Ce dictionnaire des architectes, des artisans et des artistes se veut une contribution à la connaissance du patrimoine monumental des provinces du Nord (Artois, Flandre, Hainaut ; Hainaut et Calaisis) du XVIe au XVIIIe siècle.
L'architecture religieuse ou civile – publique et privée –, la sculpture et le décor à l'époque moderne des actuels départements du Nord et du Pas-de-Calais sont des domaines peu étudiés. Ce dictionnaire regroupe les noms de ceux – architectes, artisans d'art et artistes – qui ont contribué à forger la richesse monumentale oubliée d'une région victime de sa position géographique, voie ouverte aux conflits à toutes les époques, de la Révolution qui y fut particulièrement destructrice, et de la révolution industrielle. Des débuts de la Renaissance, vers 1520-1530, à l'éclosion du néoclassicisme dans le dernier quart du XVIIIe siècle, se succèdent dans un mouvement dynamique et incessant des personnalités souvent ignorées, parfois auréolées d'une réelle notoriété locale, rarement célèbres : toutes ont contribué à forger le paysage urbain et ont imprimé leur caractère monumental aux églises et aux abbayes, aux hôtels et aux châteaux.
L'histoire politique française révèle d'étonnants paradoxes, un seul retiendra notre attention : le suffrage universel, matrice de notre démocratie, s'affirme sous le régime autoritaire de Louis-Napoléon Bonaparte. Le fait électoral sous le Second Empire revêt un caractère particulièrement ambigu : à la fois contrôlé et dirigé par l'administration impériale, il s'affirme aussi comme un moment d'apprentissage démocratique pour les citoyens français. à l'échelle locale, l'étude de l'arrondissement de Bordeaux, dans le département de la Gironde, donne à voir toutes les étapes, de même que les différents acteurs mobilisés, de cette construction paradoxale du suffrage universel masculin entre 1852 et 1870. Par ailleurs, l'étude synoptique d'élections législatives et cantonales permet d'embrasser une histoire " totalisante " du fait électoral, et de questionner la politisation croissante des électeurs sous le Second Empire. C'est donc cette longue construction politique, véritable " fabrique " du choix politique démocratique, qui intéresse notre étude.