Saviez-vous que l'histoire d'amour d'Abélard et Héloïse et leur tombeau au Père Lachaise est une invention du XIXe siècle ?
Le XIXe siècle a inventé Héloïse et Abélard. Le moyen âge est alors l'objet de tous les fantasmes de violence et de toutes les réinterprétations passionnées. Les amants maudits n'y échappent pas : historiens français, philologues allemands, peintres, voyageurs étrangers, écrivains et traducteurs font de ces deux grands intellectuels des amants malheureux et persécutés. Ils furent pourtant des théologiens importants et les fondateurs, l'un et l'autre, de communautés religieuses. Ce livre richement illustré revient sur cette métamorphose qui culmine avec la création de leur tombeau au cimetière du Père Lachaise, lieu de pèlerinage sentimental pour les amoureux.
Pour comprendre pourquoi, au XIXe siècle, l'Antiquité est de plus en plus ridiculisée ou bien utilisée pour ridiculiser l'époque contemporaine.
Au XIXe siècle, les " Humanités " restent le parcours académique obligé de la culture bourgeoise et de l'honnête homme. Une telle hégémonie se voit toutefois, au fil du siècle, de plus en plus malmenée et les humanités raillées comme les reliques d'un temps révolu : leur ridicule le disputerait à leur innocuité. En outre elles servent à leur tour à ridiculiser gouvernements et figures en vue qui se réclament de citations et modèles antiques.
Convoquant la littérature, l'histoire culturelle, la mythocritique, l'histoire de l'art et la culture médiatique, le présent ouvrage montre comment l'usage ridicule des " humanités " révèle les travers et aspirations de la société bourgeoise du XIXe siècle.
La réception et les métamorphoses d'un dieu du paganisme dans les écrits du Moyen Âge et de la Renaissance.
Ce recueil s'attache à montrer la réception complexe et foisonnante d'un des plus grands dieux du paganisme antique durant le Moyen Âge et la Renaissance : Bacchus. Dans une approche résolument pluridisciplinaire sont ainsi envisagés la littérature sous toutes ses formes, de la poésie aux sommes allégoriques, en latin comme en français, mais aussi les traités de mythographie et les arts figurés. Cette perspective ouverte permet de mettre en lumière les multiples visages du dieu. Etonnamment varié, imprévisible, le dieu du vin se définit par sa capacité à se transformer et à jouer des masques et des apparences. La perspective se veut aussi largement diachronique en envisageant l'articulation entre Moyen Âge et Renaissance en terme de continuité plus que de rupture et en prolongeant l'analyse jusqu'à l'aube du XVIIe siècle.
Un volume pour tous ceux et celles que la littérature, les pratiques artistiques et les arts de la scène intéressent, en lien avec les questions de société telles que le genre et les sexualités, de l'ancien au plus extrême contemporain.
À travers l'étude de textes et de spectacles, l'ouvrage collectif interroge les présences et les représentations du corps des femmes en se concentrant sur trois termes qui leur sont souvent associés sous forme d'injonctions et de clichés : reproduction, jouissance et pouvoir. Il s'intéresse surtout aux usages que les artistes, notamment les femmes, en font à l'époque moderne et contemporaine. Comment s'émanciper des stéréotypes, en jouer ou les contourner ? Ces récits et ces performances sont-ils politiques, sont-ils féministes ? Telles sont quelques-unes des questions à l'origine de ce volume polyphonique.
Un essai qui s'inscrit dans un mouvement en plein essor de la critique littéraire française et européenne, à savoir celui de l'écopoétique.
Nous vivons une époque de crise environnementale qui a une portée historique. Que peut la littérature face aux défis qui attendent l'humanité au cours des années à venir ? Par ses créations originales, l'écriture littéraire a toujours été porteuse d'une certaine empathie à l'égard de la nature. Cet essai envisage d'abord la notion d'empathie, en résumant sa définition au sein de la psychologie, des neurosciences et des sciences humaines. En précisant le concept de point de vue, on envisage les stratégies énonciatives permettant d'inscrire au niveau du texte littéraire un véritable décentrement par rapport à un point de vue humain, unique, anthropocentré. Ensuite, quatre écrivains sont étudiés dans une perspective écopoétique : Louis Pergaud, Colette, Maurice Genevoix et Jean Giono. Par leur insistance sur les éléments non-humains comme sujets, par leurs configurations imagées, leurs récits sont à même de tisser des liens au sein du vivant, à un moment où l'on découvre la fragilité de ceux-ci aussi bien que leur importance.
Premier ouvrage consacré à Raymond Lefebvre (1891-1920), figure oubliée de la vie politique et littéraire française.
Figure oubliée de la vie politique et littéraire française, Raymond Lefebvre (1891-1920) a joué, de 1916 à 1920, un rôle important que permettent de mesurer des dizaines d'articles publiés dans la presse pacifiste, plusieurs pamphlets, deux œuvres de fiction et un ouvrage autobiographique. Sa mystérieuse disparition à son retour de la Russie révolutionnaire, à la veille du Congrès de Tours, a donné lieu à un processus d'héroïsation que le PCF a entretenu une dizaine d'années durant. Émanant d'archivistes, d'historiens du politique et de la littérature ainsi que d'une historienne de l'art, les études réunies ici reviennent sur son parcours, ses combats et ses écrits mais s'arrêtent aussi à des données intimes de son existence, de son expérience de la guerre et à sa relation amoureuse avec l'artiste polonaise Mela Muter. Sont en outre transcrits plusieurs textes inachevés et des extraits inédits de correspondances.
Pour (re)découvrir les "mythes de Christine de suède" dans les arts de façon inédite.
Cet ouvrage examine les représentations de Christine de Suède au sein d'œuvres diverses, qui vont des pièces de théâtre, des opéras, des films, aux recueils de harangues et autres gazettes de son vivant à aujourd'hui. Comment Christine de Suède, " reine garçon " du XVIIe siècle, intellectuelle plurilingue qui refuse de se marier et qui renonce au trône pour se convertir au catholicisme, est-elle figurée, de son temps, ou du nôtre, en Suède, mais aussi en France ou en Amérique du nord ? L'ouvrage revient sur les divers portraits de la reine : Christine en mécène, Christine en femme savante, Christine en femme de pouvoir, Christine en asexuelle ou en icône LGBT qui en disent forcément plus sur leurs auteurs et autrices, sur les contextes de leur émergence, que sur la reine elle-même. Ce sont bien les " usages " de Christine de Suède dont il est question ici : gestes politiques, réinventions culturelles, " mythes " de la reine au cinéma, en bande dessinée, en " fictions " de toutes sortes.
Romain Rolland obtint en 1915 le prix Nobel de littérature. Dans Colas Breugnon, roman écrit avant la Première Guerre mais publié en 1919, il raconte, avec une langue de " libre gaieté gauloise ", les heurs et malheurs d'un artisan menuisier-ébéniste, sous le règne de Louis XIII. D'autres romans comme Jean-Christophe ou L'Âme enchantée, relus à l'expérience d'un Louis Aragon, d'un Roger Martin du Gard, d'un Jean Giono, révèlent à la fois la modernité de leurs thèmes et l'originalité de leurs formes. C'est donc à découvrir la singulière actualité des romans rollandiens que cet ouvrage invite le lecteur.
Alors que Paul Vaillant-Couturier (1892-1937) n'est plus évoqué que pour le rôle qu'il a joué au sein du PCF et à la direction de L'Humanité, cet ouvrage s'intéresse à la part la plus ignorée de ses activités, ses œuvres littéraires, sur la valeur desquelles Aragon et Léon Moussinac ont attiré l'attention à l'heure de sa disparition. Sont convoqués au fil des communications des documents peu exploités, en particulier des manuscrits et des inédits. Cet ouvrage donne une image nouvelle de Vaillant-Couturier sur des fondements qui associent son parcours d'homme de lettres et ses engagements de militant politique. Il ouvre ainsi la voie à des études s'arrêtant à d'autres écrivains qui ont lié leur œuvre littéraire à des engagements menés au sein ou à proximité du PCF.
Alors que Paul Vaillant-Couturier (1892-1937) n'est plus évoqué que pour le rôle qu'il a joué au sein du PCF et à la direction de L'Humanité, cet ouvrage s'intéresse à la part la plus ignorée de ses activités, ses œuvres littéraires, sur la valeur desquelles Aragon et Léon Moussinac ont attiré l'attention à l'heure de sa disparition. Sont convoqués au fil des communications des documents peu exploités, en particulier des manuscrits et des inédits. Cet ouvrage donne une image nouvelle de Vaillant-Couturier sur des fondements qui associent son parcours d'homme de lettres et ses engagements de militant politique. Il ouvre ainsi la voie à des études s'arrêtant à d'autres écrivains qui ont lié leur œuvre littéraire à des engagements menés au sein ou à proximité du PCF.