Les contributions réunies dans ce numéro autour des formes diverses des théâtres de la nature, tant historiques que contemporaines, interrogent les termes utilisés pour les désigner. Elles abordent divers lieux, des forêts aux cimetières, en passant par les jardins ou les parcs, mais aussi différentes pratiques artistiques, toutes influencées par l'espace dans lequel elles naissent, et enfin leurs relations aux publics, conditionnées par l'installation d'un dispositif en lien avec la nature.
Ce double numéro propose d'appréhender les arts du mime par le prisme de la notion polysémique d'" ailleurs " qui désigne d'une part différentes aires géographiques et culturelles, et d'autre part différents genres et pratiques artistiques qui ont investi le mime (bande dessinée, cinéma, chanson, clown, littérature, etc.). Le mime est parfois considéré comme un complément de formation de l'acteur·rice aux côtés d'autres pratiques artistiques. Aussi est-il courant de trouver du mime dans des spectacles qui ne se revendiquent pas comme tels. À l'inverse, des collectifs et des artistes de mime renouvellent le genre et proposent des expérimentations esthétiques qui s'inscrivent à la croisée de plusieurs arts. Ce sont ces différents ailleurs du mime qu'explore le dossier afin d'apporter à la recherche des perspectives à la fois historiques, culturelles et esthétiques.
Après plus d'un siècle de recherche sur le renouvellement du lieu théâtral occidental, où en sommes-nous de cet élan réformateur? Croisant les approches rétrospectives et spéculatives, les travaux de chercheurs et chercheuses et les paroles de praticiens, des études de cas de lieux construits ou en cours de projection ainsi que des travaux d'étudiants, ce numéro s'efforce de mettre en évidence les enjeux de ce devenir architectural du théâtre face aux enjeux actuels de la création artistique.
Ce second volume sur les arts du spectacle dans l'Afrique subsaharienne analyse les expériences et les trajectoires d'acteurs majeurs de la scène africaine aussi bien traditionnelle que moderne et contemporaine. La diversité et l'originalité de la création dramatique africaine sont mises en avant avec l'analyse des spectacles et des textes d'auteurs marquants comme Sony Labou Tansi, Kossi Efoui, Dieudonné Niangouna, Bill Kouélany, Bottey Zadi Zaourou, José Pliya, Zadi Zaourou, Koffi Kwahulé, Léonara Miano. Deux entretiens avec Étienne Mignounou et Sedjro Giovanni Houansou complètent ce numéro.
Des formes cultuelles aux manifestations spectaculaires
Ce numéro, revêtant plutôt un caractère historique, est consacré à quelques manifestations spectaculaires qui puisent leurs racines et s'ancrent dans diverses parties du continent noir. Il chercheà mettre en lumière et à recueillir une parole africaine authentique émanant directement d'acteur·rice·s africain·e·s, sans filtre et sans passer par les " fameux intermédiaires " qui s'expriment en leur nom.Dieudonné Niangouna ne s'insurgea-t-il pas contre le choix des programmateurs de la 71e édition du festival d'Avignon (2017) qui ont, dans le cadre du " focus Afrique ", privilégié les spectacles de danseet de chant au détriment des créations d'auteurs dramatiques? "Inviter un continent sans sa parole est inviter un mort ", leur lança le jeune metteur en scène congolais. Ce numéro sera suivi d'un deuxième volume dans lequel seront mises en lumière des trajectoires et des oeuvres de certains hommes etfemmes de théâtre africains les plus marquants.
Les articles réunis dans ce numéro abordent de différentes manières les relations qui ont existé et qui existent encore entre le théâtre arabe et la culture occidentale ainsi que l'influence exercée par cette dernière sur les arts spectaculaires arabes. Certaines contributions revêtent un caractère historiquepuisqu'elles retracent de manière générale l'histoire du théâtre arabe en lien bien sûr avec l'art dramatique occidental, d'autres abordent la question en étudiants des pièces adaptées ou inspirée d'après le répertoire occidental et enfin d'autres article sont consacrés à des dramaturges aussi bien arabes tels Slimane Ben Aïssa, qu'européens comme Philippe Berlin, qui ont réussi à produire un théâtre métissé alliant esprit arabe et forme occidentale.
Ce numéro d'Horizons/Théâtre s'intitule " Genre et arts vivants ", il réunit les contributions de chercheur-e-s travaillant sur les questions de genre, de sexualité, d'intersectionnalité, queer, dans le domaine des arts vivants, ainsi que la traduction inédite d'un texte fondateur de Tracy Davis (Northwestren University, Etats-Unis) introduit par l'autrice dans un texte rédigé pour ce numéro.Les articles font état de la diversité des pistes de recherche à la croisée des études de genre et des arts vivants: de l'histoire des femmes (les costumières, Yvonne Hautin, le théâtre religieux médiéval, répertoire d'autrices du XIXe siècle) au théâtre et à la danse européen.nes contemporain.es (Angelica Liddell, Rébecca Chaillon, OcéaneRoseMarie, Denis D'Arcangelo, George Stamos et Montréal Danse), en passant par le female gaze, les danses populaires andines effectuées par des trans, les performances lesbiennes cubaines à New-York et les auto-porn box.
Ce numéro réunit les contributions de chercheur-e-s travaillant sur les pratiques ludiques passées et contemporaines, notamment dans les arts du spectacle.De l'Antiquité (chœur tragique grec, comédie romaine) aux pratiques performatives les plus contemporaines (Rimini Protokoll, Grand Magasin, Royal de Luxe, Jeanne Candel, Joël Pommerat), en passant par le XVIIIe siècle (spectacles d'auto-parodies), le théâtre indien (Kuiyaam), les pratiques spectaculaires berbères et les jeux poétiques sardes, les auteurs-e-s examinent leurs objets d'étude au prisme du ludisme, ce moyen de "réenchanter" le théâtre, réhabilité depuis peu par les historiens du théâtre et repris comme outil d'analyse par les observateurs des spectacles contemporains.Les gestes et les voix ont pour but de susciter des émotions chez les spectateurs. En effet, bien loin de chercher à les édifier par la transmission d'un message, ces propositions scéniques impliquent fortement le public et le font participer au jeu.
L'ensemble des textes réunis dans ce volume tente de remettre en question l'ensemble des prismes déformants qui collent aux formes spectaculaires et aux différents types d'incarnations des imaginaires par le corps. Les différentes contributions ont une double visée: elles déconstruisent des concepts et des notions préétablis dont le théâtre, la culture, l'esthétique, le rituel tout en insistant sur l'importance du concret, du subtil et de la nuance.Ces apports scientifiques montrent une fois de plus l'importance des enquêtes de terrain, des études de cas qui sont insérées dans des grilles d'analyse telles que la philologie, l'ethnolinguistique, l'anthropologie critique et l'histoire.
Ce numéro, coédité par les Presses universitaires de Bordeaux et le Centre international des études du spectacle (Maroc), fait suite à la 10e édition du festival international de Tanger dont le thème a été consacré aux " Dramaturgies alternatives ". Il rassemble les interventions d'une pléiade de chercheurs de renommée mondiale (Patrice Pavis, Stephen Barber, Christel Weiler…) spécialistes des études théâtrales et spectaculaires (performance studies) ainsi que des praticiens issus des quatre coins du monde. Pourquoi les nouvelles dramaturgies? Parce que le terme même de dramaturgie, de sa première acception en tant qu'écriture dramatique jusqu'à ses dernières manifestations modernes et contemporaines en tant qu'écriture et préparation effectuées par le conseiller littéraire ou artistique du metteur en scène, a connu plusieurs évolutions et mutations. Dans un monde en pleine mutation, soumis à des changements aussi brutaux qu'inattendus, les arts du spectacle ne peuvent qu'être affectés par de tels soubresauts. De nouvelles dramaturgies émergent pour exprimer et traduire sur scène ou dans les lieux publics de nouvelles manières d'être et de représenter le monde. Elles peuvent résulter d'événements politiques, tels les Printemps arabes. Elles peuvent aussi être la conséquence de l'instauration, surtout dans les pays occidentaux, de nouvelles pratiques muséales ou de nouveaux modes de diffusion artistique, comme être tout simplement le fruit d'une nouvelle réflexion sur la nature des arts spectaculaires au XXIe siècle ou de questionnements liés à la pratique théâtrale et spectaculaire. En s'appuyant sur des expériences spectaculaires considérées comme neuves ou novatrices, chacun des contributeurs donne son point de vue en essayant de délimiter les contours de ce qui peut être une " nouvelle dramaturgie ". Pour donner à voir les différentes manifestations de ces nouvelles dramaturgies, et suivant la ligne éditoriale de la revue ouverte sur toutes les expériences spectaculaires à travers le monde, ce volume comporte des textes aussi bien en français, en anglais qu'en arabe.
L'ethnoscénologie est une perspective nouvelle de la recherche qui se définit comme l'étude des incarnations de l'imaginaire. La discipline s'attache à observer, analyser et comprendre comment et pourquoi l'espèce humaine traduit dans son corps, souvent de façon spectaculaire, ce qui habite son esprit. Qu'il s'agisse d'intimider les foules, de prier les dieux, de célébrer vivants et morts, de se divertir… les humains ont inventé des pratiques capables d'attirer l'attention, de se rassembler en communautés éphémères et de partager des émotions.Nombre de pratiques profanes ou non qui constituent le champ de recherche en ethnoscénologie s'inscrivent dans un système de croyances. Ce numéro d'Horizons/théâtre, " Les incarnations de l'imaginaire " présente ces thèmes de l'Iran au Canada, de la Chine à la Corée, de l'Inde à la France, en passant par la Grèce et Zanzibar, sans négliger d'interroger les fondements mêmes de la recherche.
La pratique de l'adaptation, parfois proche de la réécriture, de l'imitation ou de l'appropriation, consiste à se saisir d'un matériau (texte, pratique, chanson etc.) préexistant pour créer un texte ou un spectacle qui donnent à voir ce matériau de manière inédite de façon affirmée ou, au contraire, implicite. Il s'agit d'une pratique courante, tant dans le théâtre occidental qu'extra-occidental, qui entraîne le transfert d'œuvres et de pratiques d'une aire géographique ou culturelle à une autre, à destination de spectateurs à la culture distincte de celle de ceux pour qui la pièce avait été composée à l'origine.Du point de vue des praticiens, quelles raisons motivent les auteurs à adapter une œuvre théâtrale ou à se saisir d'une autre pratique théâtrale? Comment s'emparer d'un texte, parfois à plusieurs siècles d'écart, pour en composer un nouveau? Comment croiser les pratiques occidentales et extra-occidentales? S'agit-il d'un croisement, d'une interaction, d'un métissage? L'auteur est-il alors traducteur, imitateur ou adaptateur?Ensuite, par rapport aux œuvres, comment le matériau d'origine s'accommode- t-il ou résiste-il à l'adaptation? Quelles transpositions littéraires, scéniques, culturelles, impliquent les adaptations? Qu'en est-il de la réception des œuvres? Quel regard les spectateurs et les critiques portent-ils sur les pièces adaptées?