Le cheval du Limousin a toujours été doté d'une grande et très ancienne réputation, a toujours été décrit comme le prototype du cheval élégant et solide, vaillant au combat et parfaitement adapté à ses conditions de vie. Au fil des siècles, sa supériorité comme cheval de selle idéal pour l'écuyer, le propriétaire noble et l'officier de cavalerie légère a été soulignée et entretenue par tous les polygraphes équestres. Si l'importance prise par la voiture puis la disparition de la cavalerie ont fait chuter les effectifs, les chevaux de selle ne disparaissent pas pour autant du Limousin. Au travers des courses de plat et d'obstacles, qui ont débuté très tôt, de la chasse au sanglier et au loup, des challenges de tous niveaux que s'imposent les militaires, les chevaux limousins se retrouvent vite au centre des nouvelles activités appelées aujourd'hui sports équestres ou de loisir. C'est cette histoire que l'ouvrage retrace au travers de différentes contributions d'historiens.
Comment peut-on se sentir Limousin ? Des réponses ont ici été fournies par quelque trente historiens dont des spécialistes d'histoire de l'art, du droit, de la géographie historique, des linguistiques, des spécialistes de la politique et du tourisme, et enfin des folkloristes. Ils ont étudié comment on est passé, à travers les vicissitudes de l'histoire et de la géographie politique, du pays des Lémovices à la région Limousin aujourd'hui. Avec leurs sources, leur culture et leur réflexion personnelles, les auteurs montrent comment ces deux anciennes notions de pays et d'identité ont été revisitées et sont plus que jamais d'actualité, comment elles se sont enrichies au fil du temps de nouveaux marqueurs. Depuis saint Martial, cher aux troubadours et aux chroniqueurs, jusqu'au développement original d'une tradition de gauche, d'un communisme rural ou la création d'une race bovine limousine. Une histoire des mentalités dans laquelle les drames contemporains donnent une nouvelle actualité aux drames anciens et en ravivent le souvenir dans la mémoire collective, le massacre d'Oradour renvoyant au sac de la cité de Limoges en 1370. Autant d'épisodes qui fortifient un amour du pays contrepoids de sa mauvaise image. Car l'opposition entre deux Limousins, "pauvre pays… bon et fertil" est une constante à la fois dans l'esprit des Limousins comme sous la plume et dans les jugements des gens d'ailleurs. C'est sur ce "Limousin noir, Limousin rose" que conclut Alain Corbin.
Depuis la publication remarquée de deux catalogues, les enquêtes sur Saint-Martial de Limoges se sont multipliées, sans être toujours connues. En effet, en raison du nombre et de la qualité des manuscrits conservés, des médiévistes renommés de tous pays considèrent l'abbaye comme un lieu-clé. Dans le domaine monumental, les vestiges in situ ne semblaient pas à la hauteur de cet atout ; pourtant, les sanctuaires latéraux, les dix-huit chapiteaux récemment découverts, l'état des recherches en matière d'art roman ou gothique nécessitaient une nouvelle mise en lumière. S'il reste bien des investigations à mener, souvent suggérées ici, et si le recueil ne prétend pas à un diagnostic définitif sur le rayonnement du monastère urbain, au moins la perspective interdisciplinaire a-t-elle constitué un outil nouveau et efficace d'exploration de l'histoire. Grâce à cette dynamique, le lecteur dispose d'un tableau brossé à petites touches montrant qu'on ne peut pas séparer les événements, leurs récits soigneusement élaborés, les stratégies politiques à échelle locale ou plus large, le culte des reliques, les processus d'éducation et de transmission, la construction en pierre, la production artistique, musicale ou littéraire.
Limoges et le Limousin sont à quarante relais de poste de Paris, quatre cents kilomètres d'aujourd'hui à peu près, mais qui peuvent compter double, voire triple au 18e siècle. De la capitale du royaume à celle des pays limougeauds, la distance physique compte mais moins que l'éloignement culturel et la transformation mentale qu'impose un environnement géographique, économique et social, la découverte de l'étrangeté. Le présent ouvrage recense et catalogue la production imprimée entre le 5 août 1788 (annonce de la Convocation des États généraux) et le 18 brumaire an VIII, dans une contrée qui, à la fin de l'Ancien Régime, conjugait une tradition d'imprimerie, vieille de plus de trois siècles, avec des taux d'anaphalbétisme parmi les plus élevés du royaume. Une première partie est conçue comme un état actuel des connaissances sur diverses questions ayant toutes un rapport étroit avec l'imprimé, depuis le stade de la fabrication du support — le papier — jusqu'à celui des consommateurs — le lectorat —. La seconde partie comprend le catalogue des pièces sorties des ateliers d'Aubusson, Bellac, Brive, Guéret, Limoges, Tulle et Ussel.