des plus pauvres.
Sommes-nous tous égaux dans la mort, ou bien les inégalités économiques et sociales trouvent-elles, post mortem, un ultime terrain pour s'exprimer ? La pauvreté des défunts ou des endeuillés a-t-elle un impact sur les soins mortuaires et les rites funéraires ? Et comment les sociétés gèrent-elles les dépouilles des plus démunis ? En Europe, depuis la fin de l'époque moderne, le sort des cadavres est progressivement devenu un marqueur des sensibilités funéraires : procurer à chacun des funérailles décentes s'est imposé comme un devoir d'affection. Mais partout, ces impératifs moraux doivent composer avec des contraintes financières. Fondé sur des exemples tirés du cas français et de pays voisins, cet ouvrage explore les multiples façons dont le dénuement et la précarité économiques ont affecté et continuent d'affecter de nos jours les modalités de traitement des défunts, matériellement et symboliquement. Il donne à voir les acteurs mobilisés pour prendre en charge la dépouille des plus pauvres, qu'il s'agisse d'institutions, de collectifs religieux, culturels ou politiques, ou des proches eux-mêmes ; il recense les solutions proposées, allant des dispositifs légaux aux bricolages solidaires, et s'interroge aussi sur leurs limites. Les contributions issues de l'anthropologie sociale, de l'archéologie, du droit, de l'histoire et de la sociologie posent un jalon dans le champ émergeant de la nécro-économie en éclairant un aspect particulier des relations que les vivants entretiennent avec les morts.
Les vivants prennent soin des morts par des rites funéraires. Mais il arrive que ceux-ci ne soient pas respectés : en temps de crise, ou parce que les morts n'en sont pas jugés dignes… Ce livre offre un panorama du traitement perturbé de ces morts qui dérogent.
Les sociétés européennes ont construit, depuis le XIXe siècle, un régime funéraire qui a placé le corps au centre des soins que les vivants prodiguent aux morts et qui s'articule autour de la tombe et du cimetière. Il arrive pourtant que des corps se voient privés de ces soins ou que leur mise en œuvre soit perturbée, intentionnellement ou pas. Ce livre offre à travers quelques cas de figures exemplaires un panorama de ces morts qui dérogent à la norme funéraire. Ces écarts à la norme peuvent procéder du statut marginal ou exceptionnel des morts : mort-nés, criminels exécutés, morts anonymes, icones politiques ; dans d'autres cas, ils peuvent découler des circonstances anomiques où la mort est survenue : temps de guerre, épidémies, catastrophes industrielles ou massacres ; l'a-normalité peut enfin se nicher au cœur des pratiques mêmes dont le corps est la cible : nécrophilie, crémation, exhumation, inhumation hors cimetière. Pour chacun de ces cas de figure, les textes réunis ici s'attacheront à montrer en quoi le processus funéraire est suspendu, dévoyé, dégradé voire subverti, et à évaluer l'impact de ces dissidences sur les sensibilités contemporaines ; mais aussi à repérer les efforts, même minimes, pour réparer, rétablir un semblant de normalité dans les funérailles, ainsi que d'identifier les acteurs impliqués dans les deux cas.