Ce recueil est publié à l'initiative du CRIMEL, équipe de recherche rémoise dont était membre Julie Boch, trop tôt disparue pour le monde de la recherche. Rassemblant 27 publications jusqu'ici dispersées, il entend mettre en évidence la richesse et la pertinence de son œuvre intellectuelle. Le siècle des Lumières y est parcouru avec cohérence et originalité. On retrouve dans ce livre les lignes de force des recherches de Julie Boch : d'abord la question de la fable et des superstitions liées à la croyance, puis l'interrogation sur le sens des fictions, de l'allégorie aux récits de voyages imaginaires ou réels, en passant par le genre du conte, envisagé sous ses différentes formes. Les débats esthétiques des Lumières y occupent aussi une place importante et sont illustré ...
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AVANT-PROPOS DE MARTIN RUEFF Une anthropologie historique de la croyance
I. ANALYSES DE L'IMAGINAIRE
De la théologie à l'anthropologie : le mythe au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles en France Le merveilleux sans la fable : sur les conceptions esthétiques de Fontenelle Valeur esthétique et portée politique de la fable antique chez Rousseau Les périodiques et la comète de 1680 Une rhétorique de la superstition : La Comète de Fontenelle (1681)
II. FICTIONS
La question de l'allégorie dans la Querelle d'Homère (1714-1716) Catastrophe et utopie : le motif du naufrage dans les récits de voyages imaginaires du XVIIIe siècle L'anecdote dans les Voyages dans les Alpes d'Horace-Bénédict de Saussure De la traduction à l'invention : aux sources des Contes orientaux de Caylus Pouvoirs et avatars de la parole dans les contes de Caylus La métaphore de la peinture dans Les dieux ont soif d'Anatole France
III. QUESTION ESTHETIQUES : CAYLUS ET DIDEROT
L'esthétique du comte de Caylus : un nouveau classicisme expressif Dans quais de Seine aux bords du Tibre : l'unité de l'œuvre de Caylus L'archéologie comme projet esthétique : le Recueil d'Antiquités du comte de Caylus Du tragique en peinture : Caylus et le Sacrifice d'Iphigénie de Carle Van Loo Les troublants miroirs : Diderot face à ses portraits Art et matière chez Diderot et La Font de Saint-Yenne " Si nous continuions à faire les contes ? " Les anecdotes dans les Salons de Diderot
IV. ANTHROPOLOGIE ET HISTOIRE DE L'ESPRIT
L'Occident au miroir des sauvages : figure du païen chez Fontenelle et Lafitau Éloge de la myopie : Fontenelle opticien Exemple historique, jurisprudence morale : Lucrèce chez Bayle " Comment aimer ceux qui nous damnent ? " : les guerres de Religion au prisme de l'intolérance catholique (1756-1776) Vauvenargues face à la science Les théories linguistiques de Pluche La bête humaine : satire morale et mystères de l'animalité dans la Zazirocratie (1761) de Tiphaigne de La Roche Sub specie vanitatis : le Voyage aux Limbes de Tiphaigne de La Roche Turgot historien de l'esprit humain
Ce recueil est publié à l'initiative du CRIMEL, équipe de recherche rémoise dont était membre Julie Boch, trop tôt disparue pour le monde de la recherche. Rassemblant 27 publications jusqu'ici dispersées, il entend mettre en évidence la richesse et la pertinence de son œuvre intellectuelle. Le siècle des Lumières y est parcouru avec cohérence et originalité. On retrouve dans ce livre les lignes de force des recherches de Julie Boch : d'abord la question de la fable et des superstitions liées à la croyance, puis l'interrogation sur le sens des fictions, de l'allégorie aux récits de voyages imaginaires ou réels, en passant par le genre du conte, envisagé sous ses différentes formes. Les débats esthétiques des Lumières y occupent aussi une place importante et sont illustrés par la confrontation du classicisme expressif de Caylus et de la modernité de Diderot. À partir d'études de cas, de la réception de Lucrèce à l'écriture de l'histoire des guerres de religion, les Lumières sont enfin comprises comme une manière de considérer la morale et l'anthropologie, de chercher à écrire une " histoire de l'esprit humain ". En traitant de Fontenelle et de Diderot, de Bayle et de Caylus, sans oublier Rousseau, Vauvenargues et des écrivains moins connus comme l'abbé Pluche ou l'utopiste Tiphaigne de la Roche, cet ouvrage représente une contribution essentielle à l'histoire des idées du XVIIIe siècle.