Au Maghreb, les programmes de développement durable se sont inscrits dans la matrice néolibérale diffusée pendant les années 90. Guidé par la political ecology, ce numéro propose une analyse critique du développement durable dans un contexte néolibéral auquel les États de la région se conforment de manière normative et instrumentale. En appliquant de manière différenciée les normes productives et environnementales, ces derniers sont à l'origine de dispositifs de pouvoir évinçant certains acteurs de l'accès aux ressources. L'avènement du néolibéralisme ne se réduit pas à une privatisation univoque et fait de l'État un acteur stratégique d'un processus contingent (par le laisser-faire, l'organisation des marchés, la dérégulation des politiques publiques). Les études à l'é ...
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Au Maghreb, les programmes de développement durable se sont inscrits dans la matrice néolibérale diffusée pendant les années 90. Guidé par la political ecology, ce numéro propose une analyse critique du développement durable dans un contexte néolibéral auquel les États de la région se conforment de manière normative et instrumentale. En appliquant de manière différenciée les normes productives et environnementales, ces derniers sont à l'origine de dispositifs de pouvoir évinçant certains acteurs de l'accès aux ressources. L'avènement du néolibéralisme ne se réduit pas à une privatisation univoque et fait de l'État un acteur stratégique d'un processus contingent (par le laisser-faire, l'organisation des marchés, la dérégulation des politiques publiques). Les études à l'échelle locale restituent l'instabilité de la libéralisation, rappelant qu'il s'agit d'un projet auquel s'adossent divers acteurs en fonction de leurs intérêts, et dont les formes de pouvoir induites peuvent être contestées. Les équilibres précaires entre acteurs confrontés à des dynamiques de marché erratiques, à des relations à l'État contrastées et à des transformations environnementales profondes, témoignent de rapports de pouvoir fluctuants. L'évolution des conflits et des alliances entre groupes sociaux au gré des changements économiques, institutionnels, et écologiques, qui souligne les contradictions émergentes entre développement et durabilité, n'en est pas moins à l'origine d'inégalités.