Ce volume rassemble vingt-deux articles, publiés entre 1979 et 2007, que
Claude Michaud a consacrés à l'histoire de l'Europe centrale à l'époque
moderne.
Il s'organise autour de trois grands thèmes : la nation hongroise, les
représentations du despotisme éclairé et les relations de l'Europe
catholique avec l'empire ottoman entre croisades et Secondes Lumières.
À partir du " cas hongrois ", Claude Michaud propose une histoire située
au centre de l'Europe, lieu de passage, d'échange, de croisement mais aussi
miroir dans lequel se jouent et se dénouent des conflits français. Au plus
près des archives, il trace le portrait de grandes figures nobiliaires, soldats,
diplomates, savants, qui illustrent leur nom et servent leur prince, à Paris,
à Vienne, à Constantinople ou à Saint-Pétersbourg.
Dans l'interaction du politique et du religieux, de la tradition et du
changement, Claude Michaud donne finalement à voir les multiples formes
de l'engagement à l'époque moderne.
Les montagnards sont-ils différents ? Sont-ils façonnés par l'espace qu'ils arpentent ? D'où vient leur esprit de famille ou, si l'on préfère, leur goût pour les clans ? On a vu parfois dans les montagnes archaïques et solitaires des réservoirs de prêtres, on a dit qu'elles hébergeaient facilement les maquisards, les insoumis, les sorciers, les juifs, les cathares...Vingt-neuf chercheurs sont allés voir de près. Ils ont bien découvert des familles de prêtres, de ces clans qui donnent à leurs cadets les bases de l'écriture et de la lecture : de quoi en faire en effet des prêtrees, mais aussi des colporteurs et des instituteurs... Ils ont mis en valeur la singularité de ces clergés montagnards : prêts à se sacrifier pour leurs familles, pour leurs ancêtres, pour leur foi, pour un absolu, dans toutes les religions, et surtout en cas de faiblesse des pouvoirs supérieurs. Ils ont vu que ces familles devaient trouver en elles-mêmes les règles de leur survie : des subsistances pour le corps, les écritures pour rendre des comptes ; des symboles pour rêver, des rites pour échapper à l'angoisse et d'autres pour maintenir la vie à tout prix. Espace fragile, isolé, grandiose, la montagne s'impose à l'homme dans ses excès. Les hommes des montagnes croient toujours qu'ils ne sont pas tout à fait comme les autres, même et surtout quand ils sont en plaine.
À distance de la biographie classique et de l'histoire des idées, cet essai de biographie intellectuelle mobilise l'argumentation biographique au service de la compréhension d'une œuvre complexe et méconnue, celle de Nicolas-Louis François de Neufchâteau (1750-1828). Cette œuvre traverse trois configurations distinctes qui coïncident avec trois temps de l'histoire nationale : le champ littéraire à l'apogée des Lumières, le champ politique pendant la décennie révolutionnaire, le champ de l'expertise savante du Consulat à la Restauration. L'itinéraire auquel nous convie l'ouvrage franchit ainsi l'une des discontinuités majeures de notre histoire, à laquelle il s'affronte. L'enjeu est ici de comprendre les modalités intellectuelles de ce franchissement et les reconfigurations qu'il implique. L'élucidation des traits susceptibles de nouer ensemble les carrières successives du poète, de l'administrateur deux fois ministre sous le Directoire, de l'agronome et de l'académicien fait entendre le dialogue d'un homme avec son époque et donne à voir la manière dont peut être assurée, à un moment donné, la lisibilité réciproque des écrits et des actes.
Depuis Moïse gravissant le mont Sinaï jusqu'aux conquérants des cimes enneigées, les hauts lieux inspirent un comportement religieux. Là, l'homme aspire parfois à se dépasser, à atteindre l'essence même de son être et, partant, son Créateur.
S'il n'y a pas de religion des montagnes, s'il n'y a pas de déterminisme des hauteurs à l'expression de la transcendance, il semble évident que celles-ci présentent des croyances et des manifestations religieuses originales en Europe. Domaine de prédilection des dieux antiques, de Pan et des Nymphes, des esprits, des géants, des fées et des sorcières aussi bien que de la Vierge, elles se prêtent volontiers à l'accueil d'ermites épris de désert. Elles ouvrent leurs estives aux bêtes et aux hommes par des rites, elles christianisent les passages de cols mortifères et les torrents, comme elles recèlent des " jardins de Marie ". La verticalité minérale, frontière entre les mondes et donc propice aux épiphanies, oscille constamment entre Paradis terrestre et Enfers.
Une trentaine de chercheurs historiens, historiens de l'art, théologiens, sociologues, ethnologues, ont confronté leurs approches. Ils nous livrent le fruit d'une réflexion croisée sur nos montagnes européennes, ils esquissent une comparaison des sociétés et des rites, nous introduisant ainsi à une nouvelle lecture des faits religieux dans notre espace familier.