En France et au Liban, l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal et entraîne une perte de sens et d'attractivité du métier. Ce numéro explore la manière dont les enseignants vivent ces difficultés et reconfigurent leur identité professionnelle.
Dans les contextes libanais et français, le constat est le même : l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal. Si la construction d'une identité professionnelle repose sur l'appartenance à un collectif, sur l'investissement d'une identité qui contribue à la réalisation de soi, sur l'affirmation de valeurs partagées, ce numéro s'interroge sur la façon de maintenir cette dynamique identitaire dans une perspective vertueuse quand les collectifs se dissolvent, que le ciel des valeurs se brouille et que l'exercice du métier n'offre plus d'opportunité de valorisation mais multiplie les expériences négatives, les contrariétés, les déceptions.
Les contributions s'intéressent à la façon dont les enseignants et le métier font face à des difficultés. Elles s'attachent à repérer les formes de résilience, d'inventivité, de solidarité qui se manifestent et favorisent une reconfiguration des identités professionnelles. La perspective comparative et historique adoptée permet d'identifier des éléments communs, des traits stables appartenant à une forme de tradition, mais également des éléments émergents, et ainsi de dessiner les contours de cette identité professionnelle enseignante en recomposition et de dégager des pistes pour la formation ou l'accompagnement des collectifs.
Ce numéro s'intéresse aux nouveaux modes de " pilotage " des systèmes éducatifs et aux tensions qu'ils suscitent parmi les différents acteurs concernés.
La conduite des politiques d'éducation s'est largement modifiée, depuis les années 1980, sous l'effet, notamment, de l'accroissement, de la diversification et de l'amélioration des indicateurs et des instruments de régulation disponibles. Un nombre croissant d'acteurs, qu'ils soient chercheurs, experts, professionnels de l'éducation ou responsables politiques ou éducatifs, en viennent ainsi à interroger les nouveaux modes de " pilotage " des systèmes éducatifs. Cette notion correspond-elle simplement à une nouvelle métaphore à la mode ou désigne-t-elle un changement plus profond des modes de régulation à l'œuvre ? S'agit-il d'une nouvelle catégorie d'analyse que le chercheur est amené à reprendre et conceptualiser ou d'une nouvelle catégorie d'action publique à analyser en tant que telle ? Et s'il s'agit des deux, comment penser leur articulation ? Quels sont les formes, les dynamiques et les effets des modes de pilotage de l'éducation à l'œuvre aujourd'hui dans les pays francophones et au-delà ? Pour répondre à ces questions, ou plutôt commencer à le faire, ce numéro rassemble des articles d'auteurs qui travaillent ces sujets depuis plusieurs années. Leurs contributions, assises sur des cadres théoriques divers, permettent de couvrir différentes aires géographiques (Belgique, France, Suisse, international) et mettent en évidence les différentes tensions suscitées par ce nouveau mode de régulation.